JOANN. C. XIX, V
(2) Ency. Immortale Dei. Alinéa : Non est mag^ii statuere.
nauté, s'engageant à obéir autant de temps que le pacte fondamental ne sera pas violé.
Enfin, des diverses formes gouvernementales, sous lesquelless'exerce le pouvoir, nous dirions : que si, pratiquement parlant, dans tel cas, dans tel concours de circonstances, eu égard aux idées, aux mœurs, aux aspirations, au tempérament de tel ou tel peuple, celle-ci est meilleure, et celle-là moins bonne : en spéculation, autrement dit, à les considérer en soi et dans leur être propre, monarchie ou gouvernement d'un seul, aristocratie ou gouvernement des notables, démocratie ou gouvernement du peupla par ses représentants directs, toutes sont bonnes, c'est-à-dire capables de coopérer au bien commun, en vue duquel l'autorité sociale est constituée. A cet égard, d'ailleurs, quel esprit, s'il est respectueux et soumis, peut garder quelque doute, après que l'Église s'est prononcée, comme elle vient de le faire, par son organe le plus autorisé : Jus imperii per se non est cicm ulla reipuhlicce forma necessario copulatiun (1) : La souveraineté n'est en soi nécessairement liée à aucune forme politique ; et encore : Ex variis reipublicœ generibus, modo sint ad consulendum utilitati civium per se idonea, nullum quidem Ecclesia respitU (2) : Des diverses formes de gouvernement, pourvu qu'elles soient en elles-mêmes aptes à procurer le bien des citoyens, l'Église n'en rejette aucune.
Et maintenant que ces notions, jugées nécessaires, du moins très utiles, sont établies, voyez tout notre sujet s'éclairer à cette lumière.
Le pouvoir est la condition de vie pour un peuple, et sous quelque forme gouvernementale qu'il s'exerce il vient de Dieu ; les conséquences s'imposent :
Respectez le pouvoir, respectez ceux qui le possèdent légitimement, de quelque nom qu'ils s'appellent, rois, empereurs, consuls, présidents ; respectez-les malgré leurs fautes, s'ils en font, malgré leurs vices, s'ils en ont : parce que si, d'une part, il ne faut pas demander à des hommes plus que la nature humaine ne peut donner ; d'une autre, en honorant ceux-ci, en cette qualité qui est la leur»
(l") Encyc. Immortale Dei.
(2) Encyc. Libertas, et en maints endroits de l'Encyclique auoc Français, dul& févaerl892.