‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 37 sur 223 · X. — LE BLASPHÈME · texte numérisé non relu

X. — LE BLASPHÈME

blasphémé le nom du Seigneur : Dicebat enim : ne forte peccaverint filii mei, et benedixerint Deo in cordibus suis. Sic faciebat Job cunctis diebus{i).

Et le devoir négatif n'est pas tout le devoir. Ce n'est pas assez de ne blasphémer jamais, il faut bénir toujours et nous écrier avec le prophète royal : Je louerai le Seigneur dans tous les temps ; sa louange sera sans cesse sur mes lèvres (2)... Nous nous réservons de le dire plus au long, le jour où s'il plaît à Dieu, nous expliquerons la première demande de l'Oraison dominicale : Que votre nom soit sanctifié...

(1) Job. c. 1. V. 5.

(2) PSAL. 33, V. 2.

DEUXIÈME COMMANDEMENT

TROISIÈME PRONE Le vœu.

Non assumes nomen Dom'ml Dei lui in vanum. Vous ne prendrez point le nom de voire Dieu en vain.

. Quod etiam (peccalum perjurii) ad eos pertinet qui, cum se voli sponsione Deoobligarunt, non prœstant,

Catecli. Rom,

Ce que sont, sons le rapport moral, le jurement et le blasphème : le jurement, de sa nature, très grave péché mortel, chaque fois qu'il manque des conditions, qui le font être un acte de religion, quand elles s'y trouvent ; le blasphème, lui aussi, de sa nature, très grave péché mortel, même le pire de tous, excusable pourtant quelquefois, le lAus souvent punissable, et en effet sévèrement puni : nous l'avons expliqué dans les deux précédentes Instructions. Après que nous aurons dit, en celle-ci, comme nous nous proposons de le faire, ce qu'est le vœu, les avantages qu'il procure, nous tiendrons notre tâche pour achevée, relativement audeuxième précepte. Dieu nous aide de sa grâce...

. La notion du vœu. Le vœu est une promesse délibérée faite à Dieu d'une chose bonne, meilleure que son contraire, avec l'intention de s'obliger.

Le vœu est une promesse, et non une résolution seulement. Entre ces deux choses, résolution et promesse, la différence est nota-

IIU LE DÉCALOGCE

ble, essentielle même. Une résolution est simplement un propos, ou si vous l'entendez mieux, un dessein. J'ai le dessein, par exemple, de faire tel pèlerinage, je ne suis pas obligé pour cela de le faire ; toute ma liberté me reste. Une promesse, au contraire, est un engagement formel pris à l'égard d'un tiers qui l'accepte, et qui le tenant pour un bien acquis n'en peut plus être dépossédé que de son consentement propre. Nous ne tarderons pas à dire qui est, ici, ce tiers.

Le vœu est une promesse délibérée. Inutile de le démontrer longuement. Dès là que le vœu engage la conscience, il doit être un acte de conscience, c'est-à-dire un acte libre, réfléchi, fait en pleine connaissance de cause. Voici, d'ailleurs, d'après saint Thomas, toute l'économie, et si j'osais dire, tout le mécanisme du vœu. Tixds opérations concourent à le former. La volonté délibère projette, s'engage. Mais la volonté ne s'engage pas avant d'avoir projeté, et elle ne projette jamais qu'après avoir délibéré. La première opération sert de support aux deux autres (1). A son défaut rien n'est fait.

Le vœu est une promesse délibérée, faite à Dieu. Dieu est ce tiers dont nous parlions tout à l'heure. C'est à Dieu seul que tout vœu se rapporte et se termine, même celui qui serait fait ou à la sainte Vierge ou àquelque srint. Le vœu est excellemment un culte de latrie (2 . Oui, ô mon Dieu, par l'engagement que je prends, d'accomplir ou telle œuvre de surérogation, ou même -telle œuvre déjà prescrite, mais susceptible d'un nouveau lien, de vous offrir une partie ou la totalité de mes biens, plus généreux encore si je m'offrais moi-même, soit que je le fasse uniquement pour vous plaire, soit que moins désintéressé j'attende de mon acte quelque avantage, encore que, pour me faire mieux agréer^ j'emploie des intermédiaires, c'est vous, et nul autre au même degré que vous, que je prétends honorer, c'est votre souverain domaine et mon entière dépendance que je reconnais, et si je demande quelque grâce en retour, je l'espère, non de mes œuvres, mais de votre seule bonté.

Le vœu est la promesse délibérée, faite à Dieu d'une chose bonne, meilleure que son contraire — d'une chose bonne : c'est

(1) 2. 2. q. 88, art. 1.

(2) Ibid. art. 5.

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