‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 71 sur 223 · XIX. — LE SABBATISMt: OU GRAND REPOS Î · texte numérisé non relu

XIX. — LE SABBATISMt: OU GRAND REPOS Î

•qui s'arrêtent, ceux qui se jettent en deiiors et s'égarent, à plus forte raison, ceux qui retournent en arrière : Remanentem, aberrantetn, rétro redeuntem (1). Saint Jean Chrysostome n'est pas moins expressif: Celui qui court pour gagner le prix, s'amuse-t-il à comparer tel paysage plu", gai avec tel autre d'aspect plus sévère? S'arrête-t-il pour causer à un ami? S'inquiète-t-ii de qui le regarde courir? Mais quoi ! c'est alors même qu'il est plus proche du but, qu'il précipite sa marche, loin de la ralentir: Metœ vicinus, non languet, sed cursu^n intendit', c'est ainsi, ajoute-t-il, que chargés d'années, si nous le sommes en effet, et déjà voisins du ciel, nous devons courir encore plus fort: Sic qico seniores et cœlo viciniores, eo magis et concitatius currere debemus (2).

Mais il faut finir; et nous finissons par la prière de louanges, dont saint Augustin a fait la dernière page d'un de ses plus beaux livres.

0 Seigneur, ô Dieu^ après toutes les grâces que déjà nous tenons de vous, donnez-nous la paix, la paix tranquille, la paix du grand jour du sabbat, cette paix qui n'aura pas de déclin : pacem qicietis^ pacem Sabbati, pacem sine vespere. Ce bel ordre de la nature, «ette harmonie merveilleuse de tant de choses excellentes, quand une fois vos desseins seront accomplis, tout cela passera, tout cela aura un soir, comme il aura eu un matin. Mais ce mystérieux septième jour, que vous avez sanctifié, n'aura pas de soir, parce que vous l'avez sanctifié pour qu'il demeurât éternellement. Et ce repos que vous vous êtes accordé, après avoir fait la création, quoique vous eussiez créé toutes choses sans sortir de votre repos, €e r^pos, dis-je, ne nous montre-t-il pas^vos Écritures nous aidant à le comprendre, que nous-mêmes, quand nous aurons accompli nos œuvres sur la terre, œuvres qui ne sont bonnes, que parce qu'elles sont autant de dons de votre grâce, nous nous reposerons aussi dans votre sein pendant le Sabbat sans fin de TÉternité (3}..»

(4) Serm. de Cantîc. novo. n. 4.

(2) Ap CoRNEt. A Lap. in c. iv. S. Pauli ad Heb.

(3) S. AuG. Confess. lib. xxxv etxxxvi.

QUATRIÈME COiMMANDRMENT

PREMIER PRONE Les devoirs des enfants. L'amour, le respect.

Honora patrem tuum et matrem tuam.

Honorez voire père et votre mère.

Parochus verba prœcepti interpretabi-

tur, atque primum, honorare quid sit :

est enim de aliquo honorifîce seiitire,

et q iae illius suât maximi putare omnia.

Huic autem honori hsec omnia conjuncta

sunl, amor, observantia, obedieniia, et

cultus.

Catech. Rom.

Les trois premiers commandements du Décalogue expliqués, qui sont les commandements de la première Table, nous abordons aujourd'hui le quatrième, qui est le premier de la seconde Table.

Voici en quels termes il est formulé au chapitre vingtième de l'Exode, et au chapitre cinquième du Deutéronome; Honorez votre père et votre mère: Honora patrernlvum et matrem tuam. Nous dirons, en son temps, sous quelle sanction il est porté.

Or, c'est l'enseignement du Catéchisme Romain, et de tous les maîtres en cette matière (1), que ce texte de loi présente quatre sens, tous légitimes.

Honorez votre père et votre mère ; cela veut dire : Aimez votre pèi-e et votre mère, c'est le premier.

(1) CORNEL A Lap. in Deux, c v.

Honorez votre père et votre mère; cela veut dire: Respectez votre père et votre mère; c'est le second.

Honorez votre père et votre mère; cela veut dire: Obéissez à votre père et à votre mère ; c'est le troisième.

Honorez votre père et votre mère: cela veut dire: Assistez votre père et votre mère; c'est le quatrième.

Tous légitimes, avons-nous dit.

Légitime le premier: Honorez votre père et votre mère, c'est-àdire aimez-les.

Légitime le second: Honorez votre père et votre mère ; c'est-àdire respectez-les .

Légitime le troisième : Honorez votre père et votre mère; c'està-dire obéissez-leur.

Légitime le quatrième : Honorez votre père et votre mère; c'està-dire assistez-les.

C'est ce que nous nous proposons de démontrer en cette Instruction, et dans les suivantes. Dieu nous aide de sa grâce...

Légitime donc le premier sens : Honorez votre père et votre mère; c'est-à-dire aimez-les. La preuve est facile. La )iature parle ici plus haut que tous les raisonnements. Après Dieu, c'est à nos pères et à nos mères que nous sommes redevables de l'existence. Nous sommes la chair de leur chair, le sang de leur sang, les os de leurs os. Sans eux nous ne fussions pas nés (1). Depuis que cette parole a été dite au premier couple, à Adam et à Eve : Croissez et multipliez-vous (2), aucune créature humaine n'a été faite autrement que par le concours de l'homme et de la femme. C'est-à-dire que, autant Dieu est le principe universel de tout être et de toute vie, comme cause première : autant nos pères et nos mères sont le principe particulier, comme cause seconde, de notre vie individuelle, et de cette portion d'être qui nous a été départie : Parentes sunt particulare principium nostri esse, sicut Deus est principium uni^ersale (3)... Et nous ne les aimerions pas, ces auteurs de nos jours ! Ce bienfait de l'existence, bienfait si excellent que meilleur il n'y a, puisqu'il appelle tous les autres, nous laisserait

(1) Honora patrem tuum, et gernitus genitricis tuae, ne obliviscaris. Mement» quoniam nisi per Ulos natus non fuisses. Eccli. c. vu, v. ^9. 30. (•2)Gen. c. I, V. 28.

(3) S. Thom. 2. 2. q. 122. art. 5.

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