‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 122 sur 223 · XXXV. — LE VICE IMPUR, l'adultère · texte numérisé non relu

XXXV. — LE VICE IMPUR, l'adultère

•€l l'entretient, comme fait le Christ à l'égard de son Église... C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils seront deux dans une même chair... Ce sacrement est grand, oui, je le dis, grand dans le Christ et dans son Église (1)... Ainsi s'exprime saint Paul, c'est-à-dire, si nous l'entendons, que dans le mariage chrétien l'époux représente Jésus- Christ, l'épouse l'Église, la fidélité mutuelle de l'époux et de l'épouse l'attachement inviolable de Jésus-Christ à l'Église, et l'attachement inviolable de TÉglise à Jésus-Christ (2). Mais vous, époux inûdèle ù votre femme, que représentez-vous ?Mais vous épouse infidèle à votre mari, de qui êtes-vous l'image? Un ancien Père va nous le dire, dans un énergique langage : l'adultère, c'est la monnaie du démon ; il en porte l'effigie et la suscription ; vous avez commis un ndultère... vous êtes frappé à l'image du démon lAduUerium pecitnia diaboli est ; cliaholi in eo imago est, et superscriptio ; commisisti adulterlum ? accepisti numisma diaboli (3).

Mais assez dit sur l'adultère.

Et cependant tout le sujet n'est pas épuisé. Le sens littéral, strict, n'est pas tout le sens des mots qui expriment le sixième Commandement. Ilya le sens large, non moins usité, et non moins légitime que le premier, parce que, en définitive, les mots ont la signification que les hommes, et Dieu encore mieux que les hommes, y attachent. De môme donc, dit saint Augustin, que Dieu en défendant le vol, comme nous aurons à le dire en son lieu, défend tous les genres et espèces de vol, de même en condamnant l'adultère, non mœchaberis, il condamne le vice impur, de quelque nature qu'il soit, de quelque nom qu'il s'appelle (4). Ce que dit saint Augustin, le Catéchisme Romain le répète, c'est l'enseignement de toute la Théologie : Hoc adulterii interdicto facile intelligimus omne impuritatis et impudiciti ger;us, quo pollui^ iur corpus prohiberi ; immo vero omnem intimam animi libidinem, hoc prœcepto i>etitam, esse (h),

(i) Eph. c. V, V. 32.

(2) Matrimoniura habet perfectam firmitatem, in quantum significal indivisibilem con4 Junctionpm Chiisii et Ecclesiae. S. Thom. Supp. q. 49. art. 6. ad. 1. i?,) Oiigèiiu. S\). Michacirm Vivien, t. 1. p. 49. (4' S. Ai;gust. QuaDst. 71 in Exod.

\b) Catech. liom. — Cornélius a. Lap. dit de même : Ex parteenim notiori et famo»

Par conséquent, et pour ne donner à cette pensée qu'un très court développement, le seul d'ailleurs qui convienne ici :

Non 'inœchaberis, c'est-à-dire, vous ne commettrez aucun péché d'impureté, ni par vos sens extérieurs, par le regard, par le Coucher, par Toute, pa?r la parole ; ni par vos sens intérieurs, par l'imaginatkm, par la pensée, par la complaisance délibérée, par le désir consenti : Omnis qui viderit tnulieretn ad concupiscendam eam, jmn mœchatus est in corde suo (1).

Non mœchaberis, c'est-à-dire, vous ne commettrez aucun péché d'-is^uri'eté consommée, ni la fornication, ni le stupre, ni le rapt, ni lïnceste, péchés énormes, dont un seul, fût-il le moindre, suffit à faire perdre l'héritage du Christ ; Omnis fornicator, aut vfirmundzcs, nonhabet hcereditatem in regno Christi (2).

No7i mœehaberis, c'est-à-dire, vous ne profanerez pas plus votre corps, que le cwps d'autrui ; loin de souiller les sources de la v-ie, et4e les tarir, voiij^les garderez intactes pour le temps où vous serez appelé à l'hoitHeur de la paternité, par Celui de qui toute psrteî'^ftité dérive (3) ; faii'-e autrement, c'est s'exclure du royaume des Gieux : Neqite mo-lies regnum Del possidebunt (4).

Nonmœchaberi'S, c'esi-2.-àire,Y0\jts aui-ez en horreur ces amours iôfômes, qui attirèrent autrefois sur Sodome et les villes voisines le^fcu du ciel (5), et ces pratiques plus abominables encore, par lesquelles l'homme, qui s'y livre, se ravale au niveau de la bête, et Irti devient semblable : Homo, eicm in honore esset, non intelleoGit: cwnparatus est jumentis insipientibus, et similis factus est mis {^),

Aux jours heureux, où, maître de son cœur, il marchait dans la voie droite, Salomon disait : Gomme je savais bien que je ne pouvais avoir la continence, gardienne de la pureté, si Dieu ne me la doanait, je me suis adressé au Seigneur, pour qu'il me fit ce

siûri; ÏHite moecbia, srve adulterio, totum libidinis genus, oruûesque ejus species intelligi volait Deus. In cap. 5. Deutex,

(1) Matth. c. V, V. 28.

(2) Eph, c. V, V. 5.

<3) Eph. c. m, V. IS.

(4) 1. Cor. c. VI, v. 10.

(5) Gen. cap. XIX.

(6)PSAL. XLVIUi

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