‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 26 sur 223 · VII. — PÉCHÉS CONTRE LE PREMIER COMMANDEMENT 7T · texte numérisé non relu

VII. — PÉCHÉS CONTRE LE PREMIER COMMANDEMENT 7T

qu'ils nous soient supérieurs de beaucoup, pourtant ils ne tirent pas leur origine d'ailleurs que nous : Non enim aliunde angélus, aliunde homo. — A qui donc, alors ? A vous, ô mon Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, Dieu unique, de qui, par qui, en qui sont toutes choses, c'est vous le seul que nous devons adorer : Unum Deum, ex quo omnia, per queyn omnia, in quo omnia, ipsi gloria in sœçula sœculorinn. Amen (1) ...

(1) Rom. c. 11, V. 36. — Nous avons beaucoup abrégé ce chapitre de S. Augustin; le ire tout entier.

PREMIER COMMANDEMENT

HUITIÈME PRONE Péchés contre le premier Commandement. Le sacrilège.

Non habebis deos alienos coram me.

Vous n'aurez point d'autres dieux que moi.

Omnis virtus moralis in medic con- Eistit. Et ideo duplex vitium virtuti leligionis (quae est virtus moralis) opponitur : unum quidem secundum excesfium, aliud autem secundum defectym.

S. Thom. 2. 2. q. 92, art. 1.

C'est encore lo premier Commandement de Dieurraais nous touchons au terme.

On pèche contre ce Commandement, ou par excès, ou par défaut. Si c'est le sentiment religieux qui se trompe, ou d'objet, ou quant au mode, on pèche par excès : tel le culte des idoles ; tel le culte du démon ; tel enfin le faux culte du vrai Dieu. Dans nos précédentes Instructions, nous avons suffisamment parlé de ces divers cultes, tous 'violateurs du premier Commandement, par excès. Au contraire, lorsqu'au lieu de faire fausse route et de s'égarer, le sentiment religieux manque, ou totalement, ou plus ou moins partiellement, c'est le péché par défaut : telle, en général, l'irréligion; telle, en particulier, la tentation de Dieu, c'est-à-dire l'épreuve à laquelle on soumet Dieu, et si je puis dire, l'essai qu'on en fait, ■comme si on doutait, ou de sa bonté, ou de sa sagesse, ou de sa puissance ; telle encore la simonie, ou le trafic des choses saintes, comme si elles n'étaient estimables qu'à prix d'argent; tel enfin I0

sacrilège, duquel seul, comme péché plus grave peut-être que les précédents, plus fréquent surtout, nous allons parler dans cette Instruction. Dieu nous aide de sa grâce...

Et d'abord, par ce mot sacrilège, nous entendons avec toute la théologie : la profanation des lieux, des personnes, des choses, consacrés» à Dieu et à son culte.

Les lieux consacrés à Dieu et à son culte : ce sont principalement les églises, les chapelles publiques, les cimetières bénits. Or, on profane les cimetières bénits, en y inhumant quelque infidèle, quelque excommunié, ou même un enfant non baptisé ; les églises et chapelles: publiques, si on y entre par effraction, si on les pille, si on y dérobe une chose ou sacrée, ou même non sacrée, mais confiée à leur garde, si on les incendie, si on s'y rend coupable ou de meurtre, ou d'un péché externe de luxure, si on s'y rassemble tumultuairement, si on y fait le commerce, si on y dresse des tables pour repas, si on les transforme en prétoires pour y entendre des témoins, des plaidoiries, et y rendre des jugements en matière civile ou criminelle. Tout le monde a présente à l'esprit cette page de l'Évangile où Jésus Christ nous apparaît s'armant d'un fouet de cordes, chassant du Temple les vendeurs et les changeurs qui s'y trouvaient, renversant leurs trétaux, et disant : Cette maison, la maison de mon Père, est une maison de prière, et vous, vous en faites une maison de trafic, et par les fraudes que vous commettez, une caverne de voleurs (1)... Est-il besoin d'ajouter que c'est un manque de respect plus ou moins grave, sinon une profanation, de s'y tenir sans recueillement, sans modestie, d'y rire, d'y causer, d'y traiter d'affaires privées, d'y étaler un luxe que je suis tenté d'appeler scandaleux, comme pour s'attirer des adorations qui ne sont dues qu'à Dieu, ou bien encore d'y faire entendre, sous prétexte de religion, ou peut-être même dans un but prétendument charitable, tel chant, telle musique, tel concert, tels instruments, qui seraient mieux à leur place sur un théâtre, ou dans une assemblée mondaine.

Les personnes consacrées à Dieu et à son culte : ce sont les évêques, les prêtres, les diacres, les ministres inférieurs eux-

<1) Matth. c. 21, V. 13.

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