VIII. — péc'hês contre le premier commandement
mêmes, y compris ceux qui n'ont encore fait que le premier pas 'dans la clèricature (-1), mais dont le Seigneur est déjà la part qu'ils ont choisie ; auxquels il faut annumérer les religieux et Iles religieuses, de quelque ordre qu'ils soient, ou explicitement •ou implicitement approuvé (2) ; linalement toute personne appartenant à Dieu, ou par une ordination régulière, ou en vertu d'un vœu, ce vœu ne fût-il même qu'un vœu simple de chasteté (3). Or, on les profane, ces personnes sacrées, à quelque titre qu'elles le soient, si on les frappe, si on les mutile, si on les outrage, si on les chasse, si, sans les chasser brutalement, on les force àTexil, si on viole en leurs personnes les immunités dont l'Église est en possession. L'histoire ecclésiastique abonde en faits de ce genre, je veux "dire en sacrilèges ayant les personnes pour objet. Ne citons qu'un nom propre i<îi, quand nous en pourrions citer des centaines : Saint Thomas Beket, archevêque de Cantorberi et primat d'Angleterre. Avec quelle intrépidité n'avait-il pas défendu les libertés et les biens de son Église contre les prétentions d'un prince ombrageux et cupide ! Il allait le payer de sa vie. Des gens •de la Cour ont entendu le roi se plaindre amèrement de ce que dans tout le royaume un prêtre ose seul lui résister, et ajouter que tant qu'il l'aura pour sujet la paix est impossible. C'était assez pour ces complaisants du crime. Ils partent précipitamment et se rendent en la ville du primat, ils l'assiègent dans son église, à l'heure des vêpres, et lui fendent la tête, alors que, revêtu de ses ornements pontificaux, et à genoux, il prie devant l'autel. On fait sa fête, chaque année, au 29 décembre, trois jours après celle de saint Etienne ; c'est ce rapprochement qui inspirera plus tard à Bossuet, digne panégyriste d'un si grand homme, ces paroles : Nous avons honoré, ces derniers jours, le premier martyr de la foi ; aujourd'hui nous célébrons le triomphe du premier martyr de la discipline (4).
Enfin, les choses consacrées à Dieu et à son culte : ce sont, avant tout, les sacrements, et plus qu'aucun autre la Très Sainte Eucharistie, les divines Écritures, les vases et linges sacrés, les
(1) Cresson, n. 6,206.
(2) Ibid. n. 6,208.
(3) C'e.st le sentiment le plus probable, ap. theologos.
(4) Brev. Rom. in die 29 décemb. — Bossuet. Panégyriques.
reliques et images des saints, les rites et cérémonies, les orno' ments sacerdotaux, les biens ecclésiastiques, meubles et immeubles. Or, on les profane, toutes ces choses saintes :les sacrements,, soit qu'on les confère en état de péché mortel, ou avec un défaut notable dans la matière, dans la forme, dans l'intention, soit qu'on les reçoive sans les dispositions requises, l'Eucharistie, par exemple, si hic et nunc la conscience est souillée, ou le corps non h jeun, la Pénitence, si on se confesse sans examen, sans sincérité, sans douleur, sans le ferme propos de quitter une occasion prochaine dangereuse, de corriger une habitude mauvaise, de satisfaire à Dieu et au prochain ; les Écritures, si on s'en sert pour des superstitions, pour des œuvres impies et diaboliques, divinations, enchantements, sortilèges, si on en détourne les paroleset sentences qui y sont contenues, pour les appliquer à des sujetsinconvenants, à des railleries, à des bouffonneries, à des choses vaines et fabuleuses, à des médisances, à des calomnies, lT des libelles diffamatoires, ainsi que l'enseigne le saint Concile de Trente ; les calices et ciboires, si on y touche sans autorisation, alors même qu'ils ne renfermeraient pas les saintes Espèces, & plus forte raison mille fois, si on les brise, si on les vole — hélas 1 il n'est guère de jours, en nos temps malheureux, où quelque forfait de ce genre ne nous soit apporté par les feuilles publiques — si on les emploie à des usages profanes, à l'exemple de Balthasar que les Ecritures nous montrent se servant des vases sacrés, enlevés du temple de Jérusalem, pour un festin, en compagnie de ses officiers et de ses femmes, dans une nuit de débauche ; les croix, les saintes reliques, les saintes images, si on les renverse, si on les foule aux pieds, si on les brûle, si on les jette aux immondices, si on les mutile, comme le faisaient les Iconoclastes au huitième siècle, les Protestants au seizième, les ravageurs d'églises à la fin du siècle dernier, les abatteurs de croix dans la première moitié du nôtre ; les ornements sacerdotaux, quand on les revêt par dérision, ou qu'on les traîne sur un théâtre ; les cérémonies du culte, les rites sacramentels eux-mêmes, quand on t s'en moque, ou qu'on les parodie — ces choses sont-elles donc si rares ? N'a-t-on pas essayé de faire des baptêmes laïques, des premières communions laïques ; étranges choses, en lesquelles on ne saurait dire ce qui l'emporte, ou le ridicule, ou l'odieux — et