‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 74 sur 223 · I) ECCLI. C. III, V · texte numérisé non relu

I) ECCLI. C. III, V

on a dit avec raison : Qu'elle est la plus grande école de respect qui ait jamais existé en ce monde, avait tout autrement façonnéles générations d'autrefois. Le tutoiement était chose inconnue. Il n'est venu que sur le tard. C'est un des fruits malsains de nos révolutions. Les peuples ayant cru devoir amener les pouvoirs publics à composition, l'autorité paternelle s'est vue ébranlée du même coup... Mais le sujet n'est pas épuisé, il nous reste encore beaucoup à dire.

Enfants, aimez vos parents, mais d'un amour respectueux, plein de déférence, et que vos actes en témoignent, c'est encore le mot des Écritures : In opère honora patrem tuum (1). Les actes valent mieux que les paroles. Sans les actes, les paroles sont-elles autre chose que pure cérémonie, vaine étiquette, formules complimenteuses, qui n'obligent à rien, et ne trompent personne ? Enfant, si vous êtes vraiment déférant envers les auteurs de vos jours, n'encourez point de leur part le reproche que Dieu faisait autrefois à son peuple de prédilection : Ce peuple m'honore des lèvres,. mais son cœur est loin de moi (2), c'est-à-dire ses actes déparent son langage. Donc, moins de manières, moins de caresses, moins d'épanchements, moins de flatteries intéressées, et plus d'œuvres, plus d'œuvres que de paroles, plus d'œuvres fécondes que de pa- ! rôles stériles. A cet égard, il n'y a point à dire mieux que le Catéchisme Romain. Enfant, écoutez ce Maître autorisé : Nous honorons nos pères et nos mères par œuvre, lorsque nous prions pour eux, et demandons à Dieu que tout leur arrive à souhait : Paren- \tes honoramus, cuon a Deo siippliciter pethnus, ul eisdem hene ^féliciter omnia fiant. Prier pour les parents : que ce premier trait est heureux; et commence à bien dessiner déjà l'enfant chrétien! — Nous honorons nos pères et nos mères par œuvre, lorsque 'nous déférons à leur sentiment, et que nous y plions notre volonté : Item parentes honoramus, cùm nostras, rationes ad eo~ rum arhitrium voluntatemque conferimus. N'est-ce pas la saigesse elle-même qui parle ici ? Qui peut mieux conseiller l'enfant rque son père et sa mère ? Qui a plus d'expérience, plus de lumié- Tes, plus de grâces d'état ? Tous les siècles n'ont-ils pas applaudi laux paroles de Salomon, disant : Écoute, mon fils, les instructions- Ci) Ut suprà.

,(2j Isa. c. XXIX, v. 13.

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