RIRE
cidé avait porté coup et fait rougir le prêtre. Il s'arrêta soudain. Il me donna ensuite quelques bons conseils, qui auraient pu m'être utiles si les profondes blessures qu’avaient reçues mon âme n'avaient tellement absorbé ma pensée, que je ne faisais presque aucune attention à ce qu’il me disait,
Il m'imposa une légère pénitence et me congédia.
Je sortis du confessionnal irrité et confus... J avais tellement honte de ce que je venais d'entendre, que je n’osais lever les yeux... Je m’en allai dans un coin retiré de l’église pour faire ma pénitence, c’est-à-dire pour réciter les prières qu’il m'avait ordonnées.
Je restai longtemps dans l’église. J'avais besoin de calme et de silence après la rude épreuve que je venais pour la première fois, de traverser.
Mais c'est en vain que je cherchai du repos. Les infâmes questions qui venaient de m'être faites, le nouveau monde d’iniquités et d’horreurs que le prêtre venait de me dévoiler, les fantômes impurs dont mon imagination d’enfant venait d’être souillée ; tout cela me bouleversait et me torturait d’une manière si étrange, que je me mis à pleurer à chaudes larmes.
O Dieu, qui sondez les cœurs et les reins, vous savez mieux que moi ce qui faisait couler ces larmes si abondantes et si améres… Vous connaissez mieux le cœur et les pensées de l’homme qu'il ne les connaît lui-même... Pourquoi donc ces larmes? Pourquoi cette désolation profonde? Était-ce à cause de mes péchés que je pleurais...?
Cependant, je l'avoue à ma juste confusion, ce