‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 21 sur 223 · VI. — PÉCHÉS CONTRE LE PREMIER COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

VI. — PÉCHÉS CONTRE LE PREMIER COMMANDEMENT

Méchant se croira assuré de son triomphe, c'est alors qu'il sera^ vaincu, et pour toujours (1). Quant au temps présent, quelle conjuration contre le Seigneur et contre son Christ ! Quels complots furent jamais mieux ourdis ! Quelle attaque fut jamais plus habilement conduite ! C'est comme il est dit au psaume deuxième : Astiterunt reges terrœ, et pri7icipes convenerunt in unum adversics Bo7ninuin et adversus Christion ejus (2)... Nous, les zélateurs du vrai Dieu, prenons rang pour combattre les bons combats. Au cri de haine, poussé autrefois par le Juif furieux, et devenu aujourd'hui le cri de guerre : Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous : Nolinnus hune regnare super nos... opposons le mot de saint Paul, et faisons-en notre mot de ralliement : Il faut qu'il régne : Oportet autem illum regnare ; il faut qu'il règne dès maintenant, même avant qu'il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds, et les ait réduits à l'impossibilité de lui nuire : Oportet autem illum regnare, donec ponat omnes, inimicos suh pedibus ejus (3),„

<4) II Thess: c. 2, v.8.

<2) PSAL.C. 2, V. 2.

<3) ICoR. C.15, V. 2o.

PREMIER COMMANDEMEOT

SEPTIÈME PRONE Péchés contre le preimer Commandeoient. Faux culte étn vrai Dîen.

Non habebis deos alienos coram me.

Vous n'aurez point d'autres dieux que moi.

Superstilio est vitium r^igioni opposJtum, quia exhibet caltum divkiuH», vel cui non débet, vel eo modo quo non débet.

S. Thom, 2. 2. q. 92, art. 1.

C'est l'enseignement du Docteur angélique, saint Thomas, et de toute la théologie, que l'on peut pécher contre le premi-eï Commandement de Dieu, de deux manières. La première : en rendant à une créature, de quelque ordre qu'elle soit, douée de raison ou irraisonnable, animée ou inanimée, le culte suprême qui n'est dû qu'à Dieu : tel le culte des idoles, tel le culte du démon, avec ses dérivés, la magie, le maléfice, la divination, toutes choses dont nous avons parlé d-ans tes deux précédente-s Instructions. La seconde: en rendant à IMeu seul, il est vrai, le culte qui lui appartient, mais par des mo^^ens iîfégitina^s, et des pratiques qu'il n'approuve pa«. Ce culte, juste poor Fobjet qu'il vise, mais vicieux quant au mode qu'il ^apioèe, nous l'appelons faux culte du vrai Bieu ; et nous aM'&as dii»e pourquoi nous l'appelons ainsi. Dieu nous aide de sa grâce . . .

Et d'abord, nous appelons du nom de fauœ cvMe du vrai JDieu, et nous le qualifions tout de suite de péché très grave, tout culte

dans lequel, encore qu'il ait ]e vrai Dieu pour objet, on intro., duit un mensonge, une fausseté, ou même simplement quelque notable exagération : parce que, comme le dit saint Thomas, après saint Augustin, le mensonge n'est jamais aussi pernicieux, que quand il atteint la religion elle-même: Me7iclacmm 7naxim} perniciosiim est,quod fit in his quœ ad christianani religionem pertinent (1). Mnsi par exemple, faux culte du vrai Dieu, ou du moins en danger de le devenir: se servir d'une liturgie autre que celles approuvées, ou pour aller jusqu'à l'extrême, tolérées par l'Église, parce que, autant l'Église universelle est infaillible en cette matière, du mode d'honorer Dieu; autant une Église particulière, ou se disant telle, ne l'est pas, et peut laisser quelque erreur se glisser dans les rites qu'elle adopte, ou qu'elle crée. — Faux culte dic vrai Dieu: exercer les fonctions d'un Ordre sacré, auquel on n'a pas été promu par une ordination légitime, parce que, comme le dit saint Paul dans sa belle lettre aux Hébreux: Il n'est pas loisible à quiconque de s'ingérer dans les choses saintes : celui-là seul le peut, qui a été appelé de Dieu, à la manière d'Aaron : Nec quisquam sumit sibi honorem; sed qui vocatur a Deo,tanquam Aaron (2). — Faux culte du vrai Dieu : exposer dans une église, qui est le lieu propre au culte de Dieu, telle statue, telle image, telle représentation ou symbole, qui puisse induire à quelque fausse doctrine, ou donner occasion à des personnes peu instruites de tomber dans quelque erreur dangereuse : c'est pourquoi vous entendez le saint Concile de Trente prescrire qu'il ne soit permis à qui que ce soit de mettre aucune image extraordinaire et nouvelle, nulle part, surtout dans une église, de quelque privilège qu'elle jouisse d'ailleurs, sans l'approbation de l'Evêque (3). — Faux culte du vrai Dieu : invoquer publiquement comme saints des personnages qui ne le sont point, ou sur lesquels l'Église ne s'est pas encore prononcée ; débiter des révélations, apparitions, visions fausses, ou pour le moins équivoques ;. publier certains miracles, d'une authenticité douteuse, et les don-^

(1)S. Thom. 2. 2. q. 93. art. 1.

(2) Heb. c. 5, V. 4.

(3) Statuit S. Synodus nemini licere uUo in loco, veî ecclesia, etiam qnotnodolibefe exempta, uUatn insolitam ponere vel ponendam curare imaginem. Sess. 25. De iavo- -catione, veaeratioae, et Reiiquiis Sanctoruai, et Sacns Imu^iuibus.

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