JON. C. 4. V
(2) Méditations §Mr ÏEvg,ngile^ Pe^û. sem. 83' jour.
TROISIEME COMMANDEMENT
PREMIER PRONE Le septième jonr sous la loi de nature, et sous la loi écrite.
Mémento ut diem sahhati sanctifices. Souvenez-vous de sanctifier le jour du sabbat.
Hoc legis prsecepto externus ille cul-
tus qui Deo a nobis debetur, recte at-
que ordine praescribitur ; est enim hic
veluti quidam prions prascepti fructus.
Catech. Ronu'
Les deux premiers préceptes du Décalogue expliqués, noui abordons le troisième : Mémento ut diem sabbati sanctifices : Souvenez-vous de sanctifier le jour du Sabbat. La carrière à parcourir sera longue. Le Septième jour sous la loi de nature, et sous la loi écrite ; le Dimanche sous la loi de grâce ; les œuvres défendues en ce jour ; les œuvres permises ; les œuvres prescrites ; les œuvres , particulièrement recommandées ; les œuvres simplement conseillées ; le dimanche et l'état présent des esprits ; le sabbatisme ou grand repos : pour cela dire, huit Instructions seront k peine suffisantes. Commençons et que Dieu nous vienne en aide.
Que l'homme ait le devoir de rendre à Dieu un culte non seulement intérieur, mais encore extérieur et public, et cela en vertu de la loi naturelle elle-même, nous l'avons dit assez dèâ notre seconde Instruction sur le Décalogue, pour nous croire dispensé d'y revenir.
Qu'en vertu de cette même loi naturelle, l'homme, pour accomplir le devoir qui lui incombe à cet égard, soit dans l'obligation de distraire une certaine portion, ou de chaque année, ou de chaque mois, on de chaque semaine : c'est une autre vérité non moins rigoureuse que la précédente. On ne fait bien une chose qu'à la condition d'y mettre le temps. Et de même que — en empruntant au Catéchisme romain, qui lui-même l'a tirée de saint Thomas, cette judicieuse comparaison — la nature a déterminé tel temps pour telle fonction nécessaire à la vie du corps, par exemple, un temps pour manger, un autre temps pour dormir, •et ainsi du reste : de même elle veut qu'il y ait tel ou tel temps, pendant lequel l'âme puisse se retremper, se revivifier par la méditation des vérités éternelles, et la contemplation des perfections divines.
Mais cette portion de notre existence terrestre à mettre à part, pour la faire servir au culte extérieur et public dû à Dieu : quelle ■est-elle? quelle en est la juste mesure ? Dieu l'a-t-il précisée par une loi positive, venant suppléer, ici, au silence de la loi naturelle? Car il est à remarquer, qu'autant celle-ci ne nous laisse point ignorer le devoir à accomplir, autant elle se tait sur le temps où il doive être accompli.
Pour répondre à la question que je viens de poser, et qui est capitale en cette matière : nous disons d'abord, que, dès l'origine. Dieu révéla à l'homme quels hommages il attendait de lui, et les moyens à prendre pour qu'il les lui rendît; nous disons en second lieu, sans pourtant vouloir être plus affirmatif qu'il ne le faut, qu'au nombre de ces moyens il mit l'observation de chaque septième jour, comme jour religieux, destiné à son culte (1). Lui-
(1) Sur cette question : si l'institution du septième jour est contemporaine de la création ; ou bien si elle ne date que de la promulgation de la Loi sur le mont SinaT : de ces deux sentiments, nous embrassons le premier, à la suite de Cornélius à Lapide : Deus a mundi exordio hoc primo sabbati die, illum sanctificavit, id est actu fesam instituit, colique voluit ab Adamo, ejusque posteris, sacro otio et cultp. Dei, maxime recolendo beneficium creationis suae, totiusque mundi, illo die complétas, Unde patet sabbatum fuisse festum institutum et sancitum primitus, puta ab origine mundi, hoc ipso primo mundi sabbato. Ita Ribera, Philo, Catharinus (Cokn. .àLAP. in. cap. 2 Gen.) A cet auteur, d'une si grande autorité, on peut joindre Bossuet. Elév, 8* semaine. 12* Elév. Goschler, qui dit: que les motifs de ce sentiment sont de beaucoup les plus forts j et il les expose. Dlctionn. de Théologie, au mot Sabbat, t. 51. p. Set 9. " ' '