‹ Cinquante ans de pensee francaiseChapitre 7 sur 21 · SR · texte numérisé non relu

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<|iii pleure tiurilf^cHtasln»pho»luslori<i «Innl la «lonlpur no seressenl qu'à unr i • rtairif alhUiilo. Jamais la dilTtrcnoi' tir pr»»ocru[mtioii» que la culture ol lo savoir entretiennent en tn» d'autres hommen et moi n nvrtit r«»inpté moins. Dans les premiers • rs il«* la guerre» comme je passais des res à attendre les nouvelles devant lu boutique du bourrelier, qui est aussi le vendeur de journaux, je fus un peu g^né de lui pr«'*5»Til ^^- ' *ibleau de paresse : c 11 nr»*5l iiin de travailler, lui

di»-je. — r/est comm»- mii monsieur. » .Ainsi, la main lui tremblait autant pour

>on cuir qu'à moi pour coudr»' Il ne se disait pasque la con<ji. ,

ique n'eût pas changé le sort d'un

petit bourrelier de campagne. Les passions

du tivisme l'occupaient seules et. dans sa

' ité, le faisaient l'égal dtî • '•'- <olide

•n pour rintelligeiH»» i- île de

la situation. Bon cela ! Il était» hélaii! trop facile à l'Allemagne de nous attaquer avec

une préparation matérielle supérieure.

Mais pour qu'elle réussît, comme son esprit épais n'en doutait point, à abattre la France, il eût fallu qu'elle l'eût surprise tout à fait inconsciente du péril, comme en 1870, ou bien inconsciente d'elle-même, ne se connaissant plus et ayant perdu la passion de vivre, d'être libre, d'être la France. Des pédants malsains, de vils docteurs avaient bien pu enseigner cette sécurité fausse et persuader à beaucoup d'excellentes gens qu'il fallait être un peu troglodyte ou halluciné pour demeurer de nos jours un patriote intraitable à la vieille mode, un patriote de la revanche ; ils avaient pu nous chanter l'infâme chanson de la lâcheté nationale sur l'air pompeux de l'humanité.

Ils avaient fait encore plus de scandale que de besogne. Un nombre respectable de têtes pensantes s'étaient obstinées à maintenir devant l'opinion le contraire de leurs dires et à dresser un mur de raison contre la débandade des idées. La masse du peuple de France avait été préservée de

DK PENSEK FHAN «•

. ain par celle vieille s i^ — . dislinctiYe qui rempi^che de riei. entendre à loul ce qui esl, comme le • pacifisme •, d*un tvpf» disgracié. Iri.Hle. g^missanl. cagol et • 1 MiiytMix IN>tir nouî*. profanes, ignorant la port< ressources militaires dont

disposait à cette heure suprrme la défense df» la pntri»». conime celle des lacunes dont ellf suiiffrait, le sentiment de celle résolution absolue des Français, de ce « vivre libres ou mourir » où se fixait maintenant TÂme de tous, nous fournissait le motif d'un acte de foi d autant plus raisonnable que c'était la seule de nos forces que le Boche, instruit et borné, n'eût pas fait entrer dans ses statistiques.

Pourtant les nouvelles ri « lairiil pas bonnes. Quand je suis rentré à Paris vers le 15 octobre, j'ai constaté que les impressions publiques ne s'y étaient pas succédé dans le même ordre que là-bas où nous surplombions, jiour ainsi dire, l'invasion. Paris ignorait riuore les lourdes suites de la bataille de Charleroi, tandis que les récits des réfugiés nous y faisaient assister

heure par heure. Le fameux communiqué « de la Somme aux Vosges », qui jeta la désolation dans la capitale, nous causa presque un soulagement. Ils n'étaient encore qu'à la Somme ! Et il me semble bien m'être rendu compte que les Parisiens atteignaient le sommet de l'inquiétude à rinstant même où nous arrivait la nouvelle (vérifiée depuis) du décampement rapide et simultané de tout ce qu'il y avait de troupes allemandes à Lille, Douai, Yalenciennes, Cambrai. On les avait vues filer vers le sud, abandonnant la mangeaille en train et laissant les bouteilles à moitié pleines. Cane marchait donc pas?

Ce fut notre premier rayon de soleil.

Le lendemain, un dimanche, vers le soir, Je rentrais au village et j'avais fermé mon livre sur la célèbre description de la Renommée :

Fama, malum quo non aliiid velocius ullum : Mohilitate vigei, viresque acquirit eundo.

Sur la place, entre la mairie, TégHsc et Fauberge, je trouvai la bavarde déesse à

DK PRNSÉE FRANÇAISF 71

TiBUvre. Mais j'observai que, contraire-

, ii'urs et ilonl M. le

(îouverneur militaire dt* Paris a bien raison i\e ne pas tenir compte dans la chasse qu'il lui donne) où elle n'est pas malfai-

safît"

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c|ui II I juji^ .11 :a. Lv> visages exprimaient la détente morale, Pespoir et déjà !•• bonheur. Que s'était-il passé? I^ veille, fierai \... avait culbuté et cerné ite-quinze mille Allemands près de ^. Et des détails, plus triomphants les nus que les autres! Depuis nos petits suc- « es d'Alsace au début, c'était la première t r. Il ne fallait pas lUre un

,. pour savoir que l'histoire no !( nr -i>lrerait pas et que soixantequinze mille Allemands ne pouvaient point avoir été cernés ce jour-là ni en ce lieu.

\l:ilw It.tiii-iliiikl iiiitl jiiii tk'4r> l't ^tiil.k r><>

devais manquer à Félémentaire devoir d'étouffer ces racontars dangereux quand ils passaient à ma portée, pourquoi, sans être nullement persuadé, ne trouvais-je pas juste de contredire? Quelle mystérieuse influence m'associait à un élan d'espérance dont je ne croyais pas le sujet réel? Je sentais ma raison comme enlevée par un léger vent d'ivresse dont l'impression s'associera toujours dans mon souvenir à la poésie fiévreuse de cette belle soirée d'été sur la place de Wissant. Je ne sais ce qui me disait qu'il ne soufflait pas en vain. Ce souffle nous murmurait des paroles littéralement trompeuses. Mais il portait une électricité sensible qui avait dû s'allumer à quelque merveille avant de parcourir l'espace. C'était le jour où, à cinquante lieues de là, Maunoury, inopinément surgi derrière le géant allemand qui fonçait, ivre d'orgueil et de Champagne, pour écraser notre armée, s'était solidement emparé de son bras droit, tandis que French, Franchet d'Esperey, Langle de Carry et Sarrail maîtrisaient ses

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