‹ Circé; comédie en trois actes en versChapitre 4 sur 14 · SCÈNE PREMIÈRE EVADNÉ, CLOÉ (Nymphes au service de CIRCÉ · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE EVADNÉ, CLOÉ (Nymphes au service de CIRCÉ

EVADNÉ

Ulysse dort auprès de la belle Circé.

Le milieu de la nuit est plus que dépassé. Nul voyageur nouveau n'apparaît sur la route Et personne n'a plus besoin de nous, sans doute.

[Cloé, que faisons-nous ici?

Quelles mystérieuses chaînes.

En ce palais du vain souci.

Nous retiennent loin des fontaines?

Comme on serait mieux sous les eaux.

En notre nudité sans voiles,

A piquer entre les roseaux

Les reflets fleuris des étoiles !

A nous moquer des segipans

Et des divertissantes poses

Qu'ils prenaient aux talus grimpants

Afin de nous jeter des roses !

CLOE

Hors du torrent natal où je voudrais plonger

Me retient une obscure force.

Et sur mon corps jadis fluide et si léger

Se forme une invisible écorce.

Je ne sais pas quel charme étrange et caressant Me mêle au grand frisson que la terre dégage Et j'entends se remplir mon cœur arborescent Du long bruissement do (quelque amer feuillage.

EVADNÉ

C'est l'Amour, c'est l'Amour, dans cette nuit d'été.

Qui tend le piège où tu succombes, N'as-ta pas vu passer la blanche Aphrodite

Sur son beau char traîné par des colombes? Peut-être un jeune dieu vers nous chemine-t-il Et peut-être est-ce moi que son cœur a choisie? Ne respires-tu. pas le parfum très subtil Qu'exhalent ses cheveux imprégnés d'ambroisie?

(Murmures de flûtes au dehors (i).]

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