‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 128 sur 223 · XXXVII. — LES SUITES DU PÉCUÉ IMPUR oGl · texte numérisé non relu

XXXVII. — LES SUITES DU PÉCUÉ IMPUR oGl

noré des rois de l'Orient. Tout rempli du don de science, aucun des secrets de la nature, depuis le cèdre du Liban jusqu'au brin d'herbe qui sort de la fente d'une muraille, ne lui était inconnu. Prophète inspiré, n'avait-il pas chanté, sous le voile d'un chaste liymen, les noces plus chastes encore du Christ à venir avec l'Eglise, et de l'âme fidèle avec son Dieu ? En cela, plus heureux que David son père, n'avait-il pas bâti un temple au Seigneur, d'une magnificence sans égale, le seul qui, en ce temps d'universelle idolâtrie, appartînt au vrai Dieu ?... Mais voici que sur le déclin de sa vie, Salomon s'abandonne à un amour déréglé pour des femmes étrangères ; il ira jusqu'au bout de la déraison et de l'ignominie : après avoir adoré des idoles de chair, il fléchira le genou devant des idoles de pierre, il sacrifiera au dieu du meurtre, au dieu de l'impudicité, à tous les dieux de la gentilité : Cum jani esset senex, depravatum est cor ejus par mulieres, ut sequeretur cleos aliénas (1).., Salomon est la preuve la plus tristement convaincante de la vérité de cette parole, prononcée par lui, aux jours trop vite écoulés où des oracles pleins de sagesse sortaient de sa bouche : La sagesse ne peut demeurer dans un corps assujetti au péché, surtout au péché impur : Sapientia non habiiabit in corpore sicbdito peccatis (2)...

Le péché impur n'est pas moins destructeur de la foi, qu'ennemi de la raison. En général, tout vice, quand on y veut persévérer, conduit à la perte de la foi. Impossible de mal vivre et de bien croire, pendant longtemps. Mais c'est le vice impur, plus que tout autre, qui amène ce résultat. L'homme devenu tout chair, disons le mot de saint Paul, l'homme animal ne perçoit point les choses de Dieu, il est incapable d'y rien entendre: Animalis homo non percipit ea qicœ Dei sunt (3). Pourrait-il en être autrement? De même que d'un terrain marécageux s'élèvent des vapeurs épaisses qui obscurcissent l'atmosphère ; de même, de la boue du péché impur partent des exhalaisons telles, que les belles clartés de la foi s'en trouvent voilées et échappent aux regards (4). A.ussi, qu'a-t-on vu, dans tous les temps ? Les athées devenir libertins?

(1) m. Reg. c. XI. V. 4.

(2) Sap. c. I, V. 4.

(3) I Cor. c. ii, v. 14.

<4) Comparaison de Raineri. t. 4. p. 3i5.

Non; du moins pour l'ordinaire. Les libertins devenir athées ? Ce n'est pas rare. Qu'on y regarde de près, et cette conviction ne tardera pas à se faire dans l'esprit : la vraie cause de l'incrédulité, ce n'est pas l'incompréhensibilité des mystères que la religion nous donne à croire, mais ou l'orgueil, ou l'avarice, surtout lïmpudicité, de toutes les passions la plus commune et la plus furieuse. Qu'importe que le soleil brille de son plus vif éclat, si les yeux destinés à le voir sont des yeux chassieux, des yeux tapissés de jaunisse? Qu'importe qu'un appartement soit percé de belles et larges fenêtres, si le verre de ces fenêtres est un verre dépoli f Il en est de même ici, et ma pensée ne vous échappe point : je veux dire que les pures lumières de l'Évangile, et les chastes vérités de la religion, comme les appelle Bossuet, ne peuvent pas plus entrer dans un cœur habituellement souillé par cette passion, que les rayons du soleil, si vifs soient-ils, ne peuvent éclairer des yeux malades, ou traverser des fenêtres armées d'un verre opaque. — Mais voyons la suite :

Le péché impur est la plus dure des servitudes. Celui qui fait le péché est l'esclave du péché, surtout si c'est le péché impur : Qui facit peccatum servus est peccati (1). Le péché impur, dit saint Thomas, est un péché de très grande attache, et rien n'est ditficile comme d'en briser les mailles : Peccatum est maximœ adhœrentiœ, et difficile ex eo homo potest eripi (2). Saint Augustin le prouve par sa propre expérience, mieux encore que saint Thomas par l'autorité de sa parole. Alors que son cœur était adonné à de criminelles amours : Je soupirais, dit-il, je voyais clairement ma faiblesse, j'en rougissais, et pourtant je restais enchaîné non point par une chaîne de fer, mais par ma volonté plus dure à rompre que le fer : Suspiraham ligatus non ferro aliéna, sed mea ferrea voluntate (3). Ce premier aveu est suivi d'un second: Misérable jeune homme que j'étais ! je vous demandais la chasteté, ô mon Dieu, et en même temps je vous priais de ne me la point accorder tout de suite : At ego adolsscens miser, et valde mcôer, petebam a te castitaùemet continentiam ;

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