‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 75 sur 223 · XX. — LES DEVOIRS DÉS ENFANTS. l'aMOUR, LE RESPECT · texte numérisé non relu

XX. — LES DEVOIRS DÉS ENFANTS. l'aMOUR, LE RESPECT

de ton père, et n'abandonne point la loi de ta mère. Ces leçons et cette obéissance seront un ornement pour ta tête, et un collier autour de ton cou (1). C'est pour avoir négligé les devoirs exprimés par le plus sage des hommes; c'est parce qu'ils ont secoué le joug de leurs parents, et rejeté de dessus leur cou ce collier d'honneur, comme il l'appelle, que tant d'enfants sont malheureux. Il en coûta cher à l'enfant prodigue de quitter le toit qui l'avait vu naître, sans l'aveu de son père (2). Esaû, lui aussi, dut regretter de n'avoir pris conseil que de lui-même pour se marier : de son union avec une infidèle, il allait sortir une race perverse, que Dieu ne tarderait pas à maudire (3)... Mais nous avons encore une face du sujet à considérer.

Enfants, aimez vos parents, mais d'un amour respectueux, plein de déférence, et que votre 'patience en témoigne, c'est toujours le texte des Écritures : In omni patientia honora patretn tiium (4). Je Tai dit déjà, il faut le redire : Les parents sont les images de Dieu, les représentants de Dieu, des créateurs d'hommes conjointement avec Dieu, des dieux visibles, des dieux terrestres. Mais parce qu'ils sont des dieux simplement terrestres, ils peuvent ne pas être sans défauts ; parce qu'ils sont des dieux simplement terrestres, ils peuvent ne pas être sans infirmités ; enfin, parce qu'ils sont des dieux simplement terrestres, ils mourront comme des hommes : Du estis; vos autein sicut ho7nines moriemini(^).,. Enfant, vous voyez trop clairement ma pensée pour qu'il soit besoin de la développer beaucoup. Ces dieux terrestres, votre père et votre mère, ils sont peut-être ennuyeux, difficiles à contenter, trouvant à redire sur tout; puisque vous le dites, je veux bien le croire, sinon toujours comme chose qui est, du moins comme chose possible : les dieux de second ordre ne sont point à l'abri de ces faiblesses. Ces dieux terrestres, votre père et votre mère, ils sont non pas d'humeur chagrine seulement, mais irascibles, violents, emportés, ayant sans cesse la menace à la bouche, et le châtiment à la main. On me prouverait qu'ils ont des défauts

(1) Proverb. C. 1, V. 0.

(2) Luc. c. XV.

(3) Gen. c. XXXVI.

(4) Ut suprà.

(5) PSAL. Lxxxi, V. 6 et 7.

encore plus caractérisés, des vices même, cette fois, non plus, je ne serais pas très étonné; de graves péchés, des actes criminels, même honteux, les Écritures le mentionnent, il s'en trouve chez les anciens patriarches. Ces dieux terrestres enfin, votre père et votre mère, autrefois pleins de santé et de vie, en parfaite possession de tout leur être physique, intellectuel, moral, ils gouvernaient leur petit empire, la famille, presque aussi facilement que le Roi du ciel le sien, son grand empire, le monde entier. Mais chaque chose a son temps, comme le dit le Sage, omnia tempus hàbent (1), les infirmités ne manquent jamais d'avoir le leur, elles viennent immanquablement avec les années. Les voilà vieux, vieux et impuissants, ces créateurs d'hommes, ces dieux terrestres ; ils ■s'allanguissentde jour en jour^ils vont lentement, mais sûrement là où va toute chair... Enfant, supportez-les, supportez en toute patience, non seulement les défauts, s'ils en ont, de l'âge mûr, mais encore et surtout les infirmités de leurs derniers ans, leurs plaintes continuelles, leurs éternelles redites, les louanges qu'ils font du temps jadis, au détriment du temps présent, même les écarts, surtout les écarts d'une intelligence qui n'a plus que de passagères lueurs : Si defecerit sensu, veniam da (2). Et remarquez qu'agir ainsi ce n'est pas uniquement charité, mais justice. Que de puérilités, et de sottises, ils ont eu a soutfrir de votre part ! Que de fois ils ont été étourdis, importunés, par vos pleurs et par vos cris ! Que de patience il leur a fallu pour endurer vos opiniâtretés, vos fantaisies, vos écarts, vos folies de jeunesse ! Faites donc pour eux ce qu'il ont fait pour vous : Rétribue illis, quomodo et un tibi (3).

Mais il est temps de finir.

Le chapitre trente-cinquième de Jérémie nous donne à connaître une famille qui ne tient qu'une bien petite place dans l'histoire du peuple de Dieu : les Réchabites, ainsi appelés de Réchab, descendant de Jéthro, beau-père de Moïse. Dieu donc dit au prophète : Va à la maison des Réchabites, et leur donne du vin à boire : Yade ad domum Uechaljitarum, et da'biseis bibere vinum... Et y étant

(1) EccLE. e. m, v. 1,

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