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^ :iient. dans l^ontre de la pei.
tout c(' qui n'appanilt |)a> asseï libre, 4ê et serein. Klle a rendu impossible ■ laii- la période récente, riclie pourtant bien plus que celle qui Pavait pncédée immédiatement, en talents vigoureux et en t^tcs fortes, Tavènement de ciuelquesune.s «11* res grandes autorités intellectuelles ununiiurmont reconnues et saluées, comme nous en avons souvent eu en Frain ♦'. «'t qui sont nécessaires pour entretenir la commune éducation du public.
De là un second fait, également caractéristique, que Ton pourrait appeler la di.spersion du public, fait intensifié par toutes li>s causes sociales et politiques qui ont produit une diminution de la culture générale. Le temps nesl plus où certains événements littéraires touchaient d'une commune électricité toute la portion cultivée .In paN-*. le temps où la signature d'un loniancior ou d'un critique, apparaissant ilans un journal, le fai>ail acheter par tout
le monde. Ces consentements universels n'existent plus. II n'y a plus un public, mais des publics, très attachés d'ailleurs à ce qu'ils adoptent et mettant parfois à le lire et à l'admirer plus de foi que d'intelligence. Dans ces quinze dernières années, nous avons vu la jeunesse studieuse se répartir en clientèles morales, en écoles, en chapelles, passionnément suivies, et puiser, entretenir dans ces milieux une énergie spirituelle intense dont les effets ont été singulièrement précieux pour le salut français. Cette considération passe avant toute autre dans les moments de grand péril public. On n'en diminue point l'importance en exprimant le vœu de voir la vie nationale portée bientôt à un degré de sécurité et de force qui permette aux jeunes générations une formation plus libre et plus aérée de l'esprit.
La campagne qui se poursuit aujourd'hui, et de bien des côtés, contre l'autorité de l'intelligence et de la raison cessera, par l'effet môme du grand réveil intellectuel que bien des signes nous annoncent
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iiilirinili'S (|iii tir Nous ne la leur accorderons pour ri<Mi au monde; (m ruit reconnaître que la
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vent aller avii . . talion el la grandeur du cœur. S'il y a une conclusion à tirer de cet aperyu historique dont je prie, en terminant, qu'on excuse la témérité, c'est que rii»n ne saurait i^tre plus perturbateur 1*1 conduire plus droit à la barbarie des esprits et des mœurs que cette esp« rivalité «'t de querelle de préséance que Ton prétend établir entre des facultés qui ne valent que par leur enti«'»re liannônio, leur pleine et facile coopération.
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En .1" . >«*plefnl)rf 191 1, j'ai lu Vlinéide que je n'avais pas rouverte (j'avais i*u grand tort) depuis le collège.
Oh! je l'ai lue tout d abord avec bien de la nonchalance et, le long des chemins de • dmpagne où me poussait mon ennui, mon lirais laissait plus souvent pendre le volume qu'il ne le tenait sous mes yeux. Comment la force du texte poétique eùt-elle lutté avec la force des événements et arrf'té mon imagination sur la pente qui sans r»";s.» Il précipitait vers les champs tout priMlu*> on se jouait In question de la vie ou de la mort pour notre patrie, la question de la liberté ou de Fesclavage, de I honneur ou de la honte pour nos enfants?
La guerre m'avait surpris dans un petit village maritime du Pas-de-Calais d'où s'entendait souvent le canon de l'invasion et qui ne serait aujourd'hui que ruines, sang et misère sans l'infrangible digue de fer et de feu qui « de la mer à la Lys » s'est déployée au moment voulu devant les armées boches. Je ne me jugeais pas permis d'en partir. Mais comment passer les journées dont l'accablante série commençait? Le peu de temps que je pouvais consacrer à aider dans la modeste administration des besoins communaux des citoyens plus autorisés et plus entendus que moi les laissait encore bien longues entre deux retours du « communiqué » qui, là-bas, n'apparaissait que toutes les vmgt-quatre heures. Dès l'annonce de la mobihsation, j'avais, comme certainement tous mes confrères en littérature, abandonné mon chantier, je veux dire planté là les matériaux et les feuillets déjà noircis du travail que j'avais emporté de Paris pour l'achever tranquillement. Il eût fallu être un monstre, sinon sans cœur, du moins sans nerfs.
KNSfie FRANÇAISE 6«
pour écrire* on un temps paruil« quand on n'y élail |ms obligé. Que faire? Chercher des livre». Le» bons livres sont les grands consolaleii- * ^ - / - /f fiw
Ils charment fadversité, oui, mn^ il»
ne distraient pas Tattente tragique et l'angdisse. Kl à cette ineflioariti' de la consolation littéraire en général s'ajoutait, à regard de nos écrivains français les plus aimés, un sentiment douloureux qu'ont dû connaître comme moi tous ceux qui essayaient alors de tuer les heures et que j'ose à peine exprimer, maintenant que de grands fait> sauveurs lui ont ôté toute raison d'être, car il avait sans doute quelque chose de coupable, — le m<^me sentiment qui nous empéclierait de demander notre liabituel plaisir à la société d'un ami que nous saurions menacé d'un mal mortel ou de soutenir une conversation libre et agréable dans une maison autour de laquelle rôde quelque grand deuil. Nos maîtres poètes et prosateurs sont la fleur de Tarbre français : comment la respirer et jouir de
son parfum quand les coups encore redoutables de la cognée allemande l'exposaient à rouler avilie dans la boue d'un monde germanisé? Si la France succombait, vous aussi, ô Ronsard, ô Montaigne, ô Racine, ô Corneille, vous aussi vous alliez mourir; la langue des vaincus, dépouillée par la langueur et l'humilité de la servitude de tout ce que lui avait communiqué de force, d'élégance et de feu l'âme vive de leurs ancêtres, ne serait bientôt plus que le cadavre de la langue que vous avez écrite et vos fils ne sauraient plus vous entendre ; les savants allemands persuadés, nous ayant battus, de pénétrer avec plus d autorité que nous-mêmes les grandeurs et les grâces de notre passé, vous composeraient avec une grande application d'inintelligence l'accoutrement à la fois pédantesque et fade sous lequel vous seriez appelés à figurer définitivement dans le musée historique universel que leur infatigable zèle range en cercle autour du génie allemand, de la science allemande, de la vertu allemande et du canon de 420 ;
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toiubên par la conqu(>te entre les pattes de ces animuux. vous subiriez un sort mille fois pire que Sophocle ou Plalon recopiés par les scribes mi*(li»'»vaux qui ne les couiprenuient pas. niais au uioins n'y ajoutaient pas (1%'xpiications et les transcrivaient dans un esprit do religieuse modestie. (Comment échappera ces pen>« ps* Il fallait, ô maîtres, ô amis, être de t« u\ qui pouvaient vous frayer à la baïonnette le chemin d'un nouvel avenir ou avoir le cœur percé de mélancolie en entr'ouvranl vos trésors. Voilà pourquoi, dans celte misère, je m avisai de faire comme h» moine qui, trop vivement tent diable, récite une oraison où le coiur iiest pas, espérant que le cœur va suivre les lèvres. Je vais, me dis-je, lire du latin, que j'ai bien su jadis, mais que j'ai passablement oublié; TefTort absorbant de «oll.u'ien auquel cela m'obligera exerc»Td sur celte tête qui rêve trop une contrainte salutaire. Mais où me procurer du lalin dans ce village d»* pi"^cheur8? 11 y .IN. lit là quelques industriels du Nord en
vacances, chez qui je ne pensais pas en trouver, quoiqu'ils fussent pourvus de toutes sortes de biens. Mais M. le curé était plus riche qu'eux, puisqu'il possédait dans son grenier un vieux Virgile tout crasseux qu'il me prêta.
Me voilà donc trompant le mal qui rongeait tous les Français inactifs dans des combats un peu ridicules et qui n'étaient plus de mon âge avec les difficultés de la langue de VÉnéide. Je m'y échauffais quelques instants au cours de mon incessante promenade. Puis je levais les yeux sur le vaste horizon qui m'entourait. xVh! le moins sensible des hommes au beau spectacle de ces coteaux, de ces champs, de ces fermes, de ces bois, de ces dunes, de cette mer et de ce ciel si pur, n'eût pas su alors les ragarder froidement. Le Barbare les convoitait. Il avait inscrit et coté ce morceau de France dans le catalogue de ses conquêtes, il en avait supputé les richesses et réglé la mise en coupe; ses bibliothécaires en avaient rebaptisé à l'allemande les villes et les bourgs; déjà il en était
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tout proche; sa main h avançait pour le saisir; allions-noi ir son en trio '
(kmmif au chevet il un « Ire cher que nous alloiii» perdre, le souvenir nous revient de tous les jours de bonheur que nous avons vécus avec lui. ainsi nous sentions plus que jamais la douceur d*t>tre chez nous dansées h" s au moment où
nousnousi uidi- faite allait sé-
parer leur destin du nôtre. Fallait-il te dire adieu, terre aimée, située bien loin de ma terre natale, mais à qui m'ont uni des liens ailectueux et qui m\*s devenue plus chère, depuis que j'ai souffert sur ton sein la soutTrance de la patrie? Était-ce la dernière fois que je te regardais? Ne te visiterais-je plus jamais, ne te laisserais-je plus visiter par les miens, que tu rendais heureux ? Ah ! que la maison familiale fût abandonnée et qu'un temps prochain en fit une ruine, plutôt que d'avoir affaire à un gendarme allemand, à un colit>cteur allemand, à un foiu lionnaire allemand sur un sol qui tenait k notre cœur! S'il ne devait rester qu'un paiivrr coin de la France où il n'y
eût pas d'Allemands, c'est là que je me réfugierais, fallût-il apprendre à mon âge un nouveau métier pour ne pas mourir de faim. 0 cher village, et vous, paysans, marins, bonnes populations, qui ne pouviez former comme moi des projets d'exil, n'aviez-vous donc vécu, n'aviez-vous réalisé une humanité si saine et si touchante que pour finir dans les misères et les tortures de la décapitation morale? Été si beau, serais-tu le dernier été français?
L'horreur de ces pensées m'accablait.
Mais aussi elle portait en elle son remède. L'instant où j'en touchais le fond était celui où je rebondissais de confiance. La violence de ma protestation intérieure à l'idée de ce sort affreux était la plus sûre preuve qu'il ne pourrait s'accomplir, parce qu'elle m'était commune avec tous les Français et qu'elle exaltait ceux-là surtout pour qui l'annexion n'était pas une éventualité lointaine ne les touchant que par solidarité, mais une image toute proche, un souffle d'enfer qu'ils sentaient déjà passer sur leur visage. Je n'étais pas un poète désolé