S politiques favorisent les ambi
tions (ti's agitateurs et livrent aux moins lK>ns éléments de la soeiété les moyens de s'iinpan^r du pouvoir, (l'est à la faveur de la cn>f religieuse que le germanisme a pris un ascendant intellectufd en Kurope. Je m'empresse de dire que Tidée de barl»;irie ne doit nullement s'attacher à la [••lionne du respectable Kant. J'en ai à la ii.ilure de sa conception et à la fatalité des conséquences qu'elle portait en elle.
Kant prédiiil rtinserver à l'homme la jM.v, , , M ! !t r. alité surnaturelle, .1. rii- il' il .»lue avec laquelle le christiaui>inc 1 .i a« coutume à se sentir en rapport. .Mais cette réalité, sa philosophie criti(|ue la Atée du ciel. Que faire? Il la transportt^ dans l'homme mi^me. Il dit que
c'est en lui-même que l'homme la trouve. Il ne dit pas que l'homme ait avec elle quelque communication lointaine, proportionnée à la petitesse d'un être fini, que son âme soit touchée de la pointe d'un rayon émané d'elle et qui mêle à tous les éléments périssables dont elle se compose un élément d'immortahté. Cela serait conforme à la tradition chrétienne et conforme aussi à Platon auquel le christianisme a, bien plus encore qu'à Aristote, demandé sa philosophie. Mais cela, Kant ne peut le dire, car ce serait supposer l'existence de ce ciel métaphysique, de ce « transcendant » dont nous ne pouvons rien savoir. Il veut que nous ne connaissions l'Absolu qu'en nous-mêmes ; il l'enclôt tout entier en nous-mêmes; il lui donne pour ciel et pour temple notre conscience, pour expression la loi du Devoir. La conscience nous prescrit le Devoir. Elle nous le prescrit, non comme acte d'obéissance à une Volonté supérieure à l'homme et qui aurait un droit sacré de lui commander, non comme le moyen de mettre noire
coniiuito (i'acronl av* -pirations le»
plus durables et de réaliser la plus grande riiln'sse el la plus gra- * lUlé de noire iiiiliirt», non coiuiii" • " •l»»s néce»-
>il«.'s ou des con\« s. condi-
tion do notro inténH bien entendu, instrument de notre véritable bonheur. Si le hf'voir nous obligeait à lun ou 1 autre de
• • > titres ou à tous ces titres à la fois, il ^♦•^ûl chose subordonnée à autre chose:
• X il est souverain et absolu. 11 se révèle à Mnu> par un dé<TL*t « • * <\uo » qui n a
«i» tundeuienlot de rai- j.. on lui-même :
•• «'sl là le propre des décrets divins. I^ ( .ifiscience est Dieu.
Indépendante de toutes les corrriations df la nature, du temps et de l'espace dans lesquelli'?», à tous autres égards, nous sommes pris et enveloppés, Tidée du De- Miir remplace sur l'autel intérieur le Dieu uniqut» et souverain des juifs et du christiani.sme.
Le sublime de cette théorie est un Hiil-liiii illusoire el faux, fondé sur un lUus des apparences. Le sentiment iu
devoir n'est pas la chose surhumaine — et je dirai : inhumaine — que Kant en fait. Bien loin qu'il ne repose que sur lui-même, il se laisse décomposer en ses facteurs qui sont la nature et l'éducation. Notre nature comprend des attraits pour le mal et des attraits pour le bien. L'éducation, inspirée par les traditions d'une religion, l'expérience, les mœurs, le bon sens, éclaire et dirige ces derniers, elle nous représente ce qui doit les justifier à nos yeux; la discipline de l'enfance, par des appels longuement répétés à la raison, à la crainte, au cœur, à l'honneur, ne tend qu'à faire de la préférence pour le bien une invincible habitude de toute l'âme et c'est la puissance de cette habitude qui, dans les cas de conflits aigus du devoir et des désirs, se traduit par le sentiment d'un impératif qui ne souffre pas d'être enfreint. Voilà ce que nous montre la plus modeste et la plus familière connaissance de l'homme.
Il est vrai qu'il ne faut pas juger de ce qui est famiher à des Allemands sur ce qui Test à des Français. Cette connaissance
tsK in
«11* I homiii covons de nos
uuii> ilans Tair de la , ..... -,M ,t li* ileiiieurre fr ••••''-••' . iihià un haut degn* do civil Parmi lo clarU's qui (iisliiiguent, je no dis pas de rignoraiit, mais du hartmre, riiommr d»» vraie cullun». celles qui lui font voir la imturi* liuuiaiiie Celle qu'elle esl, sont !«s plus ( aractérisiiques, parce qu'ellesupposent pas seulement une intelligence ifti!» • . mais une Ame policée et capable •le iii«»dération. Le manque foncier de « psychologie » que .Nietzsche reprochait aux Allemands et dont tant de preuves viennent d'être données au monde tient à i-ela. Je le constate de fa^on flagrante dans la thiorie de I impératif catégorique. II fallait iHre Allemand pour donner à Tidée humaine du devoir ce visage, moins divin que monstrueux. Il fallait ùtre Allemand ptMir m»ler tant de subtilité à une ma- 1.1. re si tendancieuse d altérer la vraie nature d.- choses et pour répandre dans une notion comme celle du devoir Teau trouble où Ton pensait : ' ' - !>i*ii.
ii^ CINQUANTE ANS
Le caractère même du principe donné par Kant à la morale en viciait d'avance toutes les applications pratiques. Quand le devoir, en général, est conçu comme résultant de l'ensemble de nos rapports avec la Divinité, avec Ftiumanité, avec la patrie, avec la nature, avec nous-mêmes, la notion de ce qu'il exige de nous dans les positions si variables où la vie nous place, se déduit, se compose assez aisément. Mais, si l'idée du devoir est ainsi isolée de tout, dressée au-dessus de tout, si elle est prise pour le seul point fixe d'un monde livré à l'universelle mobilité, comment en tirer de raisonnables préceptes d'action? Une telle conception amène fatalement à faire abstraction des contingences dans la détermination des devoirs, et elle doit engendrer, soit l'orgueil d'une vertu qui ne connaît qu'ellemême et qui tourne donc au pire vice, soit, au contraire, du dédain à l'égard des obligations réelles de l'humanité, considérées comme au-dessous de la sublimité du dieu intérieur.
Kant divinisait un fait humain. Voilà ce
hK Hg.NSÈE KKANÇAISE 143
iui eut grave, il en faisait non un demi- :. non un diou iMitro d'autres dioux.
lie le» iiiiii.iMis hahitauLs de l'Olynn>e nique. 1 iicore une fois, le Dieu
ihsolu et unique. Il est vrai que ce fait * le Devoir et cela ^alait mieux que si .m; i. ...^.:.... la brutalité ou la vio- ' .1 fallu pour cela que
notion réelle et vraie du icuMr; il »uni.<Miit de procéder de la intime ' - 'I de toute autre tendance, , impulsion de l'Ame et de
lentourer également de ténèbres favorables |MMii !i «Hre pas moins fondé à lui décerner le tilr.' - Fichte renonce à faire
les disli.., ».,..> le moi. tout le moi. lovient le centre. le dominateur universel letrclios(>s; et 1«'S romantiques allemands, iii mimes à se nrlamer de Fichte. choisiront, parmi tniit»*-^ les manifestations du moi, 'II- .1 laqu'll»* il l»Mir plall dattri- Imi. ! férence les honneurs dûs au
• lur Tun, ce sera la passion exallée. un autre la rêverie et rin'
,lt>rn{>) •fiv«><> nii;ii..l I..* ifiv;|..ii.!
léoniennes et la propagande de la Prusse auront réussi à refaire l'unité du patriotisme allemand et à inspirer à l'Allemagne un rêve d'ambitions nationalistes sans limites, ce qui sera divin dans l'homme allemand, ce sera ce qu'il a, tout ce qu'il a d'allemand, à l'exclusion du reste. Nous avons cité le dogme de Fichte à cet égard. Mais il ne faut pas attribuer moins d'importance à l'adhésion formelle qu'y donne Schleiermacher, un des hommes qui ont exercé sur la théologie et le sentiment religieux de l'Allemagne l'influence la plus considérable au dix-neuvième siècle. Dans ses Discours sur la religion à l'adresse de ses contempteurs, Schleiermacher enseigne à la lettre que la vraie religion ne peut être entendue et sentie que par les seuls Allemands, qu'elle est notamment fermée aux Anglais à cause de leur cupidité et aux Français à cause de leur frivolité et de leur immoralité. De telles propositions à celle qui présenterait l'Allemagne ellemême comme l'objet de la religion, je demande quelle est la distance. Le pan-
OK PENSÉE FHANÇAiSK 145
•Trnanisnu* dus intellectuels est Dt* de là. Terrible eluir-obseur germanique où Ton
loit Voir (les fulgurations de Sinoï se I Id nuit (imisso qui enveloppe les
iveugles poussées de Tinstinct, les états \agues et effrénés de la pensée!
Si le principe de la morale de Kant contenait en germe de tels excès, du moins sa liilosophie, dans d'autres domaines, ne Tvait-elle pas sur celle de ses succes-
'îpériorité de raison et de tenue
!ità sa supériorité personnelle Tout ce qui a trait à la conlissance de la nature n'est-il pas con- >rme chez lui à une saine physique? Kant -t un lualhematicien, un cartésien; il • »nçoit parfaitement la précision expérimentale et la rigueur géométrique qu'une ' M» de ce nom tloit rechercher viMication et r»*n«*haliitMii«*iil d»*s
faits. Pourtant, sur ce terrain aussi, l'engagement de la philosophie allemande dans ses voies spéciales part de lui; il a frayé (et ceci encore, ceci plus certainement encore sans l'avoir voulu), le chemin à ces cosmogonies aussi ambitieuses que confuses, à ces vertigineuses métaphysiques dont j'ai essayé de donner l'impression et dans l'élucubration desquelles l'imagination, les synthèses approximatives, les brumeuses suggestions du rêve, la phrase usurpent le rôle légitimement dévolu à l'expérience, au calcul et au raisonnement.
Cela tient à la position forcée, tendancieuse, intenable qu'il prend dans la Critique de la raison pure et que je voudrais faire saisir en deux mots.
11 existe dans l'intelligence humaine un certain fond de données universelles qui interviennent dans toutes nos explications des choses, dans la formation de toutes nos connaissances. C'est l'idée de la cause (tout fait a une cause), l'idée de la substance (tout phénomène est la modification
hi: l'i \
•rlttin fond permanont qni «f^mf^nri»
constant à lui-mi^me à tmver-
Il ! !.v^ii|u,. lu»' .!•■ ' ' •'••'•niit^rrs :
[•e «If* lin. liilr entre
larii. réaction conservation
do renti^ie, etc. Au re^ni des métaphy- *»iriins. ces donnros sont innéos en notn» • -l»nl. ellos font partie de sa constitution iiH'ino, il les reçoit d'une source antérienrf ♦»l supérieure aux données de hïi qi fnii ,f ses s^'nsations et ses expi -
ri»:., . Iles sont, dans notre esprit, le reflet on l'empreinte d'un monde snprasi ri>iM.' Par là, elles nous font connaître ce monde en même temps qu'elles nous font comprendre Tonlre dn monde sensible <|ui nous entoure, il éuiane d'elles '!• iix faisceaux de lumîérn qui se pr^dongent réciproquement haut et qui se pn r ic »iel, l autre
diriL'»' y*'r^ !♦» Ims • . , , ....lant la terre. Les pluh >.«.|.;i ., l'uipiristes rrfn^ifnl d'attribuer aux idées dites inn» >rigine et uu>- • { hautes. Ils m- les tiennent
pas pour innées. Ils disent qu'elles nous viennent des sens, qu'elles sont des sensations élaborées, « transformées » ; qu'elles se tirent de l'expérience, qu'elles sont des extraits, des résumés, des condensations de nos expériences. Ils raillent l'espèce de lumière interne, de « splendeur intelligible » que les métaphysiciens prétendent trouver dans ces idées prises en ellesmêmes, indépendamment de leurs applications aux choses concrètes, aux faits.
Cause, Substance, Essence, Fin sont pour eux des notions relatives, sous lesquelles se laissent systématiser approximativement les phénomènes de la nature, mais qui par soi ne répondent à aucun objet en dehors ou au delà de ces phénomènes. On voit où est le désaccord ou l'accord. Pour les métaphysiciens et pour les empiristes, les données universelles de l'esprit ont un fondement objectif; elles correspondent à de la réalité ; pour les uns comme pour les autres, elles dessinent, elles figurent l'ordre de la nature tel qu'il est, les linéaments les plus généraux de son économie. Pour
1»>> |ii ccl urUro, (liLicU- ^ar une
peiiM'i «M I utile, a uiK* valeur al»olue, il ne pou\ail pas ne pas èlre ce qu'il est; pour l'-s sec4>n(U, il a la valeur d'un fait «Innti m ilelà ttuquel la pensée humaine est impuissante àreuuuileravec cerlilude, il est le fait des modes de ndatiun de iH»tro activité pensante avec ce qui nous entoui
• ou recherche une truisicme |M.-.t..*i. i. c les empirisles, il refuse de voir, dans les idées dites innées, le reflet • l.s réalités métaphysiques; celles-ci ne se ( ommuniquant d'aucune manière à TintellÎL.nre. Avec les métaphysiciens, il refuse d«* placer dans l'expérience Toriginede ces liées; pour lui, elles sont bien innées, « lies appartiennent à la constitution native Ire pensée, elles en sont les « formes /' ». Mais, si notre pensée ne les ti* itt m d'une source supra-sensible ni .1 iiiH . 111. . \periaientale, c'est qu'elle ite les tient que d'elle-mi^me ; elles sont ^on pro[)re fait; elles n'ont pas plus de \»Tité nl)jertive (jue la couleur rouge que
l'œil de Talbinos voit partout. Il est vrai que nous ne percevons, ne comprenons, n'expliquons la réalité qu'à la lumière de ces idées; mais cela veut dire que la réalité nous apparaît enveloppée dans le voile d'une illusion logique, ourdie et organisée par notre propre esprit. En soi, la réalité est impénétrable, impensable absolument, c'est la nuit absolue. Une chose obscure et sans nom, étrangère à toute forme, à toute manière d'être que nous puissions nous représenter et ressemblant comme deux gouttes d'eau au néant, c'est là ce qui, hors de nous, est; c'est l'Etre, c'est le noumêne. Cet objet, aperçu à travers le réseau des formes de notre intelligence avec lesquelles nous ne savons d'ailleurs pas s'il a en soi rien de commun, voilà la nature, voilà le « monde des apparences » , seul objet possible de l'étude scientifique, des explications de la pensée claire.
Quelle que soit, à bien des égards, la force du livre célèbre qui a porté cette théorie au monde, combien l'impression en est pénible! Celui qui lit la Critique de
jmre librtMii ww aliraiichie
SI» svui là
i .. . 1 . iiu'iil cliiîé-
f1*' <•♦•!!♦» fjii'il ftnit .ucouliiiin' de res-
jiliilusoplie-
a» cou ' >cdrleî>
if, «Ml iiiiiiH empli i^K-^ eumiue
. HiuTî- pt <iirloul l'admirable
I ' lie sérénité, celle
mquiiii impartialité iritellec-
:i r>i plus ci»tt(» honn«*te et
... j . ; lion des prcdilèmes qui con-
il les esprits divers à des solutions
irtiellenient diflérenles à caus»
-ise de Tesprit humain, mais qui ue
■ lit d'autn» loi que de respecter et
luiri' titlidement la ligure des
•die qu'elle était aperçue. Ici, la
[luissanc e et la subtilité d'esprit de Tauteur
jui sonl grandes) s^emploi^nt, pour une
>nne part, à infliger aux faits la torture
unf» déforinalion «y*i!/'mntlq!i*» , parce
tisfaire iii d des • ^ inconci-
l'oblige de renoncer à toute connaissance objective de l'Absolu, aux exigences d'un besoin religieux et moral qui veut qu'il conserve en quelque manière à l'homme la possession de l'Absolu. Nous avons vu où il le place : dans le sentiment du Devoir. C'est cela qui lui interdit de concevoir la constitution de l'intelligence humaine, à la façon des empiristes, à qui elle apparaît comme un réseau de corrélations formé entre nous et la nature qui est notre habitat, comme la forme supérieure et la plus étendue de notre adaptation au miheu universel. Une telle conception implique un état de dépendance inadmissible chez un être dont on a fait le siège même de l'Absolu. C'est ainsi que Kant s'arrête à la position de l'idéalisme subjectif. Ayant nié que l'intelligence humaine pût atteindre le « transcendant », il la fait transcendante elle-même. Il garde le ciel platonicien des idées, mais après l'avoir, si j'ose ainsi parler, décroché des hauteurs sublimes pour l'enfermer dans l'enceinte du Moi.
C'était là une position essentiellement
in'«i.H'i'" «i » « iii 1 1 (lin i'' «»ti i.i ini i h >'»» mii iit- in'
(Miinail «L'UM'iiror. î.n «toctrim* do Kant |»réd|)itail lo.s esprit uni» aulrf* doc-
Kaiil. |MMirrait-i)ii 'lin', laissiiii «*iii»>iNter, l'ii face l'un lie I autre, deux absolus : le tiouméièf incoiuiaissid)le et le moi autonome, qui ne dépend que de soi, qui se dicte sa lui à lui-même, sa loi intellectuelle comme >« i loi murale; entre les deux, le rideau de l a|. carence, e*est-à-dire ce que nous appelons la natui mde. Mais il ne peut y avoir deux ali?»ulu«^l). Chez Fichle. Schelling, Hegel, ils se réunissent, se jettent l'un dans Tautre, rompant Timpalpalde tissu qui les sépare, noyant dans leurs nuits conjointes la clarté de la science humaine. Ainsi s^ngendre le Dieu-Monstre
(I) n oe serait p«ui-étr« pas abturde de \>' qM« l'iitMola est mulori'* ^Inif tloni cette tnuli., .. e serait pas p: >i ceUe d'un nombre Si
Ion fait rentrer 1 /i>>-<>iu sous la raté({urie du nombre, il ne peut être qu'an et il faut donner une 'à son nom 0 ** - "
^sl sufflfuimii '••urter la ptirxac un y-
du panthéisme germanique, et de là naît ce jargon fameux : le moi et le non-moi, le moi qui se pose en s'opposant, le moi qui crée ou devient toutes choses en s'ahénant de lui-même, la dialectique hégélienne des contradictoires.
11 est clair que chacun de ces philosophes, nonobstant la communauté de leur point de départ, ne pourra parler des choses métaphysiques, ni non plus des choses de la nature que dans un langage qui ne sera qu'à lui. En revanche, il aura peu de peine à dérouler depuis l'alpha jusqu'à l'oméga le tableau de la genèse universelle. Un Dieu comme le leur fournit aisément toutes les explications et se prête à tous les usages. Un principe trop amorphe pour rendre réellement raison de rien est par là même apte à rendre raison de tout. De celui-ci, ils prétendent déduire (déduire après coup) toutes les lois, tous les êtres de la nature, tous les événements de l'histoire. Ils entreprennent ce que les philosophies les plus audacieuses, les plus téméraires n'auraient pas osé entreprendre; et,
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Ju'o8l-ce, en effet, que leur «1* «iucliun ' l ne énuiiiération, rien do plus. "•e »le nuage. Leur gf
.aphjsique nVst pus ^. ... .
1' II 1 poiti» de plomb qui asservil leur I i^ au fait. La philosophie de Hegel !i ^l aiisoluinenl pas autre chose qu'une
'" * ' (ii««. imposant!» par la
mal fui II', confuse et inexact détail, mais avec une
phraséologie.
^ ' \1S0N UÉNéHALE
VL Ll-NH.UNn
AI Iil\ -\M k i , ...
*ionmicnt Tesprit germaniqu<'. étant chose aussi étrangère et réfractairo à la îi- -ipline de Tesprit humain, aux conditions de son .«^ ••^î-- • ' i), a-l-il pu
jouer dans sa *!. important.
occuper un chapitre de son histoire? Comment une notable partie de l'élite française, de Félite européenne, a-t-elle pu se mettre pendant tout le dix-neuvième siècle à l'école de la pensée allemande?
La pensée allemande ne s'est pas répandue sur la France et l'Europe comme un fleuve fertilisant sur un terrain qui a besoin d'être fécondé, mais plutôt comme un vent destructeur et chargé de fumées pénètre dans un édifice où se sont ouvertes des brèches. Les conquêtes de la pensée allemande ont un caractère d'irruption qui n'a jamais été celui des conquêtes spirituelles légitimes et durables. Elles ont eu pour condition préalable des fléchissements, des insuffisances et lacunes momentanées de la pensée classique. La rapidité avec laquelle se sont accomplis, à partir du dix-huitième siècle, tout à la fois de grands mouvements dans les sociétés humaines et d'immenses progrès dans la connaissance du monde et de l'histoire, a mis la pensée classique en présence de problèmes et de difficultés qui ne pou-
UK V\ NM ! KIUNÇAISK !'T
\. lient sans iloule t't lus ou i
en un jour, iniiis qui im {MMirront, vu kmu cas. l'rtr»' que pur fllr, parie cjui» seule la luMii«'n' fait la lumière. I/Alleina^ne a »\|.|Mii . jf situation; ell*» • fortune sur ces embarras. Klk* a uppurlc tl»"i solutions brutales, audacieust^s. Irouip. IJ-- >. souvent tournées à sa propre glorification. à son propre profit; et la relative barbarie de son inexpérience lui a permis d'y mettre une sorte de naïveté. C'est de cette manière que les natures sans délic4ite.sHe tirent parti des passes difficiles " 1 . ^o trouver d'bonmUes gens,
pour s imposer, l/esprit germanique s'est iiïi|H.<é (en ce sons-là>. il a opprimé, écrasé 1 - . -^»rits tombis sous son influence plut<*»t qu'il ne les a touchés, éclairés, persuadés, l^ crise religieuse nous en a fourni un \ ni}'! rijital. Kt je voudrais avoir réussi a tdii - » •iiiii'î .-ndr.' .-n vertu de quelle illusion un esprit jn ilil- de Ken supérieur à tous ces Germains. Kant y ! is. a pu s'en laisser imposer par ce .•..ii..;..iiv .!.. rvi)**magne •». par ee
« christianisme allemand » qu'il célébra (dans la première partie de sa vie tout au moins) comme la huitième merveille du monde, comme une « révélation » véritable. Il admirait les Allemands d- avoir su placer la religion à l'abri des invincibles difficultés inhérentes au dogmatisme surnaturel et métaphysique. Mais son attention ne se portait point assez sur l'épaisseur de l'équivalent substitué à la vieille foi, sur l'infériorité des directions nouvelles proposées au sentiment religieux. Il ne remarquait pas assez que, si la philosophie allemande sauvait le « divin », c'était en le mettant à bas prix et avec une tendance à en faire quelque chose de spécialement germanique.
Semblable aventure s'est passée dans le domaine de la philosophie, où Fhégélianisme est venu, sans autres titres réels que sa grandeur d'impudence et sa hardiesse d'improvisation, usurper la place rendue vide par le délaissement de l'ancienne métaphysique. Qu'est-ce qui a fait délaisser la métaphysique? Et pourquoi ses dernières
ils, !♦'?» Njièliiè.^o.»* de I>m,s- ' » .. ... .;>niz,n(5 Irouvon* '' plus
m! nous ii*a«li*|ili*s ol do M- j.ro-
premenl dits? Est-ce qu*ull .iè dé*
luontrées fausnos? Ksl-ce qu un coup rui-
n«Mi\ n l' porlt* à lours bustes? Pas