VIII. — PÉCnÉS CONTRE LE PREMIER COMMANDEMENT
iDesoin de la rappeler : sortons donc des Écritures. Gomment périrent la plupart des persécuteurs de l'Église, pendant les trois premiers siècles; persécuteurs et profanateurs, tout à la fois, profanateurs, non des lieux, en ce temps les chrétiens n'avaient pas de lieux, mais des personnes et des choses ? Et comment ont péri, car il n'est que juste de les adjoindre aux premiers, ceux qui à' la lin du siècle dernier ravagèrent les églises, profanèrent les tabernacles, mutilèrent les crucifix, violèrent les saintes reliques eti les saintes images ? Lactance l'a dit pour son temps ; pour le temps présent, il n'est personne qui ne le sache : beaucoup, de mort violente ; tous, de mort misérable ; en laquelle, violente ou misérable, les populations ne pouvaient s'empêcher de voir un châtiment de Dieu...
0 Dieu, préservez-nous de ce grand mal, le sacrilège. Faites par votre grâce que nous ne manquions jamais de respect, ni envers vos églises qui sont la demeure que vous avez choisie, et où vous daignez résider ; ni envers ceux des nôtres qui, tirés de la masse commune, et engagés plus étroitem^ent à votre service, ou par i l'onction qu'ils ont reçue, ou par le vœu qu'ils ont fait de n'être qu'à vous seul, sont désormais personnes sacrées ; ni envers les choses saintes, les unes qui sont faites pour être employées à votïe j culte, les autres que vous avez faites pour nous sanctifier par ; une vertu qui leur est propre, mais qu'elles tiennent de vous, les sacrements ; et parmi les sacrements, le plus auguste de tous, le \ très saint et très adorable sacrement de l'Eucharistie,,.
SECOND COMMANDEMENT
PREMIER PRONE Le jurement, ou serment.
Non assumes nomen Dei tici in imnum.
Vous ne prendrez point le nom de votre Dieu en vain.
Parocho nequaquam satis est, si do hac re générât im loquatur : sed ejusmodi locum hune esae in quo ipse diutius commorari, et quœcumque ad banc tracta tione m pertinent, distincte, dilucide accurateque apud fidèles explicai-o necesse esi.
Les enseignements contenus dans le premier Commandement de Dieu une fois mis en lumière, le Catéchisme romain trace au prôniste le devoir à accomplir relativement à l'explication du second : Vous ne prendrez point le nom de votre Dieu en vain. S'il n'en parle qu'en général, dit-il, qu'il ne croie pas avoir fait assez ; non, il lui fixut rester longtemps sur ce commandement, et en traiter avec un grand soin, d'une manière claire et distincte. ' C'est ce que nous nous proposons de faire ; et nous aurons rempli cette tâche, pensons-nous, si dans l'Instruction d'aujourd'hui, et les deux suivantes, nous présentons un bon exposé de doctrine touchant le jurement, le blasphème, le vœu. Dieu nous aide d» sa grâce...
Juixr, ou plutôt, pour ne laisser place à aucune équivoque»
90 LE DÉCALOGUB
faire un serment, c'est prendre à témoin Dieu de ce que Ton dît, ou de ce que l'on promet. D'où deux sortes de serments, l'un assertoire, l'autre promissoire.
Or, que le serment ainsi défini soit une chose sacrée, sacrameniu/^\, comme l'appelaient les Anciens, et propre à rendre gloire à Dibv'^, si d'ailleurs il est fait dans les conditions que nous expliquerons plus loin : Jes saintes Ecritures le disent, l'histoire de tous les peuples en témoigne, la raison elle-même le démontre.
Les saintes Ecritures le disent. Elles le disent au Livre du Deutéronome : Vous craindrez le Seigneur Dieu, et vous ne servirez que lui seul, et vous jurerez par son nom : Doniiaum Deum tuum timebis, et illl soli servies, ac per 7iomen illius jiirabis (1). Elles le disent au psaume quatorzième : Seigneur, qui donc sera trouvé digne d'habiter dans votre maison ? Celui qui aura fait un serment, et n'aura point trompé son prochain, en le faisant : Domine, quis habituait in iabernaculo tuo ? qui jurât proxiino suo, et non decipit (2). Elles le disent au psaume soixante deuxième : Ils seront glorifiés, tous ceux qui jurent par Dieu : Lauclabuntur oniJies qui jurant in eo (3). Pourquoi jrlorifiés, si ce n'est parce qu'ils font une œuvre qui honore Dieu ? Mais si les textes abondent, les faits sont encore plus nombre ix, et n'ont pas moins d'autorité. Nous voyons en leur temps les Patriarches faire usage du serment. Abraham jure par le SeigneuA, le Dieu Très-Haut, qu'il ne veut rien avoir du roi de Sodome, pas même un fil de son vêtement, ni une des courroies de sa chaussure (4). Eliézer jure par le Seigneur, le Dieu à qui toutes choses appartiennent, qu'il ne prendra aucune fille au pays des Infidèles, pour en faire l'épouse du fils de son maître (5). Jacob jure à Laban, son beau-père, de ne rompre jamais le pacte qu'ils viennent de conclure (6). Joseph jure à son père mourant de porter son corps en la terre de Ghanaan et de le déposer dans le tombeau de ses ancêtres (7). Plus tard, c'est David qui jure à l'une de ses épouses,
(1) Deux. c. 6, v. 13.
(2) PsAL. 14, V. 1 et 4.
(3) PSAL. 62, V. 12.
(4) Gex. c. 14, V. 23.
(5) Ibid. c. 24, v. 9.
<6) Ibid. c. 31,\-. 53.
Ç) Ibid. c. 47, V. 31.