XVI. ''^-^ OEUVRE RFCOMMANDÉE, LÉ DIMANCHE
•elle-même. Mais si l'Église n'enjoint pas d'assister à la messe paroissiale, elle le désire, elle y exhorte, elle y pousse. Parmi les choses qu'elle recommande, sans les prescrire, une de celles qu'elle a le plus à cœur, est, sans aucun doute, la messe paroissiale.
Assistez-y donc, bons fidèles. Assistez-y le plus souvent que vous pourrez. Assistez-y pour les raisons elles-mêmes qui font que l'Église le désire si vivement.
Assistez-y, parce que c'est à la messe paroissiale que la paroisse est vraiment la paroisse, c'est-à-dire une réunion de famille.
Assistez-y, parce que c'est à la messe paroissiale que l'on prie mieux, chaque prière particulière fondue dans le tout participant de la force même du tout.
Assistez-y, parce que c'est à la messe paroissiale que se fait le prône, et que le propre pasteur, plus que tout autre, a vraiment grâce d'état, pour instruire, exhorter, reprendre, corriger, selon les temps et les besoins.
Assistez-y enfin, en vue de donner le bon exemple, vous, parents, à vos enfants, vous, maîtres et maîtresses de maison, à vos serviteurs ; vous, patrons, à vos ouvriers ; vous, classes dirigeantes, aux classes populaires. Pour le dire ici très simplement, mais avec la conviction d'exprimer une chose vraie : Gomme les questions pendantes à l'heure présente, et qui préoccupent tant d'esprits, seraient vite résolues, si le dimanche était universellement' sanctifié et la messe paroissiale universellement pratiquée ! Que serait donc le dimanche, si on le passait à l'église, au pied des autels ? serait-il autre chose que la fête de la fraternité revenant périodiquement chaque septième jour ?... (1).
(1) Un des grands Evèques de ce temps a écrit les lignes suivantes : Nous n'y prenons pas garde, N. T. G. F. ; nous oublions les bienfaits du Christianisme comme les dons quotidiens de la nature ; mais dans la réunion de la paroisse à l'église du village, dans rassemblée de tout rang et de toutes conditions, au milieu des grandes basiliques, dans les cérémonies de l'Église, dans cette parole du Pasteur qui dit la Vérité à tous avec la même liberté évangélique, il y a plus de vraie fraternité que dans toutes les théories de nos rêveurs modernes ; fraternité douce et tranquille qui s'insinue avec l'esprit évangélique; qui, sans faire un bruit iviutile et presque toujours dangereux, corrige les mœurs par une action lente et pacifique, et ne conclut jamais à une barbarie sauvage sous prétexte delibej'té. CMgv Lanpriot, Œuvres pastorales J 4. 2, p. 226.:- ' - ' .
TROISIÈME COMMANDEMENT
SIXIÈME PRONE
Œuvres conseillées^ le dimanche.
Mémento ut dlein sabbat l sanctifiées.
Souvenez-vous de sanctifier le jour du Seigneur.
Exercitatio item atque studium fidelium in precibus divinisque laudibus frequens esse débet... sedulo se exerceat fidelis in lis officiis quae pietatem continent, pauperibus et egenis eleemosynam tribuead«, a-gros hominesvisitando,mœrentes quique dolore afflicti jacent pie consolando .
Catech. Rom.
Cette fois encore, le sujet d'instruction est suffisamment indiqué par le Catéchisme Romain, mon maître. 11 ne s'agit plus, comme précédemment, ni des œuvres défendues, le dimanche, sous peine de péché mortel, ni des œuvres rigoureusement prescrites, ni des œuvres particulièrement recommandées ; ou bien, si nous devons en dire quelque chose, ce sera uniqu transition, pour arriver plus facilement à d'autres œuvres qui, bien que très utiles au point de vue de la sanctification du dimanche, ne sont pourtant que conseillées. Dieu nous aide de sa grâce...
Le dimanche venu : parce que c'est un jour à part, n'ayant de commun avec les autres jours que la durée, vous avez quitté vos vêtements de travail, tout chargés des sueurs de la semaine, pour prendre du linge nouveau et des habits propres ; vous vous êtes.
endimanché (1). C'est justice, tout au moins c'est convenance; le^ dimanche est le jour du Seigneur, dies doniinica, et faire autrement, nos pères le disaient dans un de leurs vieux chants populaires : ce serait malhonnête... Si j'ai bien lu dans l'histoire, c'est ainsi que le pratiquait l'illustre chancelier d'Angleterre, Thoma-s Morus, aux jours de sa disgrâce, alors qu'un roi impie l'avait jeté au fond d'un cachot ; venait-on à lui demander pourquoi, les dimanches et jours de fête, il portait ses plus beaux habits dans un lieu où personne ne le voyait : J'ai coutume de m'habiller plus richement, ces jours-là, répondait-il, non pour me faire honneur, mais pour faire honneur à mon Dieu. . .
Donc, vêtu à neuf, pour tout le moins proprement, dès l'aube, ou à quelqu'autre heure matinale, vous êtes allé assister à la messe, aune messe entière, présent de corps, présent d'esprit; ou bien même, car j'ose, espérer que les raisons qui militent en faveur de la messe paroissiale, vous ont touché, vous avez pris part à l'Assemblée des Fidèles, entendu le Prône du Pasteur, suivi les cérémonies d'un œil attentif. Mais cela fait, le dimanche n'en est encore qu'à sa première moitié, la seconde reste. Même après le repas de midi, tout aussi frugal peut-être, mais sûrement mieux apprêté qu'aux jours précédents, vous avez encore six heures au moins devant vous : qu'allez- vous on faire?...
Allez-vous travailler ? Si vous êtes un vrai fidèle, non, certes» à moins qu'il ne s'agisse d'un travail, ou de très peu de durée, ou autorisé par la coutume, ou commandé par la nécessité. Ces seuls cas exceptés, vous laisserez se reposer jusqu'au lendemain, vous, ouvrier, votre outil de menuisier ou de forgeron, vous, homme des champs, votre instrument de labour, vous, femme ou jeune fille, votre aiguille ou vos broches, sans même cherchera faire valoir une raison^ qui d'ailleurs n'est pas valable, la raison de l'ennui. Un vrai chrétien, une vraie chrétienne, ne s'ennuient jamais, le dimanche, ou bien, si l'ennui se fait sentir, toutes choses égales d'ailleurs, il est moindre,de beaucoup, qu'en n'importe quel autre jour, parce qu'il y a une foule de moyens, tous salutaires,
(\) On demandait à un vieil ouvrier, quelque temps après la Révolution, quel jour •n se reposait à cette époque : On se reposait tous les décadis, répondit-il, mais oachangeait de chemise le dimanche. (Le Repos du Dimanche. Bulletin mensuel.)