‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 12 sur 223 · IV. — LE CULTE DES SAINTES IMAGES · texte numérisé non relu

IV. — LE CULTE DES SAINTES IMAGES

cours, comiDe celui de saint Jean Chrysostoine, fut lu à la troisième session du Concile de Nicée. Quand le Patriarche Jacob^ ajoutait le même Père, en sïnspirant cette fois des saintes Écritures, baisa la tunique de Joseph qu'on lui disait avoir été dévoré par une bête féroce, qui doute qu'il le fît, non par tendresse ou par honneur pour ce vêtement, en tant que vêtement, mais parcequ'il lui rni^pelait celui de ses enfants qu'il chérissait le plus, et qu'en le baisant, il lui sembhiit baiser ce fils bien-aimé. De môme le Chrétien qui salue l'Image de Jésus Christ, ou des apôtres, ou des martyrs, rapporte ce salut à Jésus Christ même, ou aux apôtres, ou aux martyrs, comme s'il les avait sous les yeux (1)... Ici, non plus, n'insistons pas davantage ; nous ne croyons pas possible de mieux établir la vraie notion du culte des saintes Images, et de la rendre plus saisissable.

Troisièmement enfin : des avantages que ce culte nous procure. C'est la doctrine, non moins que tout ce qui précède^ des anciens Pères. Entendons-les. « Faire des images, dit l'un d'eux, les mettre sous les yeux des fidèles, c'est fortifier par la peinture la créance des vérités que nous avons apprises par les oreilles; car étant composés de chair et de sang, nous avons besoin d'assurer notre âme, môme parla vue » (2). Un autre, c'est un Pape, défenseur auto- Ci) s. Léonce, évèque de Napoli, en Chypre. Rohrbagiîer. 1. 11, p. 208. — Étrange contradiction de l'erreur: au temps niênie où l'emp^reiu" iconoclaste, Constantin, décrochait des murs des églises les Images de J. C , de la Sainte Vierge et des Saints, et les jetait auleu, il voulait que les siennes propres fussent honorées, et couronnées de laurier. — Henri VIII et Elisabeth d'Angleterre, qu'on ne pouvait aborder, soit qu'ils fussent à table, ou au lit, sans fléchir le genou, traitaient d'idolâtres el faisaient mettre à mort de pauvres Catholiques, pour avoir prié devant une Image de J. C, ou de la Sainte Vierge. Rohrb.vcher, t. 10, p. 513. — Mais le plus incisif des arguments ad hontineni est celui du P. Ventura, dans un sermon prêché à Paris, vers 1854. A cette même époque, dans une des grandes villes de l'Angleteri-e, à Bristol, on devait, pour rendre une fêle publique plus divertissante, fabriquer trois mannequins, représentant la Sainte Vierge, le Pape et le carduial Wiseman ; Après qu'on les aura promenés et fouettés, disait le programme, on les jettera au feu... Que prétendent-ils donc, les protestants, disait le puissant orateur ? Est-ce qu'ils veulent fouetter et conspuer un morceau de carton ? Non ; leur pensée est que les mépris qu'ils doivent déverser sur ce carton aillent rejaillir sur les personnes. Ils ne veulent brûler ce carton que pour manifester le vœu qu'ils ont de briîler, s'il était possible, les personnes. Ainsi, comme leurs outrages ne s'arrêtent pas au carton qu'ils brûlent, mais vont jusqu'aux personnes; ainsi les hommages que nous rendons aux images des Saints, ne s'arrêtent pas au bois, au marbre, au papier, à la pierre ; ils montent jusqu'aux personnes qui régnent dans le ciel.

(2; S. Germain de Gonstantinople . Rohrbacher. t. 10, p. 500.

risé de la vraie foi contre l'hérésie des Iconoclastes, nous apprend que de son temps, au huitième siècle, les Images de Jésus Christ et des saints, peintes sur les murailles des églises, formaient le premier enseignement catéchi tique donné à l'enfance : Ces images, dit-il, les parents les montrent du doigt à leurs enfants, et les leur expliquent (1). Un autre^ c'est encore un Pape, saint Grégoire le Grand, réprimande l'évêque de Marseille, Sérénus, pour avoir aboli dans sa ville le culte des saintes Images, sous ce prétexte qu'il voulait empêcher qu'on les adorât : Tu n'aurais pas dû détruire, lui écrit le Pontife, ce qui est placé dans les éghsespour servir non à l'adoration, mais à l'instruction des ignorants. Autre chose est d'adorer l'image, autre chose d'apprendre par l'image ce qu'il faut adorer. Car, ce que l'écriture est à ceux qui savent lire, J'image peinte sur la muraille l'est à ceux qui ne le savent pas (2). Un autre enfin, mais cette fois ce n'est plus tel ou tel docteur particulier, ni même tel ou tel pape ; ce sont deux Conciles généraux, c'est-à-dire l'Église enseignante, à sa plus haute représentation. De ces deux Conciles le premier s'exprime ainsi : « Nous saisissons par l'intelligence l'Évangile dont nous entendons la lecture: quand nous contemplons les images avec nos yeux, nous sommes instruits de la môme manière; c'est-à-dire que nous apprenons une seule et même chose par deux moyens qui se soutiennent mutuelkment, la lecture et la peinture » (3). Le second n'est pas moins explicite : « Les évêques enseigneront avec soin que l'histoire des mystères de notre rédemption, telle qu'elle est représentée dans les Images ou autres symboles, doit rappeler au peuple les articles de notre foi, en maintenir et en fortifier le souvenir dans sa mémoire; de plus, que l'on peut tirer un grand profit des Images sacrées, non seulement parce qu'elles nous rappellent les bienfaits et les dons que le Christ nous a légués, mais encore parce qu'elles mettent devant nos yeux les merveilles que Dieu a opérées par les saints, et les exemples de vertu qu'ils ont donnés, exemples selon lesquels les fidèles doivent ordonner leur conduite

(1) Le pape S. Grégoire IT. Ibîd. p. 522.

(2) Ut ii qui litteras nesciunt saltem in parietibns videndo, legant qnœ légère in codicibus non valent.

(3) Second Conc. de Nicée, Ap. Goschler. Dict. Théol. t. 11, p. 283.

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