‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 95 sur 223 · WVII.— LES DEVOIRS MUTUELS DES PATRONS ET DES OUVRIERS · texte numérisé non relu

WVII.— LES DEVOIRS MUTUELS DES PATRONS ET DES OUVRIERS

maluni pellere funditus soin jiossit, illud repiUent universi: in primis inslaurari mores chrislianos oporlere, si. te qiiibus ^a ipsa arma jiisiitiœ, parum sunt ad salutem valitura (1).

Finissons par un mot non moins intéressant que profitable Vous souvient-il d'avoir vu... que dis-je, peut-être même est-elle en votre possession, pour l'avoir reçue autrefois, comme récompense d'une leçon de catéchisme bien apprise, ou de l'Évangile du dimanche récité couramment, une image ainsi conçue : Un intérieur de Vatelier de Nazareth ; la scie et le rabot sont appendus à la muraille, au milieu l'établi est dressé, et comme personnages, c'est Marie assise, filant la quenouille, Joseph, les bras nus, travaillant à la sueur de son front, puis le divin Enfant, Jésus, tenant un flambeau et éclairant les travailleurs... 0 heureuse inspiration ■de l'Iconographie chrétienne ! 0 douce vision ! Jésus tenant le flambeau, car on travaillait de grand matin, ou bien tard en nuit, dans cet atelier, le plus saint, mais aussi le plus pauvre peut-être qui fût au monde, Jésus, dis-je, tenant le flambeau^ qu'est-ce donc? N'est-ce pas sa divine religion, et l'Église, dépositaire attitrée de ses Enseignements, projetant les plus vives clartés sur la question ouvrière, alors que la sagesse humaine la laisse dans la plus profonde obscurité ; et avec l'autorité qui lui appartient disant à tous ceux que cette question intéresse, et c'est tout le monde: quels sont les droits à exercer, et la manière de les exercer ; quela sont les devoirs à accomplir, et la manière de les accomplir

(I)Encycl. Rerum novarum. ad linem.

QUATRIÈME COMMANDEMENT

NEUVIÈME PRONE Devoir»! mutuels des pasteurs et des fidèles

Honora patrem tuum et matrem tuam. Honorez votre père et votre mère.

Honorandi autem sunl non modo ii ex

quibias nati sumus, veium etiam alii qui

patres appellantur, ut episcopi et sacer-

dotes.

Catech. Rom.

Nous l'avons dit en un autre temps, et en une autre série d'Instructions (1) : Dans l'Église, société religieuse, parfaite en son ordre, et ouverte au monde entrer, il y a, non plus seulement, comme en toute société bien organisée, mais de par une institution divine, immédiate et directe, deux parts très distinctes : les membres qui ne sont que membres et les membres qui sont plus que membres. Les membres qui ne sont que membres, de quelque condition qu'ils soient, grands ou petits, riches ou pauvres, savants ou ignorants, sont égaux entr'eux, et un même nom sert à les désigner, ils s'appellent Fidèles. Les membres qui sont plus que membres, quoique appartenant à différents ordres, semblablement un même qualificatif leur convient, ils sont Pasteurs. Nous ne parlerons ici que de ceux que l'Église met à la tête de telle ou telle paroisse, pour la régir , et des fidèles qui vivent

<1) Cinquante-deux prônes aiir le Symbole : 36» prône. PLAT. — LE DEC. — 18

SOUS ce régime, le régime curial. Ne forment-ils pas, les uns et les autres, une sorte de famille spirituelle ? N'ont-ils pas, à ce titre, des devoirs mutuels à remplir, qui relèvent du quatrième Commandement ? Or, ce sont ces devoirs que nous abordons aujourd'hui, pour en faire le sujet de notre instruction. Dieu nous aide de sa grâce...

Mais tout d'abord, si j'entreprends, moi le dernier de la tribu sacerdotale, de discourir sur les devoirs des pasteurs de paroisse, je le fais, certes, bien moins pour en instruire mes frères, qui sont mes maîtres, que pour me les rappeler à moi-même. Gela dit, et il y avait justice à le dire :

C'est le devoir des pasteurs de résider au milieu de leur troupeau. N'en sont-ils pas les pères, les vrais pères, dans l'ordre des choses spirituelles? Et comment pourraient-ils satisfaire pleinement aux obligations que cette paternité, la plus haute de toutes, leur impose, s'ils se tenaient trop longtemps, ou trop habituellement, à l'écart ? L'Église l'a compris; toujours éclairée et conduite par l'Esprit de Dieu, elle a légiféré sur cette matière ; et dans Çîa mémorable vingt-troisième session, après avoir rappelé aux pasteurs qu'ils doivent, de droit divin, connaître leurs ouailles, offrir pour elles le très adorable sacrifice, leur administrer, selon ie besoin, les Sacremenls, leur rompre le pain de la parole de Dieu, distinguer dans le nombre les plus indigentes et les plus affligées, pour leur prodiguer des soins particuliers, le saint Goni'.tie de Trente ajoute : Toutes choses impossibles à faire, si le pasteur ne réside personnellement là où le troupeau lui-même habite : Qicœ cmnia nequaquam db eis prœstari, et impleri possunt, qui gregi sur non invigilant, neque assistunt, sed move mercenarimmm deserunt ; après quoi, le même Concile déclare que ces absents, pasteurs de nom seulement^ ne peuvent en conscience retenir les revenus de leurs bénéfices, dans la proportion même de leur absence .

G'e!=t le devoir des pasteurs de paître leur troupeau. Nous venons de le dire sommairement. Il ne sera point inutile de l'expliquer plus au long. A prendre les choses à la racine même, l'office-

(4) Sess. 23, cap. 1.

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