‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 84 sur 223 · XXIII. — LA SANCTION DES DEVOIRS · texte numérisé non relu

XXIII. — LA SANCTION DES DEVOIRS

=;iistenter leurs deux vies, glaner tout le jour à la suite des moissonneurs de Booz, jusqu'à ce que celui-ci, touché de tant de piété filiale, la prenne pour son épouse... Ce fut la première récompense de Ruth. Un fils, cîu nom d'Obed, né de cet heureux mariage, fut la seconde. Une troisième, plus grande encore lui était réservée. Obed engendra Jessé, qui engendra David, de la famille duquel, piandla plénitude des temps sera venue, sortira le Messie... Prenez l'Évangile de saint Matthieu, ouvrez-le aupremier chapitre : Ruth, la Moa'bite, figure parmi les aieux de Jésus-Christ (1)... et dites, c'est, la conclusion que je yeux entendre de votre bouche : Que Dieu a de magnifiques récompenses, même temporelles, pour les enfants qui honorent leurs parents....

(1) M.\TTH. C. I, V. ^^,

QUATRIÈME COMMANDEMENT

CINQUIÈME PRONE Devoirs des parents. Éducation corporelle des enfants.

Honora patrem tuum et matrem tuawi.

Honorez votre père et votre mère.

Et quemadmodum divina lege sancitum est ut parentibus filii honorera habeant, ut pareant, ut obsequantur : sic parentum propvia officia sunt a que munera, ut sanctissimis disciplinis et moribus filios imbuant, etc.

Nous l'avons dit dans les précédentes Instructions, avec tous les développements que le sujet comporte : Enfants, aimez vos parents, respectez vos parents, obéissez à vos parents, assistez vos parents. Mais ce n'est pas tout. Avant que le quatrième commandement soit épuisé, il reste à dire. Si en cette qualité, qui est la leur, d'images de Dieu, de représentants de Dieu, d'associés de Dieu, de créateurs d'hommes conjointement avec Dieu, de dieux visibles, de dieux terrestres, les parents ont des droits à exercer ; semblablement, et aux mêmes titres, ils ont des devoirs à remplir : Sic parentum propria officia sunt atque munera. Ces devoirs, très nombreux, très étendus, compliqués même, un seul mot pourtant les résume : l'éducation. Parents, faites l'éducation de vos enfants. Et comme vos enfants sont corps et âme, et que c'est cette union-là même de deux substances, l'une corporelle, l'autre spirituelle, qui les fait être des hommes, élevez-les en hom-

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mes, c'fist-'i-r'ire s-^lon le corps et selon rame. C'est ce que nous nous proposons de dire en cette Instruction, et dans la suivante.. Dieu nous aide de sa grâce...

Pourvoir riux besoins corporels des enfants, c'est-à-dire leur -conserver la vie, après la leur avoir donnée, les nourrir, les vêtir, et puis, le temps venu, leur mettre entre les mains un instrument, je veux dire une profession, ou plutôt, et d'une manière plus générale, un établissement, au moyen duquel ils puissent se suffire à eux-mêmes : si toutes ces choses étaient aussi communément observées, qu'elles sont élémentaires et faciles à énoncer, nous pourrions nous en tenir là ; le prône serait terminé presque avant d'être commencé.

Mais il n'en va pas de la sorte. Le nombre des péchés commîs contre la vie des enfants est beaucoup plus considérable qu'il ne le semble à première vue. Que de mariages ne donnent que de trop rares fruits, ou môme n'en donnent point du tout, les époux le voulant ainsi, non, certes, par amour de la continence, mais par •calculs égoïstes ! Combien d'autres, indûment contractés, par exemple les mariages entre proches parents, tirent de ce vice originel, de ne produire que des êtres incomplets, mal organisés, peu ou point viables (1) ! Et ce n'est pas tout encore, il s'en faut. Prenez une théologie morale, celle que vous voudrez, ouvrez-la à la page qui traite du sujet dont nous traitons nous-même en ce moment. — Coupables de péché mortel, très grave, ces femmes. Ou plutôt ces mères, car elles le sont déjà, qui, au temps de leur grossesse, entreprennent, ni plus ni moins qu'en un autre temps, des travaux fatigants, soulèvent des fardeaux au-dessus de leurs forces, font de longues courses, ou se laissent aller celles-ci à de violentes colères, celles-là à d'excessifs chagrins ; d'autres, le croirait-on, s'adonnent au plaisir de la danse, et sont causes volontaires, ou pour le moins s'exposent à l'être, de la mort de la pau-

(1) En Tune des séances du sixième congrès eucharistique, tenu à Paris le 4 juillet 1888, sous la présidence de Mgr Richard, Je chanoine Lambert, aumônier des sourds- ■muets, déclarait, non sans provoquer dans son auditoire de profondes réflexions, que sur 35,000 sourds-muels qui étaient en France à cette époque, près de la moitié de ces pauvres infirmes -étaient issus de mariages consanguins. (Voir l'Univers du 6 juillet 1888.)

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