V.NSÉK FRANÇAISK
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Ijas plus suspect (ju'un autre de penser sansdésintcresseincnt. L'exeuiplede Fichte est bien significatif, et d'autant plus qu a c«»tte doctrine qui aboutit à faire des All»»mands les organes de la Divinité et des Français (les lecteurs des Discours à la nation allemande peuvent témoigner que je T\\\ rien) les suppôts du Diable, son
trou. . prit donne sans effort et sans nïulaisi', couleur de vue transcendante et i\v déduction rationnelle. On va mo dire que là mt'me gll la preuve de sa bonne foi. Je n'en doute point. Mais aussi son cas n'en est-il que plus fâcheux, loutau moins plus compromettant pour TAIIemagne.
Voilà un homme qu'elle célèbre comme un hjint ji^nu' philosophique et chez lequel il est Irup maiiifi'ste que la raison ne possédait pa.s à I • uard de la sensibilité et de la passion cette indépendance de vue et de jiigt>ii)i>nt où 86 reconnaissent les têtes
vt-rilal'! • \ cîviliçi p«. les àmes vérita-
blement policées. Je demande si l'exemple de l'illustre Fichte est exceptionnel ou s'il ne représenterait pas une modalité fréquente et relativement normale de la pensée en Allemagne. S'il en est ainsi, il faudra distinguer, parmi les Allemands qui ont fait profession de penser et acquis a ce titre une influence, ceux qui, plus sensibles au plaisir de la pensée môme, l'ont exercée en vue du vrai et ceux qui, plus sensibles à autre chose et l'intellect encore mal dégagé des vapeurs de l'inconscient et des suggestions de l'instinct, ont mis leur pensée au service, non de la vérité, mais d'un intérêt, que ce soit l'intérêt national ou un autre.
La présente étude aura notamment pour objet de préciser et d'approfondir cette distinction en en proposant quelques applications caractéristiques. Si je disais qu'elle offre un aperçu de l'influence intellectuelle de l'Allemagne au dix-neuvième siècle, on me trouverait follement ambitieux. Mais aussin'ai-je point la prétention d'embrasser cette question immense. Je voudrais seu-
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lemi^nt en toucher un point, assez central. il est vrai .
La position et Taction de rAllemagne dans le commerce intellectuel des peuples ont un caractère trèh singulier. Elle est dans cet ordre de choses la dernière venue des nations européennes. Demeurée à peu près étrangère au mooTement de la Renaissance d'où est parti Tessor de la science, de la philosophie et des littératures modernes, elle a, depuis la (in du moyen âge, passé trois siècles à végéter. Les hommes éminents qu'elle a produits {tendant <t>tte période et dont le plus grand est Leibniz, sont allés chercher au dehors la culture que nul n^ùt songé à se procurer chez soi. IN n ont pas trouvé dans leur langue un instrument d'expression et de communication pour leur pensée. Ils ont écrit et parfois très bien écrit en français et en latin, ce qui suppose, en vertu des intimes rapports de la pensée avec le langage, une éducation classique de Tin-
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telligence. Ils sont demeurés des isolés dans leur nation. Sauf la tardive diffusion du leibnizianisme dans les universités par les soins de Wolf, il n'apparaît alors en Allemagne aucun de ces mouvements collectifs d'idées, de ces groupements littéraires et philosophiques, de ces écoles, comme la France et l'Angleterre en voient se succéder sans interruption. Dans ce que nos pères appelaient la république universelle des lettres, l'Allemagne est comme une vaste province inhabitée. Rien ne caractérise mieux sa situation et son rang, que le mépris de Frédéric II, professant qu'il n'y a de culture et de politesse que françaises et le zèle d'élèves avec lequel tous les princes allemands ordonnent chez eux l'imitation de notre théâtre, de nos arts, de nos monuments, de nos jardins. Dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, tout change. C'est un réveil général et rapide. La période de cinquante années qui voit naître la critique de Lessing, la philosophie de Kant, l'œuvre de Gœthe et de Schiller, les travaux de Herder (pour
hi l'KNSKB KRANÇAISK i*>l
(ue les noms les plus ^'rniiiis), IIUU9 liuiiiie un spectarlf» de fécondiU* exubérante tlans lon< ! ' Tires de la lillér»luru l'I lie la i' On rn. irait que
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i'onilamnait à une stérilité accidentelle un > fertile, a été levé HiibiteintMit.
i., qu'il importe de remarquer, c r>t que ce réveil, par la bouche de lu plupart de ses représentants (non point pur celle de Guethe), s'afiirme comme une émancipation absolue, et raflirmation se fera, avec les annt-es, de plus en plus radicale et audacieuse, surtout après les guerres delà Uivolution et de 1 Empire. Les Allemands ne veulent pas «Ure des élèves qui, à force <ravoir étudié leurs maîtres, se seraient i»!idus capables d'exceller à leur tour et venir peut-i^tre les premiers dans 1 art de ces maîtres. Ils tiennent pour une
crr - fontle d'(?n avoir jusque-là reçu de