XX. — LES DEVOIRS DES ENFANTS. L' AMOUR, LE RESPECT 20f
encore dans les Instructions suivantes — combien admirablement le quatrième Commandement est conçu. Ce n'est pas assez d'aimer son père et sa mère, il faut les respecter. Ce n'est pas assez de respecter son père et sa mère, il faut les aimer. Respecter ses parents sans les aimer deviendrait facilement de la crainte, et cette crainte du servilisme. Et cela ne vaudrait rien, pas plus que ne vaudrait dans le Service de Dieu la crainte toute seule. Si le respect sans l'amour ne suffit pas, semblablement sans le respect l'amour n'est pas bon, il tourne vite en familiarité ; et qui vous assure que cette familiarité ne dégénérera pas en mépris ? C'est pourquoi, car après avoir mis les principes en lumière, il est temps d'en venir aux conclusions pratiques :
Enfants, aimez vos parents, mais d'un amour respectueux, plein de déférence, et que votre langage en témoigne, c'est le mot des Écritures : In sennone honora patreni tuum (1). Voyons, enfant, pourquoi ces paroles sèches, ces réponses hautaines, malhonnêtes, impertinentes? Dussé-je vous causer de l'étonnement, et me faire tenir par vous pour un moraliste fâcheux, ou un homme d'un autre temps, j irai encore plus loin : pourquoi ce tutoiement? Hé quoi ! vous traitez d'égal à égal avec la première Majesté terrestre IVoUo dites tu et toi à votre père, à votre mère, à cet aïeul couronné de jours 1 Vous ne faites que sortir des langes, et déjà vous usez d'un sans-gêne qu'un âge dix fois plus avancé ne légitimerait pas ! Je le veux bien, ce n'est pas un crime, ce n'est pas même un péché, en soi, du moins; mais quelle inconvenance ! Et vous, parents, si vous les souffrez, ces façons de dire; si vous les permettez ; si vous les autorisez ; si, ce qui serait plus étrange encore, vous les imposez — et je ne me porterais pas garant que dans plus d'une famille il n'en est pas ainsi — quel oubli de votre dignité ! quel abandon imprudent de vos droits ! A quoi peut bien aboutir cette camaraderie ? En sacrifiant le respect pour mieux vous assurer l'affection, ne voyez-vous pas que vous vous exposez à perdre lun et l'autre ? Et le jour où il plaira à votre enfant de vous adresser une parole grossière, injurieuse : cette injure et grossièreté vous arrivant sous cette forme, c'est-à-dire avec cq'îuqV toit ne vous sera-t-elle pas deux fois amère ? Ah ! l'Église, dont