LES OBLATS DE MARIE IMMACULÉE
La congrégation, aujourd’hui si célèbre des Pères Oblats, est cependant de date récente, puisqu'elle remonte seulement comme on le sait, à 1816.
Fondée par l’abbé Charles-Joseph-Eugène de Mazenod,
depuis évêque de Marseille, qui au début limitait À sa rovince l’action de ses collaborateurs ; cette congrégation ‘tait primitivement désignée sous le nom d’Oblats de Saint-Charles ou de missionnaires de Provence. Ce titre indique bien la pensée de son auteur. Mais Dieu lui réservait une destinée plus grande.
Approuvée par le Pape Léon XII le 17 février 1821, elle reçut en même temps la glorieuse appellation de Oblats de Marie immaculée, Missionarii Oblati beatissim æ Mariæ Virginis sine labe conceptæ.
Les constitutions et les règles de l’Institut rédigées par l’illustre fondateur des Oblats avec son cœur embrasé du feu sacré de lu charité, avec son cœur “ grand comme le monde ”, selon l’expression de l’abbé Combalot, sont animées d’un tel esprit de foi, d’un si pur amour pour Jésus et Marie, qu’elles devaient attirer de bonne heure les âmes généreuses, prêtes à tous les dévouements.
En peu de temps la petite communauté établie à Aix, dans les restes d’un ancien monastère des Carmélites vit Hg ses rangs, et quand, en 1830, le noviciat fut transéré en Suisse—non loin de son lieu d’origine—il formait déjà une famille relativement nombreuse. En 1834 un autre noviciat se créait dans l’Isère à Notre-Dame de l’Osier, puis en 1836 la Corse voyait s'élever la maison d’Ajaccio, et le couvent de Vicu, tandis que l’année suivante s’ouvrait près de Goult (Vaucluse) la maïson de Notre-Dame des Lumières.
Jusque-là les Oblats avaient concentré leurs efforts, sous la direction de leur vénéré fondateur, à la prédication dans les retraites paroïissiales, aux missions données surtout dans le midi de la’ France. Ce fut du Canada que vint le premier appel au zèle apostolique des disciples de Mgr de Mazenod, appel qui devait avoir sur les destintes de la nouvelle Congrégation une si grande influence.
Mgr Bourget, évêque de Montréal, s'était rendu en Europe dans l’année 1841 pour demander le concours de pre français. À Marseille, il vit sa demande agréée par
fgr de Mazenod.
‘“ I1 semble, lisons-nous dans une notice publiée en 1887, que le Seigneur attendait ce grand acte de dévoue-
ment pour répandre sur la Congrégation ses bénédictions les plusabondantes. Grand nombre des diocèses de France et même de l'étranger envoyèrent des sujets à une société qui, jusque-là, leur était à peine connue, et les établissements se multiplièrent avec une rapidité merveilleuse,”