I - Il 'Mais l'esprit humain a acquis
te notions nouvelles, surtout
lans les sci«'nei'< biologiques et bistori-
îi ' **. Et ce n'est pas seulement la quan-
( ' !.. ^f*s conn."'-^- 'v-'s cjui s'est sinpu-
1 il accru» - rapparitioii «îfMf's
-yntlièses; ce sont les méthode-
. herche expérimentale qui, pour s adapter
.1 de nouveaux .1 s de la réalité, ont
acquis, à c. Mlaiii 1>, plus de variété.
de souplesse, de raffinement. Le succès
avec lequel la pensée s'est exercée dans
>n est ce qui Ta déprise de ces
. âmes de la spéculation univer-
qui lui apportaient un genre de satis-
fiction dont il semble qu'elle ne puisse se
T, mais qu'elle semble aussi ne pou-
' ^ trouver désormais que d.i * ^
et moins closes. C'est sur cette lacune, c'est à la faveur de cette attente que s'est fondée la fortune de rhégélianisme et là est la raison de l'étrange faveur qu'il a rencontrée auprès d'hommes comme Taine et Renan. Hegel, en ôtant à la spéculation universelle toute netteté des principes, toute rigueur de méthode, toute solidité d'assises, a trouvé le moyen facile d'y faire rentrer tout. Il a donné à un simple entassement couleur de synthèse. Il a donné pour une explication l'amoncellement des choses à expliquer. Il a supplanté l'ancienne philosophie comme un bazar, où il y a tout et rien, détourne la clientèle d'un magasin honnête qui fournissait des produits de premier ordre, mais dont l'assortiment n'est pas à jour et ne peut non plus se compléter tout de suite, à cause de la délicatesse de fabrication.
' Parmi les acquisitions de la science moderne, il n'en est point dont l'esprit germanique ait abusé plus, pour embrouiller les idées, que celles qui se sont accomplies dans le domaine de l'histoire. Notre con-
iMi>^ tiK loiiqut' ilo ItàuUMiàilt' é uhl
• iMli. .'Il
"•'!»». iNous coiiiuiissonM le in.'ii I. |ue. II» Hani^orit, Tlndft
aih hiiii . riinrienno K^yptc, qii \-
liiiiliÎMiu* >ircle i^orail, ou peu s'en faut. Et <iur coiiihiiMi i\e innniimcrilH des religions ou «los puisit».s urioii Iules ou a primitives • , soit enveloppés de nuit, soit négligés jusquivlà, notre attention n'a-t-elle pas été attirer! L'Allemagne a pris une lari:»* »»t illustre part à ces découvertes. M II- • Iles n'inlirmenl aucunement les idées tr.iditionnelles concernant la nature
• \ ! ition supérieure et les centres où vï\v s est r '" Téminente valeur de la
culture gi .-liiie, la supériorité d'un
art savant et réfléchi sur les balbutiement>
I la Muse primitive. 1/llot sacré où Thumanité a donné ««a ileur apparaît entouré d'un Océan plus vaste et touché de ^••''plus lointains qu'on ne le croyait; iii \\\i pas cessé pour cela de dominer les (lots et l'espace; au contraire, il ne reçoit qu - ! !.' prix de Tampleur nouvelle de tt»; j erspeelives qu'on n'einlirassc
bien que de ses hauteurs. La conclusion que TAllemagne a voulu tirer de cette extension de la matière historique, c'a été de noyer Fîlot, d'en niveler Téminence, de déposséder les terres du classicisme de leurs titres à la direction intellectuelle du genre humain, de renverser la hiérarchie des valeurs à son profit propre, en proclamant la supériorité de r « inconscient », du « primitif », du barbare sur le réfléchi et le policé. Son instinct Ta portée à se servir des circonstances qui rendaient nécessaire un élargissement, un rafraîchissement des idées classiques pour les frapper de mort.
Je pourrais vérifier sur d'autres exemples cette interprétation des fortunes du germanisme.
Il en ressort, je pense, assez clairement que, si l'on peut mépriser le germanisme, il faut se garder de le dédaigner. S'il n'a créé ou paru créer quelque chose que par une exploitation confuse et impudente des difficultés que les nouveautés de la science et de l'histoire modernes ont temporal-
ne PENSER FRANÇAISK
renient irt* 1*^68 à l*œuvre progre8si> In raison, son sucrés iix^ino, son lourJ ^ucctîs. nous avertit de trnir compta tle ces iJinicultcs pour n'être pas mis en échec.
Je n'ai voulu rien omettre de doctrinal sur II» fond UH^me de celles-ci. Mon but était sfulenienl d(» inonlrer que, pour leur donner une solution digne de Ihuinanité, il faut les arracher aux demi-ténèbres dont les envpjopp»* Tospiil giM*mani(|Uf' et les ramener intcgraleini'nt dans la lumière de la pensée gréco-latine, de la pensée classique, je pourrais dire tout court : de la pensée. L'esprit germanique (cet intrus de TEurop«» . n'est pas tant une puissance intel- I . liirlle qu une puissance matérielle qui ^' donne les apparences d'une puissance intellectuelle. Le monde et rAllemagm* elle-m«*me n'en seront délivrés «|ue par un fait matériel : la totale !. fi!».- îarmes allemandes.
Ml
LA yLKSliO;N l)i: LAliT
I Flaubert ei baudelatre. )
II' >■'■ . j II » ' Il ii«'iii«-h i iM-»nin-i- (iliX
iiii.> l.llit-., le Buccin, a ouvert tino
• iHjtiAte sur id fameuse question de 1 pour Tari ». L*art' doit-il so prendre luim* 11 sa propre lin, pour son unique
• l . . .w» raison d'être? Ou bien doit-il - proposfM-, en dehors du plaisir qu'il . iiise el par le moyen de ce plaisir même, une utilité tlun genre quelconque : politique, morale, sociale? La curiosité do notre ronfr^'n» n'a pas rté laiss»*e sans réponse -♦>s récents numéros publie
! nombrt>u»e8 opinions, dont certaines ne î»ont pas s;iris intéri^t, sur ce qu'il désire >a\oir II -..T. ni iM'iit-t'tr.* téin/rain* Aru
conclure que les questions mal posées ne sont pas celles qui provoquent le moins de discours. Ce qui me paraît certain, c'est que nous avons affaire à une question mal posée. Quelques-uns des enquêtes l'ont fait entendre d'ailleurs. Je voudrais le dire à mon tour et chercher la vraie question.
Une première observation, qui semble tout d'abord n'offrir qu'un intérêt de vocabulaire et de grammaire et qui a cependant une portée de doctrine et de fond, c'est que cette expression : « l'art », employée d'une manière absolue et universelle, sans application déterminée à tel ou tel entre les beaux-arts, correspond à une nuance de pensée toute moderne ou qu'il est du moins d'un usage tout moderne d'enfermer sous cette expression.
En grec, en latin, dans la langue des écrivains de la Renaissance, du dix-septième ou du dix-huitième siècle (français), le terme d' « art » pris de la sorte, au singulier et sans déterminatif exprès ou sousentendu, a une signification nettement différente : il désigne les opérations de
I»K PKNSÉK FRANÇAISK «67
I (irti.Hte k Td^uvre. I«» plus ou moins ilhal»ih»l.''. «î. >avoir-fain». ilo lalonl que Tarti>l»- «!• |>luit' iliinsrext'culion ili» son œuvre, 11* pluH ou moins de porfection qu'il sait y rr.ilis, I . quels quo soii'iil \v g»«nrt» auquel ('• ' ro a}qiarti<'nt, les n-gh^s vi diftiriiU. ^ |Moj»r»»î» ile ce genre. Ainsi Fénelon a propos de Toraleur Isocrale : • L'art se
! -crédite lui-mi^me.il se trahit en se mon- Iriiit M Ainsi Boileau dans ces vers :
II n'est point de ferpent ni de monstre odieux <jtii, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux.
Il est clair quo le mot d' « art » étant • lu ainsi, comme un ensemble de ...;. IIS et de procédés appropriés, la formule « Tart pour Tart » n'a pas tie sens. ( est comme si Ton disait • le moyen pour !•• moyen ». Le moyen dont il s'agit a évi- • Itnuiienl une fin. mais qui ne saurait t^tre raixjiifiableiuent nommée du même nom que lui-même. Disons (c'est sans doute ce «jiie tous les artistes et pm'^tes de ces époques clas«iiques eussent accepté) que l'art, on ï.îiii..( ,|U4. l ouvrage d»* r-««t :• jà.mr iîn
de « plaire aux yeux » ou à l'esprit, aux sens et à l'esprit à la fois, en d'autres termes, qu'il a pour fin le beau. L'art pour le beau, voilà des mots qui se laissent mieux comprendre. Après cela, on peut se demander si le beau est une qualité qui se suffit, pure du mélange de toute autre qualité et épuisant sa vertu dans la jouissance qu'elle procure, ou bien si elle ne serait pas un composé de plusieurs qualités parmi lesquelles la moralité, ce qui donnerait au beau réalisé une efficacité moralisatrice. Je ne dis pas que la question ainsi présentée n'ait pas ses côtés vagues et obscurs, ni qu'on puisse s'en tenir là. Elle a tout de même quelque chose de plus satisfaisant, de plus naturel que celle du Buccin.
Mais quel motif a le Buccin, quel motif ont généralement ceux qui nous parlent de l'art pour l'art, de faire \iolence au sens traditionnel d'un vocable de cette importance, vocable dont, au surplus, ils modifient significativement la physionomie matérielle, quand, par une pratique en
<l. .saccor»! liclionimiri*s
aiit(»risi'.», lU y uielUht Uïit» mnjuscuK»,
iiii ;.'iMiiJ A ? Quelle nolitm iiouvrl' ■ •
iihhl-ils 80US ct»l antique mon»
i^' quel concept nouveau enlli'nt-ils cette m.ijii>. ni. ' !'. ni -n rendre compte, il faut Si' ii'|»url»T a la philosophie île Kant, en particulier à son ouvrage appelé la Criiiqn^ dujwjvment, et Ton ne peut vrairendro compte qu'en s'adressa ut tt celle source. La notion de TArt, Irlle qu'elle ligure dans la controverse du Buccin, est une notion inventée oti élaboni» par Kant, soit qu'il y faill»* l'expression d'une vraie découverte qu il aurait fait*» .lans le monde de l'esprit, soit qu'il n«' s :< -- «|ui» d'une entité scolasliqne d»»«ili évanouir sous une ana-
U- u ferme, ou bien d'une fausse
idce, pru«hiite par la confusion de plu- '«itMirs autres idées di-*'"' * - r^^-îx f^ni -li-*»nl : r • art pnur l -i^ «mi
adversaire- t. tli [lacent h
un point «ii* vue kantien, ils parlent, qu'iN !• sacInMil ou no!i ' ^'ortlinaire ils n<*
s'en doutent pas), un langage kantien.
Jusqu'à Emmanuel Kant, ou du moins jusqu'aux théoriciens de Fépoque immédiatement antérieure à la sienne, qui firent les premiers pas dans la voie où il allait engager la philosophie des beaux-arts, la question du beau, de sa nature, de ses propriétés, avait été étudiée à deux points de vue fort éloignés l'un de l'autre : l'un universel et métaphysique, l'autre technique et spécial. Platon, les Alexandrins, les philosophes platoniciens et platonisants s'étaient livrés à des spéculations sur l'essence métaphysique du beau, sur le foyer éternel où brûle la flamme idéale du beau absolu, du beau en soi, aspect, entre mille aspects, de la divine et ineffable perfection. Ils trouvaient naturellement dans la beauté sensible des formes de l'art, tel qu'il est donné à l'homme de la rêver avec son imagination, de la réaliser de ses mains, un certain degré de participation très lointaine à cette beauté supra-sensible. Mais de telles spéculations, planant, sinon dans le vide, du moins dans l'éther
It» plu'' HUDiiiui-, II.' t«ju« iitiniii |ias a la projin* sphère des beaux-arts humains.
Klles ne |>ou valent fournir au pot^h . m peintre, nu sculpteur, au musicien. aucune luniiùre sur U»s n^gh's tlo leurs arts r« tifs, sur les lois d'après lesquelles il . ^i. vient que les éléments s'en ordonnent pour composer des i*fTets de beautf C. t ordre de questions faisait Tobjet de trailis ronsacrés à chaque art particulier, comme il s'en est produit à toutes les époques policées, dans ranti<]uité surtout, et dont les plus illustres concernant les arts littéraires s'appellent la Pitélique et la Rhétorique «1 Ari-lote. le De Oratore de Tacite, VArt l^'^finjue dMIorace et de Boileau, V Essai sur la critique de Pope, la Lettre d rAcadémie d(> l'.nelon. \e Diiicuurs sur le style de BufTon. Knlre ces deux ^cenres d'études, il y aurait eu lo^iquenxMit place pourufi irenre intermédiaire, consacré, non a U m* iaphvsique du beau, non aux techniques particulières du beau, mais au beau dans les arts en général, je veux dire aux caractères de ressemblance que Ton peut relever
entre la beauté de la poésie, celle de la peinture, celle de la sculpture, celle de l'architecture, de la musique. En fait, une telle recherche n'aurait pas été bien intéressante, ni le résultat auquel elle eût pu conduire bien précieux. Je ne dis pas du tout qu'elle eût été sans objet : tant de rapprochements expressifs que les traités classiques des divers arts ne manquent pas de faire entre les effets d'un art ou d'un autre (ut pictura poesis sit), suffiraient à prouA^er l'erreur de cette assertion. Mais autre chose sont ces comparaisons occasionnelles et fugitives, suggérées par un goût averti, autre chose une confrontation systématique entre les belles créations des arts de tout genre en vue d'en extraire une notion générale du beau artistique. A cette sorte d'enquête je ne vois pas qji'aucun esprit supérieur se soit livré avant Kant. Qu'eût-il bien pu en tirer en effet? Rien de plus que des propositions du genre des suivantes, incontestables et assez vaines : que le beau, sous quelque espèce et dans quelque matière qu'il se réalise : langage
ryUiiiir. l'ouleum pcinie!», mins il» la
nu Ao^ ih^tnimonU, piorn^ ou marlirc, >♦•
.ii'^Uii-ui; j)dr une )icun»ut»o |)ro|)orlion
• t unit- et de variété, qu'il concilie Tex-
*ii avec l^harmonits la solidité avec qu'il n»s|»in» ol inspire roiilhou- :-iii-iii.'. qu'il a la simplicil»'* dans la l" •••dïMir. la vérile ilans la noblesse, la gi
agrément. Toute» choses parfaitement vraies, mais encore une fois peu instructives. Les caractères de la beauté s«»!i! lijlomenl liés à ces formes concrètes -ibles dans lesquelles ils s'incarnent
• l prennent corps, et d'autre part, ces f..i!ii»s ..fTf "il tant de riches et (leuris- -lul - \*iri. IfS. que, lorsqu'on en fait il.vii lolion pour retenir ce qu'elles ont de < ommun, ce qu'ont de commun
I \«<mple, une belle tragédie et une belle ^v 1 ' '. il ne reste plus qu'un résidu
va^ t brillant qui n'offre à l'esprit
qu'une pn>' t-- i molle et dont on peut aisément disserter (surtout si on ne craint pas l'écufil de la phr - sans
parvofi'- ■ •••' lire ri»i '
Ce sont, à coup sûr, des considérations de cet ordre qui expliquent la sobriété universellement observée par les bons esprits aux époques les plus brillantes des arts sur une question trop théorique et, pour ainsi dire, quintessenciée. Elles n'ont point frappé Kant. Son « esthétique » veut être une science du beau en général. Mais il est vrai qu'il veut envisager le problème à un point de vue nouveau et il s'agit de savoir si, de ce point de vue, le problème prend plus de relief et de consistance. Je dirais, pour me servir de la terminologie kantienne, que Kant transporte la question de l'objet dans le sujet. Voulant définir l'essence universelle du beau, il ne la cherche pas, comme faisaient ses obscurs précurseurs français, le P. André, l'abbé Batteux, Crousas, dans les qualités des objets beaux en eux-mêmes, mais dans le sentiment que la perception de ces objets fait naître, dans l'état de sensibilité qui accompagne les impressions du beau et qui les révèle. Le beau, pour lui, se reconnaît à un sentiment sui generis, sentiment de
NSRK PHANÇAISE 175
plaisir u*l «li;»linct en rola du sentiment : - ' . niais de plaisir • t!rsint«*TOssf »» n'I 41(1111* du >(Mitiniont de Tulilo;.
Cette alTection, irréductible à tout autre, est le signe du l»ettu. Le beau est ce dont nous jouissons avec un pur désintéressement. <Ie dont nous jouisson*^ 7•^•• l'^inlértvNsement est le beau.
Ce que je viens d'écrire est plus obscur <ju«* e»' qui |»r \ussi sommes-nous
* Il Alleiii.i-m-. i.e principe de Kant l à peu près en ce qu'il a de négatif : le sentiment du beau nVst ni le sentiment moral ni le sentiment de Tutile. Kn ce qu'il a de positif, il est inintelligible. L'idée de desintéressement est une idée toute relative qui ne se conçoit que par opposition à la pesant«*ur des intérêts vulpiires et étroitement individuels. Mais un • Irtl d'àme désintéressé par essence est une cbose qu'on n'arrive pas à se représenter chez un être vivant. iMême la vertu, je dis la plus sainte, la plus prête aux derniers >i >, n'est piis désintéressée.
i>in>ini ^isle dun> l'ii.ilnln.î»» il»» res
sentir assez profondément comme nôtres des intérêts humains généraux (intérêts de la patrie, de la science, de la civilisation, de rhumanité), pour que tout ce qui lèse ces intérêts nous fasse personnellement souffrir. Que sera-ce quand il s'agit d'états affectifs, de plaisirs ou de peines! Si ce qu'on appelle le bien n'est que l'ensemble des intérêts les plus élevés, le beau ne doit être lui-môme qu'un intérêt de l'ordre le plus élevé et non sans quelque lien avec les autres intérêts du même rang. Kant oublie que le beau nous apparaît toujours dans des objets ou du moins dans les images de ces objets. Indépendamment de leurs qualités de beauté, ceux-ci possèdent, au point de vue moral, au point de vue de l'utilité pratique, au point de vue de l'attrait sensible, un ensemble de qualités qui n'en constituent point sans doute la beauté, mais qui ne peuvent point n'avoir pas une intime relation avec elle et n'y être pas présentes en quelque sorte. Dès lors, n'est-il pas raisonnable de concevoir le beau comme un achèvement dans
' il phyi^ionomio naturrlle des
uni» |)<'rf(*clion qui s'y
i»...-., clil Art • • qu'à la jou-
t Hour ». Hem , - (jikî. si le
!'• III h .si pàs rulili». il lu» poul pourtant
^ avoir un abîme entre eux; car on citerait
" *i un défaut «riitiliti? fait à la
lit» If tort !♦• \)\us certain. Ln
palais aicn-iible aux yeux qui le voient du
mais qui ne serait pas logeable.
u r.Nl \iiis beau en cela, du moment que
" ^ril est mis mal à Taise par la part
-«•ance. de dfraison en Ir» futilité .in:liitetle «pii n'a pa- ombler
toutes le» convenances, tniin, il y a utile t utile. Un fautiMiil anirrie^iin est plus itile qu'un fauteuil Louis \V,si le comble le Tutilité, en matière de sièges, est qu'on affale des> fauteuil Louis XV est
utile, eu au iii - qu'il est plus
-'•^ '-* ••^" .ai»l»» qu'un siège
; > qui ne soient pas
trop aliandonnées et qui favorisent les rapports de la âociabiii nversa- ' ' *'I'*inands iai>umu"iu comme si
les œuvres d'art étaient faites pour le musée ou pour les archives, qui en sont le tombeau ; ils ne songent pas assez qu'elles ne sont nées, en leur temps, que pour ajouter de la noblesse et de la douceur aux usages de la vie.
Le principe de l'esthétique kantienne a eu, au dix-neuvième siècle, sur les idées comme sur les beaux-arts une influence extraordinaire et, à mon avis, déplorable. Son effet le plus caractéristique a été de substituer à la vieille idée du beau, Tidée de r « art » , parce qu'il fait consister l'essence du beau dans une certaine intention de l'esprit, la prétendue intention d'art, la prétendue intention désintéressée. La tormule de F « art pour l'art » n'est exactement que l'expression de ce principe afïecté et inconsistant.
Mais dès lors une question se pose.
« L'art pour l'art » ne veut rien dire. Et nous avons eu, dans la littérature française, une école de l'art pour l'art singulièrement fertile et brillante, puisqu'elle s'illustre des noms de Théophile Gautier,
tl(* Baudeluin tiihort et plusieurs
aiitrt*<«. à {leiiio iiitiiiuJrHS. II faut <|ue cette
rn»! • ' • *• r «le la sorte, se soit
tn- ^ me et se soit repn'*-
senté sous un faux aspect Tinspiration dont elle était réellement animée. Il faut quelle n'ait pas plus que les auti 's fcril et
vr>t' " l'Miir l'art ». Telle i . .., n mu pens. . :yerai de Tétablir et de restituer
il lecole de Part pour Tai
\ji théorie favorite de notre école française de fart pour Tart. c'est que la beauté d'une (eu\re littéraire est totalement indépendante de la qualité des sentiments •jii .1!. exprime el de TintértHque ces sentiments pourraient nous inspirer ou qu'ils ont pu inspirer à l'auteur par eux-m»
Qu'il s'agi.sse d'un intén^t de cceur pathie ou antipathie pour les personn leurs maximes, leurs actions) ou bien d'un itérèt philosophique, religieux, politique, patriotique, moral, ce genre d'impressions
n'a rien à voir avec les impressions de « l'art ». Dans l'esprit d'un véritable artiste et d'un véritable connaisseur, les unes et les autres sont entièrement séparées. Le fondue co-mpte pas. Ce que l'écrivain a de mieux à faire, pour qu'aucune vapeur de sentimentalisme ne vienne troubler la pureté de sa conception, ou, comme on dit en un français d'ailleurs douteux, de sa « vision » artistique, c'est de cboisir des sujets qui le laissent lui-même et qui laissent son lecteur absolument froid.
Ainsi son ouvrage, s'il est réussi, ne vaudra-t-il que par soi-même ; le plaisir qu'on y pourra prendre n'empruntera rien à un ordre d'émotions inférieures ou du moins étrangères à l'émotion du beau.
Flaubert regrettait de n'avoir pas écrit un roman sur le duc d'Angoulême, parce que l'insignifiance de caractère qu'il attribuait à tort ou à raison à ce prince, dont l'histoire n'a trouvé rien à dire, faisait de lui un héros idéal pour la littérature. En fait, le même Flaubert a bien l'apparence d'avoir suivi sa propre maxime, soit dans
' . " •!«• j«Mjno>8e d'un I —
ut Itf r^âmrUTw «'èi ijta\oir ftoint et dont la |iliiii reuiurqii^iU» a\«Mitn (ue ri(*n ne lui arrive
iiall^ ^ ", oîi Taulour s'est tluiiut-
f»uiM "" épisode cibscur et trèj»
iii4 unuu du It vie d'une
antique cité dont nous ne savons presque rien et qui est aiorte sans laisser de trac« ' • '^ ' •■ -îuine civilisation. In sujet it uiorne que, rien qu à 1 entendre énonctr, Timagination s'attriste, un sujet historique ou deui-hislorique trop lointain pour a\uir aucune espèce de rapport a\ec Les origines de notre histoire, voilà justement ce qui enchante le t>oB Flauhtfl l^ profère indigence ou Tobscurite de tels thèmes liUéraires laisse tout à fair»' lux jjrextiges <ie l'art.
1.11. lire c^h tiièuies s<»ut-ils empruntés à 1.1 vie ré«41e. Parla, ils possèdent un minimuni d inteit t vulgaire, indépendant de ce qu'> p(Miini ajouter le travail de l'artiste. I l«l' • <!•• I .ni iinlli î';*!'! f li i|i\ .• c^i
une application plus rigoureuse, si l'artiste élimine ce minimum même, en prenant son sujet hors de la réalité et de la nature, dans le domaine de Fartificiel. L'artificiel, voilà, du point de vue de Fart pour Fart, la matière poétique par excellence, puisque cette matière ne reçoit son existence et, à plus forte raison, son éclat, que de la virtuosité du poète qui la compose et la colore. Théophile Gautier, le véritable père de Fécole, nous parle en quelque endroit d'un peintre « dont les yeux de Fâme et les yeux du corps avaient la faculté de déranger les lignes les plus droites et de rendre compliquées les choses les plus simples, à peu près comme les miroirs courbes ou à facettes qui trahissent les objets qui leur sont présentés et les font paraître grotesques ou terribles ». Il a été lui-même ce peintre, surtout dans ce roman, aujourd'hui oublié, Albertiis, par où il débuta, et dans le Roman de la momie.
Gautier, imagination de coloriste et d'artiste plastique, compose de Fartificiel pour les yeux. Baudelaire, nature plus intellec-
lin-li. . . jki.s n'plii f MU :. .ilimenLs, coiiipuDtMle lartifirif»! inornl On n© saurait user lie co pri)« .ition (fune manière plus clélititiff. Dans ses travaux
ilr cTili«|ue. il a ' • 'ji|m' avec toutes les
iii^'iint'Uses ri - - lie son esprit un peu «nuit, tiin^ ^1 tiii «t ^1 •listingué, la tliéoritî du g»»nre. la tliéurie de rartificiel ' ' t lilténilure. T(»us les thèmes poéti- !,.. , .1 il se cuniplalt sont foiicièreuient pétris d artifice et leur caractère composite, forcé à outrance, fait à la nature la violence la plus maligne ou In plus injurieuse \'" • !e tant de tableaux qui •
cit'iit 1 *n des plus hideuses iin
de la dégradation ou de la décomposition physiques aux effusions lyriques de la volupté, (jui juxtaposent et entremêlent dans une même peinture, dont l'objet n'a de nom dans aucune langue, les pourritures de la charogne humaine et les fleurs d'un beau corps qui appelle l'amour. Ce qu'il y a d» • • • MX. sinon d'unique, ilans le cas «11* i. tire, c'est que des imaginations
de cette sorte s'accompagnent chez lui
d'une émotion poétique sincère sans laquelle il ne lui eût pas été possible d'atteindre à cette magie mystérieuse de l'expression, de la plastique et du rythme, qui rend si souvent ses vers admirables.
Voilà, dans son principe et dans les diverses applications prétendues de son principe, la fameuse esthétique de Fart pour Fart. Je dis : prétendues, parce qu'un principe purement illusoire et fallacieux ne souffre aucune application réelle. Il faut que ce qui nous est présenté à ce titre en appelle en réalité un autre et procède d'une autre source. Si Flaubert et Baudelaire avaient été tout à fait sérieux (comme Font cru leurs fervents disciples) dans leurs expressions doctrinales, nous devrions dire qu'ils ne pouvaient se tromper davantage sur la véritable nature de l'inspiration qui les animait et les conduisait.
Serait-il donc nécessaire de prouver que la littérature ne vit que des sentiments, des passions, des idées de l'écrivain, de tout ce qui s'agite d'humain dans son âme et que ce qu'on appelle l'inspiration n'exis-
.»|.. ••M\ ina^ii; s ora-
les/'A«r avec un xMe moins
rit pour jeter la Grèee contre \o Ma- !«»n et que moins belle serait 17 M ' • '■■ ' -Mlle et «le la n-iigiDn
fs >laiis le eœur romain
r-neille n aurai ti-ouvé les accents souverains dû Ci/
par IVfîet ilnne cliîileur j)ure- ... ...j... ;t<{ue,sarislHflamiiie plus humaine
'l'un personnel entlnmsiasme pour Tiiléal •icisme chréti- lievaleresque
iiiixiriié dans ses héro^ ; que Hacine n'anniil pas écrit Andromaqtte s'il ifavait pas connu l'ivresse do vivre et d'aimer, de \ ibrer de toutes ses énergies dans un milieu de gloire royale, de brillante jeunesse • l .r.tMi..iir, »»t qu'enlinon éteindrait le feu »l rtililici' que \ oltuire a tiré pendant cinquante ans, SI l'on éteignait les furfntrs ::»néreuses on rageuses dont un
son ardent esprit? N'insistons pas ^Hi une vérité que Ion ne pourrait méconnailn* qu»' ]»ar nmntr ou par m<»querie.
Certes, ce n'est pas « le cœur » qui fait le génie. Mais il n'y a pas de génie sans le cœur. Les Stances de Moréas ne seraient rien sans leur perfection de cadence, d'expression et d'images ; elles ne seraient rien sans le courant d'amertume sacrée qui palpite en leurs beaux rythmes. A preuve, la demi-douzaine de poètes qui font aujourd'hui du Moréas en perfection et qui nous accablent, parce que la sensibilité secrète, la grâce de l'âme, le divin mystère n'y sont point. L'antiquité définissait l'orateur (et la définition s'applique au poète, en général à l'écrivain digne d'écrire) : vir bonus, dicendi peritus. Vir bonus, voilà ce que la thèse de Fart pour l'art efface dans cette formule qui dit, en sa simplicité immortelle, tout le secret des bonnes lettres.
L'écrivain de l'école de l'art, à en juger par les principes dont il se réclame, commence par se refuser (comme écrivain) le droit d'être, non seulement honnête homme, mais homme simplement. Si je me formais de lui une image modelée sur
1,SK 487
s»»s proft •«^toià» lie foi iilUruucH, je me le fimir»'r.u^ < (iinine mu* scirle «le nain moral fort inim.iiniir. comme ri*ehiiiitillnri «Tune liiimaiiih «limiiiuëe et ingénieufie ferin«> aux impressions et aux lumière» de lui. «mrireii «Urepas il/; ' ^
les u ., -lions savamment farU-
esprit. Le royaume tie Tart, ce serait alors le royaume de Lilli|iiit ou tout au moins le royaume de Cliine
dépendant, le immm.ih !•. -.i.m ^ juste, si on rappli<]uait à des \u.
comme Flaubert et Baudelaire. A la vérité, je les trouve eux-m^mes un peu contrefaite, par comparaison avec les lyriques qui pui-t'ut de plus belles idées à des sources plus naturelles et plus nobles. Mais ils ne le sont pas au point de n\^tre pas bumains à leur manière. Pas plus que d'autres, ils n'ont éebappé à la commune nécessité des poètes qui écrivent pour dire quelque « hn^. : ils ont écrit, créé avec leur coiur. l!ist-ce à dire que leur cœur ait réellement aimé le mé«liocre, le morose, le !
>.tiit l'I If \\\.i\ tlniit I .tiili'iir iié> I /
sentimentale et de Bouvard et Pécuchet a paru faire ses délices, ou bien l'artificiel scabreux où s'est complu Fauteur des Fleurs du mail Non, ils n'ont aimé l'un ni l'autre pour lui-même. Ils ne s'y sont attachés que dans un esprit de dérision sarcastique et passionnée. Voilà leur frémissement à eux, le point d'où jaillissent leur sensibilité et leur invention poétique.
Cette dérision s'adressait à deux objets, très opposés entre eux selon l'apparence, mais entre lesquels ils croyaient apercevoir une étroite parenté de nature, une solidarité profonde : d'une part, l'exaltation romantique ; d'autre part, la platitude bourgeoise.
Ils méprisaient l'insincérité de sentiment que l'influence du romantisme, parvenue à son apogée au temps de leur jeunesse, avait répandue dans la société et les mœurs, le mirage d'illusion et de chimère dont elle avait enveloppé la nature et la vie, faisant rêver de jeunes bourgeois et bourgeoises françaises à d'extraordinaires aventures sentimentales, à de célestes féli-
tilt» Hui i des ivrei«i»8 du utfiir ftans
. A Ct i ils avairiit i*ii t
• 1 ^ uiiioii. i.,.|. . \t»luplueu.stf fr^r-
lil»-. si j Ms«» ainsi ilire. pour ne pas se prendre, ci profondt*mt*ni; mais ils avaient eu, Tun trop île lion sens normand . l'autre trop d'j'spril et de finesse arislocrali<|ue |K»ur nv pa> ipronver bientùt le dégoût de ci»tto tausse sinluction qui leur était entrée
I ans les moelles et ils s'étaient n'tournés
. <.iiireellea\ef ri\|)relé de moquerie qu'on
lui l à stf moquer de soi-même quand,
ayant en soi du don Quichotte, on a été le
Ion Quichotte de quelque sotti
lU iiK j.i i^rtiont rahaissfmenl tîl la tris- Irs., .1 .-; .et de la civilisation modenif
• IniiiitK • jat 1 utilitarisme et la médion u> intellectuelle des classes moyennes, par le matérialisme industriel, par les mœurs démm-rati " eux, cet al)aissement
f*t lu U.. .alion, la Iniursoullure
mornjr* du romantisme, étaient les deux
le Tépoque et manifestaient une lut'Uie àme *le vulgarit**
190 CINQUAINTE AISS
leurs imaginations. Mais il rétrécissait et, pour ainsi parler, spécialisait singulièrement par avance le champ sur lequel elles pourraient s'exercer. Les poètes d'imagination saine combinent l'Idéal avec le naturel et ils le peuvent, parce que, pour eux, Fidéal n'est que la fleur et la quintessence du naturel lui-même, ce que l'ancienne rhétorique appelait « le beau naturel » . Dans l'imagination d'un Flaubert et d'un Baudelaire, cette harmonie ne saurait plus se réahser. L'idéal, qui est pour eux l'idéal romantique, c'est-à-dire une adultération de la réalité par la chimère, est le faux même ; et la réalité, sur la face de laquelle aucune lumière ne laisse plus jouer ses rayons, n'est que tristesse et laideur. Ils remplaceront l'idéal par l'artificiel inventé avec un caprice absolu. Ils regarderont la réalité sous l'angle d'une ironie froide et féroce. L'école de l'art pour l'art est l'école de l'artificieuse fantaisie et de l'ironie systématique.
Flaubert et Baudelaire ont été les Méphistophélès du romantisme. Ne parle-t-on
hK PKNSÉK FRANTAISK 1
pas assr/ r(»urainmont du « salani.Hin*
Bai: ' ' ' I : * ju^l»*. n i «mi-
diti , , - -:il c|U(» d'un
Satan au douxit^ine «1 ^ un Satan qui
insullf*. non l«) i^rand ciel UHeis cl qu'il ne voit plu>. Uiai^ un cul fabriqué tlont il est Tango déchu, un Salaii de serre chaude el non «le plein air.
Il ny a jdus lourd contresens que de lire et de coHunenter ces auteurs, comme beaucoup le font aujourd'hui, dans un esprit grave, religieux, sacramentel. C/esl leur faire le plus grand tort. Vrais poètes certes, avec un fond très douloureux, ils sont aussi de ^'rands pince-sans-rire et ils le sont toujour> et partout. Cdiet eux l'antiphrase est perpétuelle, i'ourqui n'ent(*nd pas l'ironie sourde et enveloppée, VÉducalion sentimenuib t^t un livre assommant. Quand on a saisi c|ue chaque j»hrase se moque de nous, en apphquant notamment à la peinture des événements les plus monotones • t des êtres les plus médiocres les magniliqiH'-rMii! ' lylede BossuetetdeMon-
I \ I', .1 -Il I i; \ \( \ I-l II II Mlj.l
Dans un article l» - Ji ., i
quos Cliaumiê soulève uno qii«*slioii mu laquelle* il ileiiiaiule Viw ^os lec-
teurs. « Pounjuoi aucun tl» > grands poètes français n'estil du Midi?... Sauf André Cliénier. dont le père était Mai-» illais, mais dont la mère était Cirecquc «t qui est né h Constantinople. tous nos grands poètes sont des provinces du nord de la Loire. • M. Chauniié se refus.» à fairo une exception en faveur de Mai Cahors, qu'il ne trouve qu' « aimable •>, .i non |ias grand. Il écarte pour le nn'ine nxitif rohjection qui pourrait s'attacher au nom de Tlnopliile (iautier, né à Tarbes, et qui serait d'ailleurs sans fondement mal. ri. 1 ; car la famille de Gautier, fils d'un funclionnairu migratrtir. n'avait anctine
attache avec le pays de Bigorre. Il oublie du Bartas, natif de Mon fort (Gers); mais l'omission est sans conséquence ; car le poids de du Bartas, môme ajouté à celui de Marot, ne contre-balancerait pas au moindre degré le majestueux ensemble de cette douzaine de noms : Villon, Ronsard, Malherbe, Corneille, Racine, La Fontaine, Lamartine, Vigny, Victor Hugo, Musset, Verlaine, tous noms de génies originaires du nord de la France.
Notre confrère a raison de dire qu'une répartition aussi régulière et aussi constante ne saurait être prise pour un effet de pur hasard. Elle doit avoir quelque cause accessible à l'intelligence, répondre à quelque loi. Voici l'explication qu'il nous soumet. On ne saurait parler d'inaptitude à la poésie, non plus que de dégénérescence de la faculté poétique dans une race qui a produit, à une époque toute récente, un Mistral et un Aubanel. Mais si Mistral et Aubanel ont pu mettre en œuvre leur génie de grands poètes, c'est qu'ils se sont décidés à écrire dans
IiK PKNSÏ^K FIUNÇAISE «95
li»ur langue. In lâiif:iir |imYonçaliî. Or, I»»|iiii5 ili'S ri'U»' langue rlail per-
" loul au ,N j»»ur l'usage liUfrairo.
il « penlanl son iilioiiie, qui était un le» plus propres à la poésie que lliunianiî ail connus..., la race nu riilionale fut
It^rinslnuiiî • rveilleux<pii
.„....,, ar exprimer- , >elsesilouleurs. pour exprimer sa terre elle-m«^me... i>epuif( des siî^cles, elle a dans le français la lafigue de ses prosateurs et de ses orateurs, elle n a pu y trouver encore celle de ses porte». . . Hien ne montre mieux le mal irréparable causé à une race par la disparition de la langue qui s'est formée avec elle, rien
; I lieux les efforts des nalions qui,
\w,....., . ivre, n donnent d'abord une vie lillérain» à leur ancien idiome. »
Si M. Chaumié avait demandé pourquoi tous les grands po»>tes franeais étaient nés .Ian«< les pays <le langue d'oïl, et aucun ilms les pays «le langue d'oc, sa question n'en aurait plus été une à »ei yeux. Klle aurait contenu dans ses termes mômes la solution qu'il en donne.
i^'6 GIISOUANTE ANS
Je ne conteste pas cette solution. Elle a une grande part de vrai. Mais, telle que M. Chaumié la présente, elle a aussi un côté aventureux et sommaire qui ne va pas sans inconvénients. Je crois d'un haut intérêt, au point de vue national et au point de vue littéraire, de rechercher les compléments dont elle semble avoir besoin.
Quand M. Chaumié nous parle de la « perte » ou de la « disparition » de la langue du Midi, il Tentend évidemment comme une hyperbole. Mais il peut y avoir exagération jusque dans Fhyperbole et celle-ci est tout de même un peu forte. Non seulement cette langue n'a cessé d'être en usage dans les classes populaires et paysannes, non plus que familière à la plupart des personnes cultivées, nées dans le pays ; mais elle n'a jamais cessé d'être écrite. Entre le déclin de la vieille littérature des troubadours, qui avait répandu sur l'Europe le plus bel éclat, et la renaissance mistralienne, c'est-à-dire du quatorzième au dix-neuvième siècle, il y a
oUTî» eu il»*» pt»«*l«*?^ |iru\«*iiv«iuv t'I ^ i^
^ -'-ton an- ' '
Murr. < ^ ^^ ,
t ilf|iourTU9 d'art qu'ils aient
' t' |M.i. I - plus grand nombre, que la
ii«" |»ro\fMH;al«' a ronserv»'* Ii» degn'* do
et de valeur littéraire sans lequel
I a«uvre de Mistral et des meilleurs pointes du f/*librige n'eût pas été possible. Ceux-ci • »nt merveilleusement perfectionné, poli,
"■■-tré rinstrument que leur avaient légué
i^ hundiles prédécesseurs. C'est ce
qu'ils n'auraient pu faire, s'ils l'avaient
trop lias. Leur réussite mc^me té-
de tout ce que cet instrument
trdé de force. Des compositions
iites de sî^ve, comme celles de Mis-
trtl m [.lient pu «rites dans une
langue morte ou deuèi-murte. Mireille n'a
j»a< l'allure d'un travail d»' m(»'*aïqtie en
\»'rN latins.
I rite est que, si la langue méridional h i [MH disparu du tout et si elle est 1. in.iir» ♦'. jusqu'à une époque qui n'est
I I t <^ i>iii m.- Il II iil.iiiii- tit-N \i\;iri> li.'LiiS l('
peuple, elle a fatalement subi, du jour où les provinces du Midi ont perdu leur indépendance politique pour devenir françaises, les effets d'une dépréciation profonde. Le français, devenant la langue du gouvernement et des actes publics, est devenu la langue de la bourgeoisie et de la noblesse, qui, je le répète, n'ont pas oublié pour cela Fidiome local et lui ont donné cette marque sonore de loyalisme d'en garder l'accent dans le français même. En outre (et ce point a plus d'importance encore), le provençal et le gascon, pratiquement déchus, quoique étant de véritables langues, dont la première avait eu son temps de splendeur et de gloire, au rang de patois, n'ont eu aucune part à l'évolution et au progrès qui ont fait sortir des langues « vulgaires « du moyen âge les grandes langues modernes, savantes et philosophiques. A l'époque de l'incorporation des pays méridionaux à la France, la langue d'oïl, plus rude d'étoffe et de sonorité que la langue d'oc, qui était, en Provence surtout, la douceur même, ne
\vr [ |>aA sur lillr-ci. quant aux
re....... . - jujur rox|»n»s.sii»n il(» la |»fnî»ée;
elle n'iiNait pas plus lie viuabulaire ni de formes propn*s pcmr n-iuir»* 1rs hautes abstractions, les concepts complexes, les sut^ ' 'istinrtions des ich'-es. les modes dt\ - , , > du raisonnement. Comme application littéraire, l'une et l'autre ne pou- N tient convenir qu'à la poésie, et genre de pi»ésie dont le fond fût ivca simple. Le latin était la seule langue savante. Lorscjue, à partir de la Renaissance, le latin si* vit dépouillé de ce privilège, pour diverses causes dont Tune est rinvention d'idées qu'il ne pouvait rendre, quand le besoin se lit sentir de pouvoir parler théologie, philosophie, droit, jurisprudence, connaissance de Thomme, géométrie et jdiysique, dans un langage moderne et vivant, ce fut naturellement la langue du centre politique, la langue de I Ktat, ijui .se trouva désignée pour cette grande élaboration et cet avancement d^emploi. Il eill fallu, pour que ce rôle échût au pro\«>n(al. (|u'ArI«'s filt la capitale du
royaume. La langue du Midi resta en arrière et cet événement marqua la limite de sa destinée, la restreignit d'une manière définitive au noble office de langue des paysans, des artisans et des gens de mer. Mistral a montré avec quelle beauté, digne de Virgile, le provençal peut chanter tout ce qu'éprouvent d'humain ces âmes sans complication et sans dialectique. Mais Mistral lui-môme n'eût pas été assez fort pour traduire Descartes en provençal ou en béarnais, et ne fût-ce que le « je pense, donc je suis » : non point qu'il n'y ait en béarnais et en provençal un mot pour dire « penser » et pour dire « être ». Mais « penser » sans complément direct ou « être », sans attribut, « penser », sans penser quelque chose, « être » sans être quelque chose, voilà un degré d'abstraction métaphysique pour lequel il n'y a réellement pas de termes dans ces idiomes. C'est à peu près ce que je me permets de dire à M. le curé de Caste tis, pendant la belle saison, quand je le rencontre aux rives ombreuses du Clamondet, chanté
KISK «Oi
par Fraiii i> Jaiuuies, en train de pocher ma^istralriiient la truite. Je le taquine n>sp(H'tui*us(Mni*nt sur son prône du dernier dimaïu'lie. où il a parlé à ses ouailles dou lon\ tntén^s ^piritu/ls, « de leur» intén'l5 spirituels ». Je lui aflirme que son sermon n'a pas touché mon âme, parce qu'il eût fallu qu'il la toucliAt en français ou en béarnais et que cela n'est l'un ni Taulre. La distinction abstraite du matériel et du spirituel, qui donne déjà tant de tat)lature aux philosophes de profession, est beaucoup trop sul ule pour les bonnes gens sur les havres desquels le béarnais fleurit nali " i»'nt. Vouloir en introduire Texpi. ....... dans leur langue, c'est
mêler la mort à la vie, mettre des mots morts dans nnr langue qui est vivante.
C'est en vain que .M. le curé se flatterait de mieux faire en accentuant de toute la force de ses poumons les $ finales des mots qu'il défrancise. Ah ! quand il s'agit des saints, des anges, du ciel, de l'enfer ou du purgatoire, quand le dogme se revH
tl'imai/i'-s ê«l iiiii' Ii's \»'iiv «îé» In fui ni>iiv«>nt
â02 CINQUANTE ANS
emprunter le secours de rimagination physique, c'est une autre alîaire! Alors M. le curé fait merveille. Les termes du plus pur béarnais lui viennent à la bouche et ils ont beaucoup plus de vie, de force et de couleur que les termes français, dans Féglise de Castétis. Il est vrai que, sur ce point, mon sentiment rencontre une approbation un peu inquiétante et que je ne cherchais pas : celle de M. l'instituteur, qui me dit avec une moue qu'en effet, le « patois » convient mieux que le français pour parler de ces choses. Monsieur l'instituteur, qui êtes aussi redouté du lièvre et de la perdrix que M. le curé de la truite et du goujon, nous n'infligerons pas au ciel enchanteur qui est sur nos têtes, l'injurieux spectacle d'une controverse religieuse.
Mais, vous-même, pourquoi tenez-vous à ce que les petits Béarnais disent « papa » et « maman » au lieu de païj et de may, qui sont si beaux? Les petits Béarnais n'ont pas de papa et de maman. Ils ont loupay et la may. Ce sont ces noms qui, depuis de longs siècles, touchent leurs
ribn*s «l rendent pour eux le son profond de la viiuTalion »;l do la lendressi* " soï-JP'i-ltMir.
\.v I Ml lit capital di> la question, cVstque la lan^rii^' fran^^aise, introduite dans les pays du Midi comme langue do la culture intellecluelle. n'y fit pa.H fi^'un» d'i*tran- ^«'•rt*. Fille du latin, comme le parler d*oc,
• llo fut reconnue par Pélite mi'»ridionaIe
ime seconde langue maternelle. Le rapport du fran«;ais avec la vieille langue du Midi n'est en rien comparable à son rapport avec le flamand, l'alsacien ou le bas-breloii. «• Que le gascon \ aille, disait Montaigne, si le français n'y peut aller! » Il lui aurait H6 impossible de dire : « Que le flamand y aille!... • Ce sont langues ^•eurs, rameaux du mOme arbre où coule 1.1 môme sève. Le Midi a participé autant que le Nord à Télaboration du français classique. Les langues m? vivent qu'en \«rtu «l'une « création continuée ■, comme
• lit Descartes, à laquelle les grands écri- Nains et les philosophes inventeurs coo- |.rfrit le peuple. Les grands
teurs de français que les pays d'oc ont donnés à la France s'appellent Montaigne, Montluc, Fénelon, Montesquieu, Vauvenargues, Massillon, Auguste Comte, pour ne parler que des anciens. A peine le français eut-il touché les terres méridionales qu'il y plongea des racines où il allait puiser une part de sa vie.
Oui, me dit M. Chaumié, mais vous n'avez nommé que d'illustres prosateurs.
J'attends les poètes.
Faut-il croire que la langue française, ayant si profondément pénétré dans l'esprit de nos peuples méridionaux, n'aurait pu pénétrer au même degré dans leur cœur et y rivaliser avec leur ancien langage, sirène intérieure, dont la musique les aurait toujours tenus sous le charme? Faut-il croire que le français, assimilé chez eux en toute perfection par cette région de l'âme où se forme la pensée et d'où s'élance la parole, ne l'a point été suffisamment par cette région plus reculée, plus intime, où palpitent les mouvements les plus mystérieux et les plus précieux de
; KNSKK KIIANÇAISK tOS
la sensibilité et il*où sY*lève le chant? C'est, un pou (iiflén>ninient **xpniD6e, la thèse de M. CJiauniir. Je la ferai nii(*nnis à la comlition de la priri^T rt Ar la nuancer lumnie il suit
La poésie ne suppose pas seulement les dons naturels du poêle. KUe demande une matière inspiratrice. Celte matière, le poète (si ce n'est pas un faux poète) ne la trouvera point par la recherche délibérée de la réflexion. Il faut qu'elle s'oiTre à lui d\dle-m»"'me. tout proche, vivante, captivante de douceur ou d'éclat, et riche d'asser d affinités avec lui pour lui saisir très franchement Timagination et toucher du souflh* le plus direct les cordes de la lyre. La poésie française, depuis la Renaissance jusqu'aux approches de la Hévolution, a trouvé .sa matière dans le cadre de la vie de cour ou tout au moins dans le cadre d'une civilisation urbaine supérieure, éclairée par la splendeur de l'institution royale r[ animée par le commerce de la société la plus polie, la plus délicate, la plus intelligente et la plus noble qui fût jamais, société
âOr> CINQUANTE ANS
qui ne s'intéressait pas uniquement à ses passions et à ses plaisirs, mais qui avait aussi pour lien une commune préoccupation des questions les plus générales et les plus élevées qui concernent la destinée naturelle, sociale et religieuse de Fhomme. Cette sociabilité consommée, cette curiosité de l'esprit toujours en éveil et poussée jusqu'aux profondeurs, ont eu pour effet d'enrichir de nuances infinies les sentiments humains; et la langue des poètes que ces sentiments inspiraient a dû, pour se tenir à la hauteur de son modèle, se charger,, s'orner et s'embellir elle-même de toutes les nuances admirables de la courtoisie et de l'analyse. Il ne faut pas dire, avec les Allemands, qu'elle ait perdu pour cela la naïveté. Rien de plus barbare et de plus opaque qu'un tel jugement. La sociabilité de l'ancienne France n'aurait pas été exquise si elle n'eût été faite de la naïveté et de la sincérité des âmes; son esprit analytique, que la mode précieuse faillit fausser, mais que Molière ramena dans la droite voie, gardait le sens le plus
KK fiun<;aisi
franc et le plus droit <lo la nattiri» et de la v.rilr II n*y a rien de pliin frais, de plu» [►rochf de la «io...-. .. <|ue la langue poéliqut' «iui sVsl i e clans ce milieu et
pour lui, la langue de Malherbe, de Kacine et de 1^ Fontaine, quoiqu il n'y ait jamais ri»»n eu de plus plein et de plus donse dans aucune littérature. M lis rien de ce qui est ne saurait tout i^ti merveilleux ins-
trument poétique français avait ses limites d'application. Sa magnificence rattachait au rivage. Il n'était pas approprié à chanter l'humanité dans les conditions d'existence et de pensée plus simples de l'homme des champs et de Thomme de la mer.
(filait la la modeste rançon de sa l" deur. .Nous n avons pas en langue i çaise un poème rustique ou pastoral réussi. Lit Fontaine, peintre délicieux des gens et des choses de la campagne, les peint avec l'humeur »le la ville et avec l'ironie du moraliste. Il y a de grandes beautés dans Joceiyn; mais la langue dont le poète est obligé de se servir a froid dans l'atmosph* r ' ' •■ >iitagne et dans la cabane du
berger. Tout ce que Brizeux a senti de poétique dans sa Bretagne et que l'on devine bien supérieur à ce qu'il a su dire, est exténué et affadi par un mode d'expression dont la suprême élégance, appliquée à cette matière humble et lointaine, devient factice.
La grande poésie française, éclose dans laTouraine, l'Ile-de-France, la Normandie, la Champagne, a fait l'éducation du Midi français. Mais, quant aux impressions vivantes et brillantes de la civilisation royale et parisienne qui inspiraient cette poésie et en ont entretenu le feu pendant trois siècles, il n'y participait que de loin. Elles ne lui arrivaient qu'affaibhes. Pour lui, elles n'étaient pas inspiratrices. Après la disparition des petites cours méridionales au temps des troubadours, lesquelles ne semblent d'ailleurs avoir joui que d'une fragile existence sans assises profondes dans l'état social, il n'a pu y avoir dans le Midi, de plus en plus soumis à la centralisation commune, un développement de vie urbaine assez original et assez intense pour
fournir un lujcr il t'iahi'U>ia>nii' aux IMM^lrs C.v <|nt* le Miili, i»l. vnirv toules les |»arlir> Au Mi.li. la Provenciî a conservé de propre el de grand, v " ^'^*^ une civilisation afrricole el maritime gardant l'empreinte df lu haute tradition romaine et où riioinme de la terre n est pas le « manant » ou l« » croquant • de nos poètes champenois, ni l'animal farouche qu'a vu ou cru \oir I.A Bruyère, nuiis le jktier famUia», le patriarche, graml seigneur dans son domaine, plein de dignité dans ses mœurs et gantant . ilans la grave sinipliciti' de son t'sprit, le sens de la cité et de la continuité .;, ;..... .1..^ gi'nérations.
d'un trait dominant, auquel les souvenirs des lecteurs de Mireille et du Poème du Hhône en ajouteront cent autres, II* ( li.tinp distinrt i{ui s'otTrait aux portes ihi .Mhli. Entre repo<{ue des troubailours et la venue de Mistral, ils ne l'exploitèrent |>oint, |>arce qu'ils avaient cessé de croire que leur langue fût destinée à un haut iMiiploi |>(»«'li(|ue. L'idée, d'autre part, ne leur \»'ii.iil point d'adopter, pour chanter
la beauté de la vie humaine dans le cadre de la campagne ou de la mer, la langue de Malherbe, de Corneille ou de Racine. Un juste instinct les en préservait. Et dans les sujets qu'ils traitaient en langue provençale, celle-ci semblait faire double emploi avec le français et n'en être qu'une doublure pauvre. Mais le jour où la langue provençale se trouva remise en honneur et qu'un très grand poète naquit en Provence, la force des choses, l'appel profond de la nature et de la vérité les ramenèrent au genre et aux matières de poésie pour lesquelles le provençal vaut et le français vaut beaucoup moins. Cette considération indique dans quel esprit et sous quelle perspective les Français qui aiment les lettres doivent regarder l'œuvre de Mistral. Elle doit leur apparaître comme incluse dans la littérature française à laquelle elle apporte un complément essentiel et où elle figure comme la continuation la plus directe et la plus ressemblante de la poésie des anciens.
Si la propre civilisation de la Provence,
la ci\ lit* i aiiinjim.-
t»sl i\ à ilisparultrc
isforinat iiiocraliqucA et
(ulii<(lnellos (le la vie modcrno. il semble
loive i^lre là une influence plus