‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 135 sur 223 · XXXIX. — LA CDASTETE ùùJ · texte numérisé non relu

XXXIX. — LA CDASTETE ùùJ

nom de la Société qui en soulTre cruellement, ne posez pas des limites à l'action créatrice ; ne faites pas la chose détestable, c'est ainsi que l'Écriture la qualifie, que faisait Onan (1). Enfin, époux, soyez chastes, c'est-à-dire, que si de mauvaise foi, \ous avez contracté mariage avec un empêchement qui frappe votre union d'une nullité radicale, rentrez dans l'ordre par la voie d'une réhabilitation que l'Église ne refuse jamais, chaque fois qu'elle peutl'accorder. Autrement votre mariage ne serait rien de plus qu'un concubinage déguisé. Mais c'en est assez sur ce sujet.

Troisièmement, ceux dont l'union a été brisée par la mort de leur conjoint , je veux dire les veufs et les veuves. Eux aussi, qu'ils soient chastes; quïls le soient, une fois sortis du mariage, dans la même mesure que ceux qui n'y sont pas encore entrés Saint Paul recommande à son disciple Timothée d'honorer lesveuves, qui sont de vraies veuves: Yiditas honora, qicœ vere viduœ sunt (2). Mais la veuve vraiment veuve, qui est-elle? Cellequi après avoir versé quelques larmes, s'apprête déjà à s'engager dans de nouveaux liens? Non, certes. Celle qui sans songer précisément à convoler à d'autres noces, ne laisse pas cependant quede vivre dans le relâchement et la mollesse ? Pas davantage : cette veuve-là, dit saint Paul, bien que vivante en apparence, est morte en réalité : 7iain quœ in deliciis est, vivons mortua est (3), parceque, ajoute Bossuet qui le commente, oubliant le deuil éternel e ^e caractère de désolation qui fait le soutien et comme la gioirede son état, elle s'abandonne aux joies du monde (4). Quelle est donc la veuve vraiment veuve ? Le même saint Paul va nous le dire : Celle qui pouvant se remarier, car en droit rigoureux les secondes noces n'ont jamais été défendues, n'en sera pourtant que plus heureuse si elle ne le fait pas, sans doute parce qu'il lui sera plus facile d'être chaste : Beatior autem erit, si sic permanserit (5); celle qui renonçant pour tout de bon à un autre engagement, s'emploie le plus activement possible au sage gouvernement de sa maison, devoir sacré dont on ne s'acquitte jamais-

1)Gen. c. xxxviii, V. 10.

(2) I TiMOTH. c. V, V. 3.

(3) Ibid. V. 6.

(4) Oraison funèbre d'Anne de Gonzague (5)1 GOR. c. VII, Y. 40.

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mieux que quand on est chaste : Si quœ aiitem vidiiafilios habet, discaiprimum domicm sumn regere {Y); celle enfin qui s'ensevelissant pour ainsi dire elle-même dans le tombeau de son époux, ■et y enterrant tout amour humain, se confie en Dieu, le prie jour €t nuit, et concentre en lui seul toutes ses affections, ce qui équivaut manifestement à être chaste : quœ autem vere indita est et desolàta, speret in Deu?n, et instet obsecrationibus et orationihus nocte ac die (2). Ainsi, c'est entendu, d'après saint Paul, la veuve vraiment veuve, c'est celle qui est chaste. Et si les exemples peuvent ajouter quelque chose aux paroles: la veuve vraiment veuve, c'est Judith, vers laquelle, après la délivrance de Béthulie, le grand prêtre Joachim s'avance, pour lui dire au nom de tout le peuple : Parce que vous avez aimé la chasteté ; parce que vous n'avez pas pris un autre mari, la main de Dieu vous a fortifiée, et vous serez éternellement bénie (3)... C'est la prophétesse Anne, elle aussi, tant louée à cause de sa chasteté, et pour cela même jugée digne d'être une des premières à connaître le Messie, et à le iaire connaître aux autres : Elle était de la tribu d'Aser, dit l'évangéliste saint Luc, fille de Phanuel ; après avoir passé sept ans seulement avec son mari, qu'elle avait épousé toute jeune, elle demeura veuve jusqu'à quatre-vingt-quatre ans; sa vertu était telle, qu'entièrement séparée du monde, elle servait Dieu nuit et jour dans l'exercice du jeûne et de la prière ; et elle avait reçu le don de prophétie, et elle parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël (4)... Et dans les siècles chrétiens, c'est sainte Monique, sainte Françoise Romaine, sainte Marguerite d'Ecosse, sainte Elisabeth de Portugal, sainte Hedwige de Pologne, et des milliers d'autres, que leur chasteté, inviolablement gardée dans l'état de viduité, a fait placer par l'Église, dans sa Liturgie, après les vierges, sans doute, mais sur la même ligne (5).

Quatrièmement enfin, ceux qui n'entreront jamais dans l'état du mariage, parce qu'ils s'en sont fermé la porte, soit par une réso-

(1) I TiMOTH. C. V, V. 4.

(2)Ibid. V. 5.

(3) Judith, c. xv. v. 10 et 11.

(4) Luc. c. II, V, 36 et seqq.

(5) Omnes sanctae vii'gines et viduae.

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