‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 171 sur 223 · XLIX. — LA CONCUPISCENCE · texte numérisé non relu

XLIX. — LA CONCUPISCENCE

l'approche de la pensée impure, la chasser avec la promptitude que l'on met à secouer une étincelle qui tombe sur le vêtement ; ou tout au moins vouloir appliquer son esprit à un autre objet qui l'en divertisse ?

La seconde : si la volonté est requise, comme condition indispensable pour pécher, est-il nécessaire, dans la matière qui nous occupe, que le volontaire soit direct, c'est-à-dire que la chose voulue le soit en elle-même? Ou bien, suffît-il que le volontaire soit indirect, c'est-à-dire que la chose voulue le soit dans sa cause seulement? Réponse : Il suffit que le volontaire soit indirect, autrement dit, qu'un acte soit posé, duquel va sortir un éveil de la concupiscence, facile à prévoir, parce qu'il en sort en effet, sinon nécessairement et toujours, du moins le plus habituellement et dans la presque totalité des cas. Par exemple : vous lisez toutes sortes de livres mauvais, vous assistez à toutes sortes de spectacles dangereux, vous regardez toutes sortes d'objets séduisants, vous fréquentez toutes sortes de personnes d'une moralité douteuse, vous écoutez toutes sortes de discours déshonnêtes, finalement vous accordez toutes sortes de libertés à vos sens... Ce serait miracle vraiment, si la concupiscence restait endormie au milieu de tant de choses, toutes propres à l'éveiller ! Jette-t-on de l'huile sur le feu pour l'éteindre? Peut-il espérer de conserver la vie, celui qui avale du poison ? Un trésor est-il en sûreté, là où se trouvent des voleurs ? N'est-ce pas aller au devant des blessures que d'ouvrir la porte à l'ennemi et lui fournir des armes dans sa propre maison ? Vous lisez tel livre mauvais, vous assistez à tel spectacle dangereux, vous regardez tel objet séduisant, vous écoutez tel discours déshonnète, vous fréquentez telle personne de moralité douteuse, vous accordez telle liberté à celui-ci ou à celui-là de vos sens : toutes ces choses, causes de péché, sont péchés ; tous les effets qui s'ensuivent, prévus, et voulus dans leur cause, sont péchés : causes et effets, péchés ; péchés distincts ; les uns ne sont pas les autres, et chacun d'eux doit être accusé en confession.

Conclusion : Il n'est presque pas une seule page dans les Saintes Écritures où elle ne soit exprimée. La voilà au Livre de l'Ecclésiastique : Post concupiscentias tuas non eas (1) : Ne courez.

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