LEUR CINQUANTENAIRE
1841-1891,—voilà deux dates retentissantes dans l’histoire de la congrégation des Pères Oblats. La première marque l’époque de leur arrivée en ce pays ; la seconde, la cinquantenaire de cet établissement.
Cet institut occupe une place trop considérable dans les annales de la civilisation canadienne pour que nous laissions passer inaperçue la célébration de cet événement.
La congrégation des Oblats de Marie immaculée, fondée en 1815 par l’abbé de Mazenod, depuis évêque de Marseille, n'avait encore signalé son zèle apostolique qu’autour de son berceau provençal, lorsque les missions du Canada lui furent ouvertes. De cette époque date le prodigieux développement de cet ordre.
A l'heure qu'il est, les Oblats occupent les anciennes missions des Jésuites. Le grand Nord et le far west se trouvent sous leur contrôle religieux.
Louis Veuillot a fait quelque part en ses Mélanges, en style réaliste, la peinture de ces inconcevables misères. Mgr Grandin, si bien connu ici depuis l'insurrection de 1885, était de passage à Paris en 1869 et le grand polémiste le présentait au public français sous le titre de Un évéque pouilleux !
Plusieurs autres noms sont familiers aux catholiques de Québec comme collaborateurs à l’œuvre d’évangélisation de Monseigneur Taché: Mgr Faraud, Mgr Clut, Mgr Pas-
cal, Mgr Grouard, Mgr Durieu, Mgr d'Herbomez, le Père Lacombe, ete.
Comme tous les ordres illustres, l'institut compte ses martyrs. En 1885, les P?. Fafard et Marchand tombaient sous les balles des sauvages, victimes de leur courage et de leur dévouement !
D’après leurs constitutions, les Oblats, en dehors des missions, s'occupent du ministère paroissial.
Voyez le faubourg Québec à Montréal qu’ils ont transformé !
Plus près de nous, regardez leur œuvre à St-Sauveur. Quand ds ont pris charge de ce faubourg, il y a une trentaine d’années, St-Sauveur avait la réputation d’être un trou boueux, crasseux, où les gens craignaient de s’aventurer la nuit. I] n’y a pas aujou-d’hui de paroisse plus fervente. Pour les œuvres de charité, les confréries, les pieuses associations, elle est sans rivale. Le relèvement matériel a marché de pair avec la renaissance religieuse. À tel point que St-Sauveur est devenu l’un des centres prospères, intelligents et patriotiques de notre pays.
Ici à Québec, que d’aumônes, de consolations ne versent-ils pâs! Nous avons vu, une après-midi, leur parloir encombré d’une foule déguénillée, des visages hâves, des traits tirés révélant la misère et quelquefois le vice. Les bons Pères étaient 1à distribuant à chacun une bonne parole, un encouragement, un conseil, des secours mattriels,
En vérité, leur œuvre est belle!
Si, à ces titres, nous ajoutons leurs efforts pour vulgariser l'instruction publique, comme l'érection de l’Université d'Ottawa et du collège de Saint-Boniface, il faut reconnaître qu’ils ont été, pendant ce demi-siècle, des bienfaiteurs de notre pays.
Notre journal les remercie et souhaite à cet Ordre illustre courage, persévérance et succès !
Les journaux anglais, entre autres le Star, ont aussi beaucoup parlé des Oblats et du cinquantenaire.
Enfin la Semaine religieuse de Montréal a publié, en termes choisis, l’historique le plus complet et le plus précis. Nous attachons une telle valeur à ce document que nous le citons en entier ;