L. et il criait avec un avc : »» Mon Dieu ! mon Dieu
heureux ! «
* Etles vingt-cinq ans que prêtre de Rome m'ont a que j'entendis ce jour-
j'ai depuis vécu comme ppris que les cris déchirants là, n'étaient que l'écho des ortent de tous les couvents,
de tous les monastères et de toutes les demeures
| [|] ses [| ll des prêtres de Rome, qu 2 Al | Oui, mon Dieu, vous savez que je dis la vérité J 14 | lorsque, en votre présence, j’assure au monde que pai ÇA]! | partout où il y a des prêtres, des moines et des J q! | religieuses condamnés à vivre en dehors des voies + jé \ 41 | de la vie que vous avez vous-même tracées à àsS Q. | l'homme, il y a des larmes amères qui coulent, des la p I | soupirs mal étouffés qui montent vers le ciel, des qui cat cœurs en détresse qui vous crient: Oh! que je suis C li | malheureux | M éter | —————— De | jene | Jet Il. La confession des enfants. pre Aucune parole ne saurait faire comprendre à ceux mes
il qui n’en ont jamais fais l'expérience, l'inquiétude, I | le trouble, la consternation qui s'emparent du cœur : Q: {1 ! d'un pauvre enfant catholique, lorsqu'il entend
“ vrair annoncer du haut de la chaire, par son prêtre, ! mis d'un ton grave et solennel : ,, Cette semaine, vous à mc enverrez vos enfants à confesse, Faites leur bien crain comprendre que cette action est une des plus im- #* vaise portantes de leur vie : qu'elle va décider, pour la mc plusieurs d’entre eux, de leur bonheur ou de leur # Ce ma'heur éternel“, * l’énu
»Si par sa faute ou la vôtre, père et mère, votre se tr
| {| | enfant fait une mauvaise confession, s’il cache ses
ll péchés, s’il commence à mentir au prêtre, qui tient 11! la place de Dieu même, sa faute sera irréparable.
[1 Le démon s'emparera de son cœur, il s’'accoutumera à mentir à son confesseur, ou plutôt à Jésus-Christ, dont il est le représentant; sa vie sera une suite de Sacriléges; sa mort et son éternité seront celles des réprouvés! Apprenez-lui donc à bien s’examiner sur
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J'étais là, dans l'église de St.-Thomas, lorsque ces paroles tombérent sur moi comme un Coup de foudre, J'avais souvent entendu dire à ma mère, lorsque j'étais auprès d'elle, et à ma tante, depuis mon arrivée à St.-Thomas, qu’une mauvaise confession, surtout
la première, pouvait causer la perte éternelle de celui qui la faisait.
Cette terrible semaine allait
donc décider de mon éternité! Je sortis
de l’église pâle et consterné.
De retour chez mes Parents, je me mis à table, mais
jene pus prendre aucune nourriture, tantj’étaistroublé! Je montai à ma chambre, afin de commencer mon examen de conscience et tâcher de me rappeler toutes mes pensées, toutes mes paroles et toutes mes actions coupables...
Quoique je n’eusse guère plus de dix ans, c'était vraiment pour moi une tâche herculéenne, Je me mis à genoux pour prier la Sainte Vierge de venir à mon secours; mais j'étais tellement obsédé par la crainte d'oublier quelque chose et de faire une mauvaise confession, que je balbutiais mes prières sans la moindre attention à ce que je disais.
Ce fut bien. pis encore lorsque j'entrepris de faire l’énumération exacte de mes péchés. Ma mémoire se troublait.. ma tête tournait. mon cœur battait avec une vitesse qui m'épuisait.. les sueurs coulaient de mon front...
Après un temps considérable de ce désolant travail, je perdis presque tout espoir de pouvoir me rappeler toutes mes fautes.
La nuit suivante, je fus longtemps sans fermer l'œil; et lorsque le sommeil s'empara de moi, ce n'était pas un sommeil , C'était un effroyable cauchemar.
Dans un songe affreux, je me sentis précipité dans l'enfer pour n'avoir pas dit tous mes péchés au prêtre. Je m'éveillai, le matin, fatigué, consterné par les fantômes de cette terrible nuit,
Ainsi se passèrent dans un trouble inconcevable, les
trois jours qui précédèérent ma première confession.
J'avais constamment devant moi ce prêtre au visage
sévère, qui ne m'avait jamais souri.. I] m'apparais-
sait dans mes pensées du jour et mes songes de la nuit, comme le ministre d’un Dieu inexorable, trop justement irrité contre moi à cause de mes péchés.
On m'avait bien promis le pardon, si je faisais une bonne confession, mais l’on m'avait aussi montré ma place en enfer, si ma confession n'était pas aussi parfaite que possible,
Or ma conscience troublée me disait qu’il y avait quatre-vingt-dix-nenf chances contre une que ma confession allait être mauvaise, soit que j'oubliasse quelques péchés par ma faute, soit que je vinsse à manquer de cette contrition dont on m'avait tant parlé, mais dont la nature et les effets étaient comme un Chaos dans mon intelligence.
Cest ainsi, 6 cruelle et perfide Église de Rome, que tu avais déjà ôté de devant mon jeune cœur ce Jésus si bon, si miséricordieux, dont l'amour et les compassions m’avaient fait verser de si douces larmes de bonheur quand j'étais auprès de ma mére!
Ce n’était pas ce Sauveur qui appelait à lui les enfants pour les embrasser et les bénir, que tu allais me faire adorer, craindre et aimer.
C'était aux pieds d'un homme, au visage pâle et sévère, digne représentant de ton impitoyable dieu, que ta main impie allait torturer et souiller mon cœur d'enfant! Tu allais me faire pâlir d'horreur aux pieds de ton implacable divinité; tandis que l'incomparable
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Enfin, le jour de la confession, ou plutôt du jugement et peut-être de la condamnation arriva. Je me rendis auprès du prêtre.
Ce n’élait plus le Révérend Loranger, il avait été remplacé par M. Beaubien, qui n’aimait pas plus notre école que son prédécesseur: Il s'était même permis de faire contre l’école hérétique un sermon qui nous avait excessivement blessés. Mais, s’il ne nous aimait pas, je dois avouer que nous le lui rendions bien.
Il avait alors un léger défaut de prononciation : il parlait du bout de la langue et bégayait un peu. En sorte que nous le tournions Souvent en ridicule, un de nos amusements favoris était de le contrefaire, en riant aux éclats.
J'avais dû m’examiner sur le nombre de fois que je m'étais moqué de ce prêtre, et cette circonstance
n'était pas de nature à rendre ma confession plus aisée, ni plus agréable,
Enfin, le moment si redouté arriva.
à genoux aux pieds de mon confesseur
Je tremblais de tous mes membres. Je répétai la prière préliminaire à la Confession, sans trop savoir ce que je disais, tant j'étais troublé par la crainte,
Dans l'instruction qui nous avait été donnée avant la confession, on avait réussi à nous faire accroire que le prêtre est le représentant, Presque la personnification de Jésus Christ... La Conséquence de cette doctrine, dans mon esprit, fut de me porter à penser que mon plus grand péché était de m'être moqué du prêtre.
Et, comme on nous avait dit qu’il mieux commencer sa confession par
le doux Jésus de l'Évangile, ne des larmes de repentir, d'amour
J'allai me jeter
valait toujours les plus gros
péchés, mon premier aveu fut: «Mon père, je m'accuse
de m'être moqué d’un prêtre. »
Autant il m'en avait coûté de faire cet aveu, autant je me sentis soulagé lorsqu'il fut fait.
Mais je ne devais pas en être quitte à si bon marché.
À peine avais-je prononcé ces derniers mots: «moqué
d’un prêtre, » que ce prétendu représentant de l’humble Sauveur me répliqua brusquement, en se tournant de mon côté pour me regarder en face et mieux me connaitre: «De quel prêtre vous êtes-vous donc moqué, mon petit garçon?»
Me couper la langue m'aurait coûté que de lui dire: «C’est de vous. »
Je restai donc quelque temps silencieux.
Mais mon confesseur, devenant excessivement nerveux, el comme irrité de mon silence, repartit d’un ton impérieux : « De quel prêtre vous permettez-vous ainsi de vous moquer ? »
Je vis qu’il fallait répondre... Heureusement que son ton d’aigreur m'avait donné du nerf et de la hardiesse.
— C'est de vous, monsieur, que je me suis moqué.
— Mais combien de fois cela vous est-il arrivé, mon petit garçon, de vous moquer de moi?
— J'ai cherché à me rappeler le nombre de fois, mais je n’en jamais été capable,
— Îl faut pourtant en dire Je nombre, car c’est un grand péché que de se moquer de son curé.
— Je ne suis pas capable de vous donner ce nombre.
— Eh bien, je vais aider à votre mémoire, en vous interrogeant.… Dites moi bien la vérité... Pouvez-vous vous être moqué de moi dix fois?
—— Bien plus que cela, monsieur.
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