‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 127 sur 223 · XXXVT. — CAUSES DU PÉCHÉ IMPUR · texte numérisé non relu

XXXVT. — CAUSES DU PÉCHÉ IMPUR

prendre. Ne fallait-il pas rechercher les causes du péché impur, •avant d'en montrer les suites, et d'en indiquer les remèdes ?

O mon Dieu, donnez grâce et faveur à mes paroles. Inspirer de l'horreur pour le mal et faire aimer la vertu, c'est le plus ardent de mes vœux ; et voir ce vœu s'accomplir, la plus enviée des ré- <:ompenses

SIXIEME COMMANDEMENT

TROISIÈME PRONE Les suites du péché impur

Non mœchaberis.

Vous ne commettrez point de péché impur.

Multa divinœ animadversionis exempla

in sacris littevis prodita sunt, quae ad de-

terrendos a liefaria libidihe homines pa-

rochus colligere poterit... Qui vero mortem

effugiuiit, intolefabiles tamen dolores ac

pœnarum cruciatus quibus sœpe plec-

tantur, non effugiunt.

Catech. Rom.

Nous avons dit, dans la précédente Instruction, quelles sont les causes du péché impur : l'intempérance, cause de péché impur ; l'oisiveté, cause de péché impur; l'immodestie des regards, cause de péché impur ; l'excès de recherche dans le vêtement, cause de péché impur; la licence des paroles et des écrits, cause de péché impur ; la danse, cause de péché impur ; les spectacles, cause de péché impur. Après les causes, les suites, les suites du péché impur. Aussi bien, le Catéchisme Romain recommande instamment aux pasteurs de traiter ce sujet, ad deterrendos a nefaria libidine homines, en vue d'arrêter leurs fidèles sur une pente fatale, au terme de laquelle ils trouveraient la mort, et toutes sortes de maux. C'est pour obéir à cette recommandation que nous prenons la parole. Dieu nous aide de sa grâce..:

358 LE DÉCALOGLE

Les suites du péché impur :

Et d'abord, j'appelle de ce nom, les châtiments que la justice divine lui a infligés, en différents temps. Ne rappelons ici que ceux dont les Saintes Écritures nous fournissent le récit, et dans lesquels la main de Dieu s'est montrée d'une manière plus visible : le déluge, l'embrasement de Sodome^etde Gomorrhe, la mort instantanée et violente d'Onan, les maux qui affligèrent David en la seconde moitié de son règne.

Le déluge. Ouvrons les Écritures, et lisons : Toute chair avait corrompu sa voie, c'est-à-dire, comme l'expliquent les commentateurs tous les hommes étaient plongésdans les plaisirs de la chair, et ne vivaient plus qu'à la manière des bêtes : Mon esprit ne saurait demeurer avec eux plus longtemps, s'écrie le Saigneur, je les exterminerai: Non permanebit spiritus meus in homine, quia caro est... delebo eos (1). Et voici que les sources de l'abîme se rompent, que les cataractes du ciel s'ouvrent, que la pluie tombe à flots pendant quarante jours et quarante nuits, que les eiux s'amoncellent et finissent par couvrir même les plus hautes montagnes. A l'exception de huit vies humaines qui ont trouvé gi-àce devant le Seigneur, et qu'il garde pour repeupler la terre, le déluge emporte tout le reste (2).

L'embrasement de Sodome et de Gomorrhe. Les habitants de ces deux villes, et de trois autres qui ne sont pas nommées, étaient devenus les plus abominables des hommes. Du premier au dernier hommes, femmes,'vieillards, enfants même, tous se livraient aux plus odieuses pratiques du péché impur. Le cri de leurs crimes est venu jusqu'à moi, dit le Seigneur; je descendrai et je verrai (3). Il descend donc, et U voit... et il verse sur ces infâmes, ' non plus un déluge d'eau, comme au temps de Noé, mais une pluie de feu et de soufre : /^'ï^î^ï' Dominus pluit super Sodomam et Gomorrham sulfur et ignem (4-). Hormis Loth, sa femme, ses filles et ses gendres, tous les autres périssent, et en toute cette rè'5-ion que la colère divine vient de visiter, il ne se trouve plus rien qui vive, pas même un brin d'herbe. C'est le texte sacré qui.

(1) Gen . cap. VI.

(2) Luc. c. XVII, V. 27.

(3) Gen. c. xviii, v. 21.

!(4) Gen. c. XIX, v. 24.

XXXVir. — LES SUITES DU PÉCDÉ IMPUR 359

le dit : Et subveriit civitates has, elomnem circa regionem, universos habilatores urbiiun, et cuncta lerrœ virentia (1).

La mort instantanée et violente d'Onan. Qu'était-ce qu'Onan? Un des fils de Juda lils de Jacob, et l'époux de Tha nar, veuve sans enfants deHer frère d'Onan. Quel crime avait commis Onan, ou. plutôt quel crime commettait-il, caria Sainte Écriture indique assez qu'il était coutumier du fait qu'elle lui reproche, faceret ? Il commettait habituellement un crime détestable, rem detestabilem, un péché impur de la pire espèce. Non seulement il allait à rencontre d'une prescription légale propre au peuple hébreu, en vertu de laquelle il devait susciter des enfants à son frère mort sans postérité (2), mais il violait une des plus saintes lois de la nature, il s'opposait par un égoïsme calculé à l'action créatrice de Dieu; parlons plus clairement encore, tout en ne disant que ce qu'il faut, il usait du mariage, non selon l'une des fins* pour lesquelles il a été institué, qui est que par son moyen les familles se perpétuent, et par les familles la race, mais pour satisfaire une passion toute charnelle. C'est pourquoi le Seigneur le fait périr de mort instantanée et violente, vraisemblablement par le ministère de quelque ange exterminateur, pour montrer à qui serait tenté de l'imiter que ce crime ne peut toujours rester impuni : Iclcirco perciissit eum Dominus quocl rem faceret detestabilem (3).

Les maux qui affligèrent David en la seconde moitié de son règne. Déjà vous* n'ignorez plus de quelles fautes énormes il s'était rendu coupable, lui, jusque là l'homme selon le cœur de Dieu. Nous les avons rappelées dans la précédente Instruction. Alors qu'il eût dû se mettre à la tête de ses armées et conduire la guerre, David est resté oisif dans son palais. Amolli par un repos hors de saison, il commet un adultère, puis bientôt un second crime, pour couvrir le premier, un homicide. Un an entier se passe sans qu'il paraisse avoir conscience de son état. Il faut que le prophète Nathan vienne de la part du Seigneur, et déchire les voiles : Le coupable, lui dit l'homme de Dieu, ce n'est pas le personnage ûctif de l'apologue que vous venez d'entendre ; le coupable, l'homme de rapine et de sang, c'est vous : Tues ille vir... C'est pourquoi, dès

(1) Ibid. V. XXV.

(2; Deut. c. XXV, V. 5.

3) Gen. c. xxxvui, V. 10.

maintenant le glaive de la justice divine sera dans votre maison, et n'en sortira pins désormais : Qica/m ob rem non recedet gladius de domo tua usque in sempiternuni. Les maux fondront sur vous de toute part, et vous viendront de ceux-là mêmes qui habitent sous votre toit : Ilaque hoc dicit Doniinus : Ecce ego suscitabo super te inalum de domo tica. Vous avez dissimulé votre faute : la vengeance sera publique, elle éclatera à la lumière du soleil, et tout Israël en sera témoin : 2'« aitiem fecisli abscondite ', aulem faciam verbion istud in conspectu omnis Israël, et in consvectu salis (1)... Après qu'il eut dit ces choses, Nathan se retira. Mais les mnux qu'il laissait suspendus sur la tête du roi, arrivèrent en leur temps, et delà manière dont il avait reçu ordre de les prédire.

J'en ai fini avec les châtiments du péché impur, dans lesquels la main de Dieu s'est montrée d'une manière plus visible. Le sujet pourtant n'est j^as épuisé : il y a encore beaucoup à dire.

Les suites du péché impur :

En second lieu, j'appelle de ce nom les fruits de mort qu'il produit en ceux qui le commettent, et par lesquels Dieu le laisse se punir lui-même.

Le péché impur trouble la raison, la pervertit ; un peu plus, il finirait par l'éteindre. Antérieurement déjà nous avons parlé des deux infâmes vieillards de Babylone ; voyons-les de nouveau. Dès là qu'ils ont conçu pour la vertueuse Suzanne une passion criminelle, les lumières naturelles de leur intelligence les abandonnent, ils ne savent plus que tourner vers la terre, à la manière des bêtes, leurs yeux pleins de convoitise ; eux, des vieillards, des magistrats, des hommes en vue, à raison des fonctions qu'ils exercent, ils ne songent ni à leur âge, ni à l'exemple qu'ils sont tenus de donner au peuple, ni, ce qui est plus inexplicable, à la j uste sévérité des jugements de Dieu ; ils sont fous : Everterunt sensum suum, et declinaveriint oçulos suos ut non vidèrent cœlum,, neque recordarentur jùdicioru^n justorum (2) Ce que nous savons de Salomon est plus lamentable encore. Quel état, et quel état I II avait éié», en son temps, le plus sage et le plus ho-

(1) Il Reg. cap. XII, V. 12.

2) Daniel, c. xiii, v. 9,

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