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XXXVII. — LES SUITES DU PÉCHÉ IMPUR

corps d'autriii, ne posséderont le royaume des Cieux : Nequefornicarii, neque aduUeri, neqiie molles, neque masciUoru7n concubitores regniim Dei possidebunt (1)... Où donc iront- ils? Dans l'étang de feu et de soufre : Fornicatoribus pars erit in stagnoardenti, in igné et sulfure (2)...

O Dieu, qui aimez les âmes, mais ne les aimez pourtant que si elles gardent votre image. . . ô Dieu, dont la volonté est que nous nous sanctifiions, que nous nous abstenions de tout péché impur, que nous sachions posséder notre corps dans la sainteté et l'honnêteté, et non point selon les désirs de la chair, comme les nations qui vous ignorent (3). . . purifiez parle feu de votre Esprit nos reins et notre cœur, c'est-à-dire tout notre être, afin que nous vous servions avec un corps chaste, et que la pureté de notre^rne voussoit agréable (4). .-

(1) I Cor. c. VI, V. 9. 10.

(2) Apoc. c. XXI, V. 8.

(3) Thess. c. IV, V, 3.

(4) In missal. Adpelendam continentiam.

SIXIÈME COMMANDEMENT

QUATRIÈME PRONE Les remèdes du péché impur.

Non mœchaberis.

Vous ne commettrez point de péché impur.

Quoniam vero a Sanctis Patribus multa tradita sunt quibus docemur domitas habere libidines et coercere voluptates, ea parochus studeat populo accurate exponere, atquein hac traditione diligentissime versetur.

Catech. Rom.

Autant nous avons mis de soin à signaler les causes du péché impur, les suites du péché impur : autant nous ne négligerons rien pour indiquer les remèdes propres à le guérir. D'ailleurs, en agir ainsi est de tradition dans l'Église. Sur ce point, comme sur tous les autres, les anciens Pères sont nos modèles : quoniatn vero a Sanctis Patribus... Après ceux-ci, tous les moralistes chrétiens, théologiens, prônistes, catéchistes, ont compris quel devoir leur incombait, à cet égard. Nous même, qui sommes le dernier ■d'entr'eux, nous n'y faillirons pas. Dieu nous aide de sa grâce...

Le Catéchisme Romain, dont la direction en cette matière est «ncore plus appréciable qu'en toute autre, à raison des difflcultés qu'elle présente, indique d'une manière générale d'abord, d'une manière particulière ensuite, les moyens à mettre en usage pour éviter le péché impur, ou pour s'en relever si par malheur on y est

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tombé; d'une manière générale : les uns, dit-il, dépendent de l'esprit : partbn quœ incogitatione consistunt, les autres consistent dans l'action : partùn quœ in actione ; d'une manière particulière, par rénumération qu'il fait de ces moyens, quel que soit le genre auquel ils appartiennent. Suivons cette marche, il n'en est' point de plus autorisée.

Et pour commencer par ceux qui dépendent de l'esprit : Le premier : c'est de réfléchir sur la turpitude du péché impur ; réflexion qui, si elle se fait avec maturité, ne peut manquer de nous en inspirer une vive horreur : Quod in cogitatione remediiun positum est, id in eo maxime versatur, ut intelligam^us quanta sit hitjus peccati turpititdo, qua cognita facilior fiet ejus delestandi ratio. Ici tout développement serait superflu. Est-il, en effet, rien de plus honteux ? Rien de plus propre à nous mettre la rougeur au front ? Saint Bernard en donne une raison très juste (1) : Quand l'homme se laisse emporter à l'orgueil, dit-il, sans nul doute, il pèche, mais il pèche en ange, parce que l'orgueil est un péché de l'esprit ; quand il succombe à l'avarice et à une tentation d'intérêt, personne ne le conteste, il pèche encore, mais il pèche en homme, parce que l'avarice est un dérèglement de la convoitise qui ne convient qu'à l'homme; mais quand il s'abandonne aux désirs impurs de la chair, cette fois ce n'est plus en ange, ni même en homme qu'il pèche, il pèche en bête, parce qu'il suit le mouvement d'une passion prédominante dans les bêtes ; d'où ce mot des Écritures, mot sévère, mais vrai : l'homme n'a pas voulu comprendre à quel degré d'honneur il avait été mis; tout au contraire, se ravalant jusqu'aux animaux sans raison, il s'est fait leur égal : Homo, cum in honore esset, non intellexit^ comparatiis est jumentis insipientibus , et similis factus est mis (2).

Le second : c'est de considérer, non moins attentivement que sa difformité, les suites funestes du péché impur : Hitjus peccati turpitiido et pernicies, dit le Catéchisme Romain. Ces suites fu-

(1) Cité d'après Boltrdaloue. Carême, t. 2. p. 81. — L'œuvre de chair, même exercée légitimement, quod fu quando honestate nuptiarian decoratur, ses auteurs la cachent soigneusement aux regards. St. Augustin. De Civit. lib. 14. cap. 18. S. Thomas. 2. 2. q. 152. art. 4. Bossuet. 6' Sem. 6' Elév. en donnent la raison.

(2) PSAL. XLYIII.

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XXXVIir. — LES REMÈDES DU PÉCHÉ IMPUR 3Gî>

■nestes, nous les avons exposées dans la précédente Instruction, ce sont les châtiments que Dieu lui inflige: et ceux par lesquels il le frappe ostensiblement, en ennemi déclaré; et ceux par lesquels il le laisse se punir lai-môme, sans intervenir d'une manière visible ; et ceux qui n'atteignent que l'âme seulement ; et ceux qui portent sur le corps et l'âme tout à la fois ; et ceux qui appartiennent au temps à venir, à l'éternité. Auquel de ces maux resterez-vous insensible ? A la perte de votre dignité, comme homme ? A la perte de votre foi, comme chrétien ? A la perte de votre honorabilité, de votre fortune, de votre santé elle-même ? Au cas même, très rare d'ailleurs, où le vice impur demeurerait heureux en ce monde et triomphant, échappera-t-il pour cela à la juste colère de Dieu, et aux redoutables coups de sa vengeance ? Nous l'avons dit déjà, nous le répétons ici, c'est saint Paul qui parle, et c'est au nom de Dieu qu'il parle : Sachez bien que tout fornicateur, tout homme immonde n'aura aucune part à l'héritage de Dieu (1)... Et encore : Ni les fornicateurs, ni les adultères, ni ceux qui souillent leur corps, ou le corps d'autrui, ne posséderont le royaume des Gieux (2)... Où iront-ils donc ? Dans l'étang de feu et de soufre, ajoute saint Jean (3)... 0 feu de la luxure, s'écrie saint Jérôme, feu infernal^ qui a l'intempérance pour aliment, l'orgueil pour flamme, les discours déshonnêtes pour étincelles, et pour châtiment la damnation éternelle : 0 ignis infernalis, luxuria, cujus materia gula, cujus flamma superbia, cujus scintillœ prava colloquia, cujus finis gehenna (4)...

Mais ce n'est pas assez de réfléchir sur la laideur du péché impur, ni même sur les châtiments qui le frappent en cette vie ou qui l'attendent dans l'autre, toutes choses pourtant si bien faites pour en inspirer l'horreur; il faut agir: Nunc ad ea remédia venîa^nus quœ 171 actione consistunt {5).

Il faut agir, c'est-à-dire, il faut veiller. C'est le mot de Jésus- Christ, saint Pierre le répète, tous les moralistes chrétiens font 'écho : Veillez, vigilate. Veillez, afin que vous n'entriez pas ea

(1) Loc. jam. cit.

(2) Ibid.

(3) Ibid.

<4) Epistol. ad Mar. et fil.

(5) Catech. Rom.

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tentation (1) . Veillez, car votre ennemi, comme un lion rugissant, tourne sans cesse autour de vous pour vous dévorer (2). Veillez, tous^et toujours, car en cette matière, de péché impur, nui n'est exempt de se tenir sur ses gardes : ni les vieillards, ce fut au déclin de sa vie que Salomon laissa son cœur se dépraver par les femmes (3) : ni les hommes de l'âge mûr, ce fut en cet âge que David tomba dans l'adultère (4) : et encore moins que tous autres, les jeunes gens, parce que, comme l'exprime admirablement saint AmbroisCj la jeunesse est plus tendre, plus inflammable, juventus ad aniorem liberlov, plus volage, plus insouciante du danger, ad lapsum incautior, plus fragile, et presque sans expérience de la vie, ad infirniUatem fragilior, plusinsensible à la correction, et aux conseils des sages, ad correctionem durior (5). Veillez donc. Un homme de ce temps, plus compétent qu'aucun autre en ces questions de stratégie spirituelle, a dit avec infiniment de raison : Le grand talent dans une guerre est de savoir surprendre l'ennemi: d'où il suit que la grande faute et le suprême malheur est de se laisser surprendre. C'est pourquoi si. après une journée de bataille, on permet à la troupe harassée de dormn, ce n'est, jamais qu'en l'entourant de sentinelles qui veillent En somme, il est manifeste que, dans ces continuels combats au milieu desquels nous vivons, la vigilance étant notre première sûreté, est aussi notre premier devoir (6) .

Il faut agir, c'est-à-dire, il faut se mortifier. La mortification est une vertu chrétienne qui nous éloigne des plaisirs défendus, et retranche même les plaisirs permis, en vue d'assurer à l'homme l'entière possession de lui-même . Il importe, dit Bossuet, que notre âme ne jouisse pas de toute sa liberté, de peur qu'elle n'aille

(l)Luc. c. XXII, V, 40.

(2) I Petr. c. V, V. 8.

(3) m Reg. c. XI, V. 4.

(4) II Reg. c. XI, v. 1.

(5)Sermo 16. Psal. 118.

(6) Mgr Gay. De la vie et des vertus clirétiennes i. 1. p. 523. — Le CardinaP Bona, lui aussi, stratégiste très exercé, dit : 11 faut dès l'approche des pensées impures, les chasser avec la promptitude que l'on met à secouer une étincelle qui tombe 8ur les vêtements. Malheur à vous, si vous vous laissez entraîner à caresser la moindre image de ce genre. La reddition d'une place est prochaine quand le gouverneur comanence à parlementer avec l'ennemi. Manuduclio ad Cœlum. c. v. traduction La.

^AUTIÉRK.

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