VII. — PÉCHÉS CONTRE LE PREMIER COMMANDEMENT
nor pour vrais, quel que soit le but qu'on se propose ; exposer à la vénération des reliques de provenance suspecte, et à plus forte raison celles qui ne se recommanderaient d'aucune probabilité : faire cela, ou choses semblables, ce serait fuire acte de faussaire, dit t(-ès justement saint Thomas (1) ; c'est pourquoi l'Eglise, seul juge compétent, en tout ce qui tient à l'intégrité des croyances et à l'honneur du culte, défend d'admettre de nouveaux miracles, de nouvelles reliques, c'est encore le saint Concile qui parle en son nom, si ce n'est qu'après que l'Evoque les aura examinés et approuvés ; et il ajoute : Dès qu'il en aura été informé, il prendra avis des théologiens et autres personnes de" religion, et fera ensuite ce qu'il jugera être le plus conforme à la vérité et à la piété (2)... Qui oserait dire, après cela, sans mentir aux autres et à soi-même, que l'Église favorise la superstition ! — Et il est un dernier exemple que nous voulons ajouter aux précédents : Faux culte du vrai Dieu : se servir encore aujourd'hui, pour honorer ce seul et unique vrai Dieu, des rites et cérémonies du culte judaïque : Intempore novce legis^peractis jaiii Christi mysteriis, uti cœremoniis veteris legis{d)... non pas, à la vérité^ que cet exemple soit plus probant que les autres pour établir ce que nous voulons démontrer, mais parce qu'il nous fournit l'occasion, occasion que nous ne retrouverions peut-être plus, de dire la différence très caractérisée entre ces deux lois, dont il est si souvent question dans les catéchismes du premier âge, et dans les prônes paroissiaux, entre la loi ancienne et la loi nouvelle. L'une et l'autre données par Dieu ; l'une et l'autre ayant le même objet, c'est-à-dire le Christ rédempteur : elles diffèrent pourtant l'une de l'autre en cela, qu'on le retienne bien, au risque autrement de ne savoir pas pourquoi on est chrétien et non pas juif, elles diffèrent donc en cela: que l'une d'elles, la loi ancienne, annonçait, prédisait le Christ rédempteur à venir, tout s'y faisait en cette vue : in /îguris omnia coniingehant illis (4) ; tandis que chez l'autre, dans la loi nouvelle, rites sacramentels, rites cérémo-
(1) s. Thom. 2. 2. q. 93, art. 1.
(2) Adhibitis in concilium theologis, et aliis viris piis, ea faciat quae veritati et pietati consentanea judicaverit. Ibid.
{Z) S. Thom. Ibid.