‹ Cinquante-deux prones sur le décalogueChapitre 98 sur 223 · XXVIII. - DEVOIRS MUTUELS DES PASTEURS ET DES FIDÈLES · texte numérisé non relu

XXVIII. - DEVOIRS MUTUELS DES PASTEURS ET DES FIDÈLES

ment coupables, ils manquent à leur mission, les]Écritures les appellent des Voyants qui ne voient rien, des chiens qui n'aboient pas, speculatores cœci^ canes muti, nonvalentes latrare (1). Mais aussi, s'ils le font, malheur aux peuples qui ne les écoutent pas et les laissent crier, pour courir aux sources empoisonnées de Terreur.Les Juifs furent perdus, et déjà la captivité s'annonçait comme prochaine, le jour où se bouchant les oreilles pour ne point entendre des avertissements qui eussent pu les sauver, ils dirent aux prophètes : Parlex-nous un langage plus agréable, et ne voyez que des visions qui nous plaisent, encore qu'elles nous trompent : Loquimini nobis placentia, videtenobis er^^ores (2).

Quatrièmement enfin: Priez pour vos pasteurs! Ah! vous dites, fidèles, que vous avez grand besoin des grâces de Dieu pour opérer votre salut... C'est vrai, je n'en disconviens point; mais restez en convaincus : les ministres sacrés en ont encore plus besoin que vous, à raison de leurs obligations plus nombreuses, plus difficiles, plus délicates ; à raison des responsabilités plus lourdes qui pèsent sur eux, surtout s'ils ont charge d'âmes, et partant ayant à rendre compte non seulement de leur âme propre, mais encore de toutes les vôtres, quasi raiionem proanimabus veslris recldituri. Allégez donc ce fardeau et le rendez plus doux, non seulement par une prière prompte et facile, mais encore par une prière assidue... Chaque pénitent devrait prier tous les jours pour soa confesseur, et chaque paroissien pour son pasteur.

Je suis arrivé au terme de mon exposition des devoirs à accomplir entre curés et paroissiens. Avant de clore cette Instruxîtion, me permettrez-vous, ou moi-même me permettrai-je de sortir ua instant des limites que je me suis imposées, mais pourtant sans m'être obligé strictement à m'y tenir enfermé? Oui. Ce qui est dû aux prêtres de paroisse ne l'est-il pas, et à plus forte raison, aux évêques,et mieux encore au Pasteur suprême de qui les uns et les autres relèvent ?

Donc, amour, respect, honneur, obéissance à l'Évêque diocésain, ^t prions pour lui. L'Évêque, c'est encore le prêtre, mais le prêtre grandi, le sacerdoce achevé, le plus haut représentant de Jésus-

Ci) Isa. c. lxi, v. 10.

<3) Ibid. c. XYX, V. 10.

Christ, non pour toute l'Église, mais pour une portion déjà étendue de l'Église, et tirant de cette divine réprésentation tant de majesté^ que des rois, des empereurs, des conquérants, alors même qu'ils étaient le plus enivrés de leur puissance ou de leurs succès, n'ont pas cru s'abaisser en s'inclinant devant elle.

Donc, amour, respect, honneur, obéissance au Pape, et prions pour lui. Gomme, en droit absolu, l'Évêque est le curé de tout son diocèse, le Pape est l'Évêque de toute l'Église, le Père, le Ghef^ le Pasteur unique, à qui il a été dit de paître, brebis et agneaux, tout le troupeau. Or, qui aimera-t-on, si on ne l'aime, ce père des pères? Qui respectera-t-on, et honorera-t-on, si on ne le respecte, si on ne l'honore, ce faîte le plus élevé des grandeurs sacerdotales et hiérarchiques ? A qui obéira-t-on, si on ne lui obéit, à ce roi universel des âmes... non seulement, qu'on veuille bien le remarquer, dans tel ordre de choses, mais encore dans tel autre, chaque fois que de graves intérêts religieux sont engagés ; non seulement dans les matières de foi, et toutes les questions qui s'y rattachent, mais encore dans les matières de morale, et dans tous les devoirs qui en dérivent, soit de la vie privée, soit de la vie publique ellemême? Il y a telles circonstances, dit-on quelquefois, ou tel concours de circonstances, qui font qu'il est plus difficile de connaître son devoir que de l'accomplir. Ge langage, dans sa généralité du moins, est plus sententieux qu'exact. Quand le Pape a parlé, et il ne manque jamais de le faire, lorsqu'il y a utilité à le faire, plus d'obscurité, plus de ténèbres, plus même de demi-jour, le devoir est nettement déterminé ; et de quelque ordre qu'il soit, il faut l'accomplir: parce que, comme on l'a dit avec toute l'autorité que donnent le rang et la science, V Evangile commis à la sollicitude et au magistère infaillible du Pape est la règle suprême et im,?nuable, et de la conscience individuelle, et des lois qui régissent les peuples constitués en nationalités (1).

C'est pourquoi: bien qu'en une mesure différente, et à des titres divers :

Attachement filial au pasteur de paroisse, à l'Évêque diocésain^ au Pape.

(1) Adresse du clergé de l'Archevêché de Braga (Portugal) au Pape. L'Univers, B septembre 1893. •

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