XVI. — OEUVRE RECOMMANDÉE, LE DIMANCEE
â r]iein'c,et nous le répétons ici : quelque messe qu'on entende, en quelque église qu'on l'entende, fût-ce même en un oratoire, pourvu que ce soit un oratoire public, on satisfait au troisième CommandeniGAt, en tant qu'il est préceptif. Mais il n'y a rien de plus à dire; avancer d'un pas en cette voie serait un mal plus préjudiciable que le rigorisme lui-même. Non, l'Église n'ordonne pas, encore moins songe-t-elle à faire revivre les anciennes censures et autres peines portées contre les délinquants ;mais elle désire, elle engage, elle presse, elle veut que les évêques dans leurs mandements avertissent les peuples d'assister souvent à leurs paroisses au moins le dimanche, et aux jours de grande fête : Moneant Episcopi popidiun, ut fréquenter ad suas parochias, saltein diebus do7ninicis, et ma.joribus festis, accédant {i) ; que les pasteurs dans leurs prônes et instructions, e2.hortent, à cette même fin, les fidèles dont ils ont la charge : In praxi sane fidèles valde adhortandi sunt, ut '}nissœ parochiali fréquenter intersint [2) \ à ses yeux, toutes choses égales d'ailleurs, celui-ci est estimé bien autrement fervent, qui se fait de l'assistance à la messe paroissiale une sorte de devoir, que tel ou tel, qui, observateur ponctuel du précepte, mais s'en tenant à ce qui est strictement prescrit, n'en tend habituellement qu'une messe basse, pour cette unique raison qu'elle est mieux à sa convenance.
Deuxième raison de l'assistance à la messe paroissiale : Les avantages qu'elle procure. Ils sont nombreux, et non moins appréciables que nombreux.
C'est à la messe paroissiale, plus qu'à aucun autre signe, que la paroisse vous apparaît bien réellement telle que l'étymologie du mot qui sert à l'exprimer, vous la fait concevoir : une 7naison sous VaiUorité d'un chef, une famille, Tuapotxta; ou bien telle que l'avait constituée le droit ecclésiastique^ à l'époque, dont j'ai parlé plus haut, du sectionnement de l'Église, c'est-à-dire une image en raccourci mais parfaite de toute l'Église, une unité circonscrite dans la grande unité, une partie du tout, mais une partie ayant
(1) Concil. Trid. Sess. 22. c. 7. Dicit Concjlmru populagi debere moneri, non autern teneri. S. Liguori. Lib. 3, n. 320.
(2} GURY. n. 350.
158 LE DEOALOGUB
sa vie propre, finalement un petit monde chrétien dans le grand monde de la catholicité (1).
C'est à la messe paroissiale que l'on prie avec une espérance mieux fondée d'être exaucé, et cela pour deux raisons. — La première : que la messe paroissiale est dite uniquement, exclusivement, à l'intention des paroissiens, ils ont un droit rigoureux au fruit spécial qui y est attaché, le prôtre-pasteur est tenu d'office de leur en faire l'application ; c'est pourquoi, messe pour messe, il n'est pas douteux que la messe paroissiale soit meilleure en général pour tous les paroissiens, et en particulier pour tous ceux qui y assistent, que toute autre messe (2). — La seconde : qu'à la messe paroissiale, la prière semble être plus collective, c'est-à-dire s'empreindre d'un caractère mieux accusé de prière faite en commun. Cela surtout est visible, lorsque, à tel moment de la messe paroissiale, pour se conformer aux Ordonnances rituelles en vigueur, et substantiellement les mêmes dans tous les diocèses, l'Assemblée se lève ou s'agenouille, et prie pour l'Église et tous ses ordres hiérarchiques, pour la paix et les besoins de l'État, pour les magistrats et tous les dépositaires de l'autorité, pour la persévérance des justes, pour la conversion des pécheurs, pour les malades, les pauvres, et toutes les personnes affligées, et le reste ; car je suis forcé de me restreindre dans cette énumération . , Vous n'avez pas oublié le texte de saint Justin, au deuxième siècle. Le moindre effort de mémoire suffirait d'ailleurs à vous le rappeler. Les temps seuls sont changés. A cela près : aujourd'hui, comme alors, c'est le même jour consacré pour honorer Dieu d'un culte public, le premier jour de la semaine, c'est-à-dire le solis dies ou soldi des païens, le dies dominica
(1) Dans son Commentaire de la Multiplication des pains, telle qu'elle est racontée en S. Marc, c. vr, l'application faite par S. Grégoire est pour le moins ingénieuse : Les cinq mille hommes à nourrir, invités à s'asseoir par compagnies, les unes de cent personnes, les autres de cinquante, per centenos et qninquagenos, chacune vraisemblablement ayant un parochus, c'est-à-dire, au sens où les auteurs lalins emploient ce mot, un préposé aux distributions pour maintenir l'ordre, représentent toute l'Église, avec ses différentes subdivisions, les unes plus importantes, les autres moindres : Divers] convivantiam discubitus dislinctiones ecclesiaium, quae unam catholicam faciunt, désignant. Cat. Aurea in Marc.
(2) Inducendi sunt fldeles ut diebus dominicis ac fostis missae parochiali. assistant, eo quod missa parochialis parochianis applicatur, ac proin uberior ex ea fructus percipiatur. Clément Marc. n. 677.