XXII. — LES DEVOIRS DES ENFANTS. l'aSSISTANCE
bus tribiiere dehemus, maxime cicm periculose œgrotant. il continue : Donc, faites en sorte qu'ils ne soient point privés de la confession, et des autres sacrements que les chrétiens ont à re cevoir aux approches de la mort ; que des personnes pieuses les visitent souvent pour les fortifier, pour les aider, pour élever leurs âmes par l'espérance de l'immortalité, afm que, entièrement détocliés des choses d'ici-bas, ils se confient tout en Dieu : XJt cum mentem a rébus hitmanis excitaverint, totam conjiciant in Deitin... Mais hélas ! car ici encore il y a à pousser une douloureuse exclamation : Que faites- vous de recommandations si sages,, si autorisées ? Gomment entendez-vous la lourde responsabilité qui pèse sur vous en un tel moment ? Ne sommes-nous pas les témoins trop habituels de vos irrésolutions, de vos tendresses, qui sont de vraies cruautés ? Il faut ménager les forces du malade, il Tant prendre garde de l'impressionner, le médecin est d'avis qu'on attende. .. et on attend si bien, que quand le prêtre est introduit, il ne trouve plus qu'un moribond sans connaissance, prêt à exhaler le dernier soupir, s'il ne l'a exhalé déjà...
La loi de piété filiale veut que l'assistance des enfants suive les parents par delà la tombe, et aille les rejoindre là où ils sont. Où sont-ils? Éciartons la pensée, elle serait trop douloureuse, de la réprobation consommée. Mais pour le purgatoire, c'est autre chose. Nous l'avons dit dans une de nos Instructions sur le Symbole (1), nous le répétons ici : Que des âmes, mais en bien petit nombre, soient reçues au ciel, sans retard, au moment même où elles quittent la vie, il faut le croire. Que plusieurs autres, elles aussi, très peu nombreuses, ne fassent que passer par le purgatoire sans y stationner, ce n'est pas douteux. Mais ce qui n'est pas moins hors de doute, c'est que la grande majorité y va, et y reste, une année, ■des années, un quart de siècle, un demi-siècle, un siècle entier, et plus... Oublierions-nous donc que les âmes, dans le purgatoire, ne peuvent plus s'aider elles-mêmes, ni faire aucun acte méritoire, ni recourir aux Sacrements, ni gagner des indulgences, et qu'elles n'ont plus que la faculté de souffrir? Oublierions-nous donc qu'il y a dans le purgatoire des âmes qui, au sortir de la vie, n'ont que juste, àpeinejuste, pour n'être pas condainnées à l'Enfer?... Et si
^1) Prônes sur le Symbole, 47* prône.
VOUS croyez ces choses, enfants, ainsi que vous en avez le devoir; si vous croyez, non comme chose rigoureusement certaine, c'est le secret de Dieu, ni, non plus, comme supposition gratuite, mais comme chose probable, pour le moins, possible, très possible, que l'âme de ce père qui a tant travaillé pour vous, l'âme de cette mère qui vous a tant aimés, sont en purgatoire, pourquoi les négligez-vous ? Pourquoi ces funérailles pompeuses, fastueuses môme, et si peu de prières? Pourquoi ces couronnes peu ou point funèbres, luxueuses même et tournant à l'apothéose ? Pourquoi, pour tant d'enfants, insensibles jusqu'à l'inhumanité, le lieu de l'expiation estil cette terre d'oubli, dont parlent les Écritures : terra oblivionis"? Et il y a encore un autre point sur lequel la loi de piété filiale est, sinon toujours, du moins trop de fois incomplètement observée. Sont-ils très nombreux, en effet, les enfants qui pourraient dire en toute vérité à leurs parents défunts ce que le prophète disait à Dieu, bien qu'en un autre sens, et pour un autre objet : Nous ne vous avons pas oublié, et nous n'avons point commis d'injustice contre votre testament: Nec obliti sumuste, et inique non egiinus in testamento tuo (1)... Et pourtant, elles sont sacrées les dernières volontés des mourants ; tous les peuples, mêm& païens les ont respectées ; en cette matière la législation divine et la législation humaine sont d'accord. Qui sait d'ailleurs sous l'empire de quelle pensée, ou de quelles préoccupations, ces volontés; ont été écrites, ou verbalement exprimées? Qui sait si ces legs cliaritables ou pieux ne sont pas des restitutions ? Et si vous ne les acquittez pas, enfants, si vous chicanez sur l'exécution, si pour un simple défaut de forme, ou par habileté, vous arrachez à la justice humaine un arrêt de cassation, ou une réduction non motivée, quelle injure vous faites à vos défunts (2) ! Quelle injustice vous commettez, ou envers Dieu, ou envers le prochain ! Quelle lourde responsabilité vous assumez ! De quelle hypothèque vous grevez vos biens ! Vos parents ont délivré leur âme; vous, vous avez chargé la vôtre. . .
(1) PSAL. XLin.
(2) Pour l'assistance spirituelle des parents après leur mort, le Catéchisme Romain' dU : Mortuis parentibus honor tribuitm-, si justa et anniversaria sacnficia curamus. Peur rexécutioii des testaments il ajoute : Mortuis parentibus honor tribuitur, si qu» ab eis legata sunt diligenter persolvimus.
XXn. — LES DEVOIRS DES ENFANTS. L*ASSISTANCE 225
Mais il est temps de finir.
En cette Instruction et les deux précédentes, nous avons mis dans tout leur jour les devoirs à accomplir par les enfants à l'égard de leurs parents ; nous l'avons fait en suivant pas à pas notre cher et autorisé maître: Huic honori hœc omnia conjitncta sunt amor, observantia, obedientia, cuUus : L'honneur dû aux parents comporte nécessairement l'amour, le respect, l'obéissance, le service ou assistance. Enfants, remplissez-les, ces obligations sacrées; aimez vos parents, respectez vos parents, obéissez à vos parents, et les assistez . Moyennant cela, nous le verrons prochainement, la grâce de. Dieu est avec vous, et elle y restera aux siècles des siècles...
QUATRIÈME COMMANDEMENT
QUATRIÈîiE PRONE La sanction des devoirs
Honora pal y cm luum et matrcm tiiam, ut sis loiiQœviis
super terram^
Honorez votre père et votre mère, afin que vous viviez iongtemns sur la terre.
Ubi hsec parochus sigillatîm exposue-
rit, deinceps consideret quodnam pr3e«
mium lis propositum sit qui divino huic
prtccepto obediunt... Ac quemadmodum
nis qui grati in parentes sunt, officii
merces et iVuctus est a Deo propositus,
sic ingrati et impii fîlii gravissimis pœni?
reservantur,
Catech, Rom.
Telle Cot, en effet, la douLle sanction du quatrième commandement, en tant qu'il est préceptif des devoirs à accomplir à l'égard. , des parents : une sanction de récompense, et une sanction dû châtiment. La sanction de récompense : nous dirons quelle elle est, c'est-à-dire quelles sont les récompenses par Dieu promises aux enfants qui aiment leurs parenls, les respectent, leur obéissent et les servent. La sanction de châtiment • nou» l'exposerons à son tour, et dirons à quelles peines très graves sont réservés les mauvais fils, les enfants impies et ingrats. Nous n'avons guère traité jusqu'à ce jour de sujet si important. Dieu nous aide de sa i grâce...
fLAT. — LE DEC. — Ij
226 LE DÉGALOGUE
Pour qui sait les Écritures, ou les parcourt d'un œil attentif, c'est en maints endroits, surtout au livre de l'Ecclésiastique, que sont exprimées les promesses faites par Dieu aux enfants, fidèles observateurs de leurs devoirs à l'égard de leurs parents. Vous y lisez : Que la bénédiction donnée par le père à ses fils vertueux affermit leur maison : Benedictio patris firmat domos fUiorum (1) ; que celui qui honore sa mère ressemble à un homme qui amasse un trésor : Et sicut qui thésaurisât, ita qui honorificat matrem suam (2) ; qu'une bonne réputation et l'estime du monde sont la suite ordinaire de l'honneur que l'on rend aux parents : Gloria hominis ex honore patris sui (3) ; que s'il n'est pas sans reproche devant Dieu, cependant dès là qu'il soulage son pAre dans sa vieillesse, Tenfant verra ses péchés se fondre comme la glace en un jour serein : Suscipe seyiectain patris tui ; et ■■<icut in sereno glacies solventur peccata tua (4); que les fils respectueux, en récompense de ce qu'ils auront honoré leurs pères et leurs mères, trouveror-t im jour leur joie dans leurs propres enfants ; et qu'à chaque fois qu'ils prieront le Seigneur, ils seroni" ftxaucés : Qui honorât patrem suum, jucundahitur in fîliis et 171 die oralionis suce exaudietur (5).
Mais de tous les textes, servant à mettre une sanction au quatrième Commandement, le meilleur, sans aucun doute, le plus officiel, si je puis ainsi parler, puisqu'il fait corps avec la loi elle-même, c'est celui que nous lisons d'abord au vingtième chapitre de l'Exode (5), puis un peu plus développé au chapitre cinquième du Dôutéronome : Honorez votre père et votre mère^ selon que le Seigneur votre Dieu vous l'a ordonné, afin que vous viviez longtemps sur la terre et que vous y soyez heureux : Honora %)atrem tuicm et tnatrem, sicut prœcepit tihl Dominus Deus tuus, ut longo vivas tempore, etbene sit tibi in terra quam Bomi7ius Deus tuus daturus est tidi (G). Ce texte, disons-nous, de tous le meilleur, le plus officiel, que saint Paul, le temps venu, devait faire passer