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XXXVIII. — LES REMÈDES DU PÉCUÉ IMPUR

prophète l'avait prédit (l) ; qu'il est un antidote merveilleux par la vertu duquel nous sommes délivrés de nos fautes journalières, et préservés de celles qui sont mortelles (2) ; que nous unissant, nous incorporant à Jésus-Christ, nous faisant vivre de son esprit, il est plus apte que tout autre, à tempérer les ardeurs maladives de l'âme, à émousser, et, à la longue, à amortir l'aiguillon de la chair, à éteindre les feux de la convoitise, finalement à vivifier tout l'être spirituel par des accroissements successifs de grâce sanctifiante et un don plus large de grâce sacramentelle... Ditesnous-le, grand et aimable Docteur qui avez fait venir tant d'âmes au banquet sacré : Il est impossible de vivre de cette chair de vie, et de mourir de la mort du péché (3).

0 mon Dieu, vous l'avez voulu ainsi : la vie de l'homme ici-bas est un combat continuel, un vrai service de guerre, militia. Qu'ils sont nombreux, nos ennemis, nombreux et puissants î Les plus terribles sont ceux-là mêmes que nous portons au dedans de nous : Inimici hominis domestici ejus ! Mais aussi, que d'auxiliaires prompts à venir au premier appel ! Que d'arsenaux tout remplis d'armes offensives et défensives I Non, certes, les secours ne nous manquent pas ; fasse votre grâce, ô mon Dieu, que nous ne manquions pas aux secours. . .

(1) Zacii. c. IX, V, 17.

(2) Conc. Trid. Sess. 13. c. ii.

(3) S. François de Sales, Vie dévote 2* partie, ch. xx, xxi.

SIXIÈME COMMANDEMENT

CINQUIÈME PRONE La chasteté

No7i mœchaberis.

Vous ne commettrez point le péché impur.

Docendi sunt fidèles ac vehementer hortandi, ut pudicitiam et continentiam omni studio colant mundentque se ab omni inquinamcnto carnis et spirilus, perficientes sanctlficalionem in timoré Dei.

Catech. Rom,

Le péché impur en général, et plus particulièrement l'adultère^ objet de la défense portée par le sixième Commandement ; lescauses du péché impur; les remèdes du péché impur : toutes ces choses ont été dites dans les quatre Instructions précédentes. Mais la matière n'est pas épuisée pour cela. Le sixième Commandement n'est pas moins préceplif que prohibitif. Autrement dit : le contraire de ce qu'il défend, il l'ordonne. Laissons parler le Catéchisme Romain : Il C-siut apprendre aux fidèles qu'ils sont obligés, en vertu de ce précepte, de garder la chasteté et la continence, et de se tenir purs de tout ce qui souille la chair et l'esprit, achevant ainsi l'œuvre de sanctification dans la crainte de Dieu. C'est pourquoi, ajoute-t-il, les pasteurs leur adresseront, à cet égard, les plus vives exhortations, et feront observer que si la. chasteté brille d'un éclat plus particulier en ceux qui gardent religieusement la sainte virginité, elle ne laisse pas que de pouvoir

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être pratiquée aussi par ceux qui vivent dans le célibat, et même par ceux qui, conjoints par le mariage, s'abstiennent avec soin de tout plaisir défendu. . . De ce moment le devoir est tracé. Dieu nous fasse la grâce de l'accomplir en toute droiture de cœur, et convenance de langage...

C'est la judicieuse remarque du pape saint Grégoire, en sa trente •deuxième Homélie, qu'il en est des maladies de l'âme à guérir» comme des maladies corporelles elles-mêmes : de même donc que l'on traite celles-ci par leurs contraires, le froid par le chaud, et le chaud par le froid : de même, en bon médecin qu'il est, Notre- Seigneur a voulu que celles-là, les maladies de l'âme, trouvassent leur remède, chacune dans la vertu qui lui est opposée, et que ceux qui en sont atteints l'y cherchassent, par exemple les avares dans la libéralité, les lubriques dans la chasteté, les irascibles dans la douceur, les orgueilleux dans l'humilité. Citons ce beau texte dans sa langue d'origine ; étant mieux exprimée, la pensée ne pourra que gagner en netteté.: '^icut arte medicinœ, calida frigidis, frigidn caJidh curanhir: if a Dominus noster contraria opposuit medicamenta peccalis, ut lubricis continentiam, tenacibus largïfatem, iracundis mansuetiidinem, elatis prœcipe' ret liiimilitatein (1).

Mais cette vertu de chasteté, car de toutes celles que nous venons de Tiommer, elle est la seule qui nous doive occuper ici, cette Tertu de chasteté, disons-nous, qu'une thérapeutique sévère et bien conduite a à opposer au plus furieux penchant de notre nature viciée : qui peut ? qui doit la pratiquer ?

Qui peut la pratiquer. . De soi-même, et en vertu de ses propres forces : personne : Nemo continens, nisiDeus det, nul état de vie n'est tellement saint, ni aucun âge si avancé, ni les sens à ce point refroidis, que le vice impur ne puisse avoir des retours soudains et terribles. INfais Dieu étant prié, et nous venant en aide de sa grâce, qui peut la pratiquer? tout le monde; vous n'avez pas oublié les deux beaux enseignements dp l'Église, l'un général, à savoir, que Dieu ne nous commande rien d'impossible, que ce. que nous croyons tel en nous le commandant Dieu nous avertit de faire ce que nous pouvons, de demander ce que nous ne pou-

(1) Brev. Hùm C>.)\i unius \n«i\y 2 loC lecl, 7.

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