‹ Circulaires annuelles d'Auguste Comte [microform]Chapitre 3 sur 10 · II · texte numérisé non relu

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Ordre et Progrès — Vivre pour autrui

DEUXIÈME CIRCULAIRE ANNUELLE

ADRESSÉE PAR L'AUTEUR DU SYSTEME DE PHILOSOPHIE POSITIVE

A CHAQUE COOPÉRATEUR DU LIBRE SUBSIDE EXCEPTIONNELLEMENT INSTITUÉ

POUR LUI

Paris, le 27 Aristote 63 (lundi 24 mars i85i).

Monsieur,

L'expression initiale de ma gratitude publique caractérisa, Pan dernier, Tesprit dans lequel fut institué et accepté le digne patronage collectif dont je suis devenu l'objet. Une plus longue expérience me permet aujourd'hui de compléter cette appréciation, en déterminant mieux la source de cet honorable protectorat.

Il semblait devoir émaner, non seulement des vrais positivistes, disposés à neutraliser ainsi une persécution dirigée, au fond, contre notre doctrine, mais aussi de ceux qui, sans aucune sympathie de principes, reconnaîtraient spécialement l'iniquité de ma spoliation polytechnique. On pouvait même croire que ceux-ci, plus nombreux et plus riches, contribueraient davantage au subside réparateur. Une espérance aussi naturelle na point été confirmée par Tévénement. Sauf quelques exceptions très rares, le public po-

lytechnique, quoique ayant pleinement réprouvé l'at' tentât commis envers moî «', 1. ^''""^e 1 atà cette in... . ' ""J'ement concouru

««e juste sauvegarde, même parmi mes «n.;/ camarades et mes nombreux élèves La 1"

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La nouvelle doctrine universelle obtient maintenant «î deux sortes d'adhésions ; les unes in^ffi I

quoique plus anciennes, se borne" a x""' philosophiques; les autres, plus r^en e" J'T complètes, S'étendent aux c;Léqurc ^^s Te ^ dmmction est surtout tranchée en An^erre ^^ ' de nombreux et puissants suffrages ont HT ^ temps, mieux établi que oarton. . ""''.'^"P"'^ '«"S" intellectueire du posh visme t h " "'"""'

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dissidence suffit à Tesprit pour rendre stérile la plus grande conformité d'opinions, tandis que le cœur surmonte aisément de graves divergences d'après un même sentiment poussant vers un but commun. Néanmoins, ces positivistes incomplets ne contestent j\ nullement la maxime sociale qui charge la classe active (^denourrir^a' classe contemplative. Ils reconnaissent même que, envers le nouveau pouvoir spirituel, cette obligation doit rester longtemps privée, jusqu'à ce que les convictions publiques soient assez élaborées. Mais, dans ce cas décisif, ils sont devenus aussi indifférents à mon sort que s'ils rejetaient mes principes fondamentaux.

Ainsi la véritable union dépend beaucoup plus du cœuTque'de Tesprit. Le positivisme doit de moins en moins compter sur ceux qui Taccueillent seulement comme un puissant moyen de satisfaction mentale, lié d^'aiîîeurs à une lointaine régénération sociale. Son avènement ne peut résulter que des sentiments disposés à y rattacher directement la seconde partie de la grande révolution. Or, cette terminaison de l'anarchie occidentale exige deux constructions principales , l'une théorique, l'autre pratique, naturellement connexes : l'établissement d'un nouveau pouvoir spirituel , et rincorporation normale du prolétariat à la société moderne. Plus notre Situation se développe, mieux on sent'^que le moyen âge nous a irrésistiblement légué ce double programme, qui suppose une intime combinaison entre les vrais philosophes et les dignes prolétaires. Il n'y a de véritables positivistes, théoriciens ou praticiens, que ceux qui embrassent ainsi toute la

question fondamentalp ^« i. , ^

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egoisme. Je era,„, une semblable issue chez plusieurs

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des prétendus positivistes qui ont refusé de participer à un patronage caractéristique, tou.ours enge en ventaHe devoir social par son éminent fondateur, et a.ns. accepté de tous ses dignes coopérateurs. " E entiellement restreinte au. positivistes co^p e ts une telle intervention devait d'abord être msuffisant . Quoique le subside réparateur ait un peu augmente pendant sa seconde année, il reste encore notablement nférieur au taux proclamé indispensable lors e so institution. Mais les embarras matériels que , éprouve ainsi n'altèrent pas ma sécurité morale. Je compte prochalnement sur l'entière efficacité d'une sauvegarde émanée de ceux qui, venant imposer à la nchesse de dLes obligations sociales, acceptent nécessairement pour eux-mêmes des devoirs analogues, indépendants de toute dissidence secondaire.

Ce protectorat normal pousse à développer graduellement les mœurs finales, dont il offre partie lement une heureuse ébauche. Je renonçai amsi, l an dernier, r out profit matériel dans la publication de mon econd grand ouvrage. [Système de politi,.. posm.e ou Tr!ité de sociologie, instituant la ReUg^on de r Humanité.) Cette résolution systématique, indispensable à la dignité du nouveau sacerdoce, -ent de produire une précieuse réaction, qui dissipe les difficultés relatives à l'impression du tome premier, termine le .4 février i85o. Depuis que j'ai aussi consemi à l acha séparé de chaque volume, un positiviste dévoue a noblement garami les frais typographiques, en sorte que ce volume, déjà sous presse, doit paraître en juillet prochain. Quoique la difficulté ne soit ainsi levée

matériellement qu'envers le tome premier, cette heureuse solution m'assure moralement la publication successive des trois autres.

Lg positiyjsine^cornmence donc à suffire, par ses^

tiels. Cette aptitude doit y compenser l'absen^T^i^e ^ de toute protection hétérogène. Les autres rénovations trotiverent toujours, dans le milieu correspondant quelques précieuses assistances, en même temps que de puissantes entraves. Seule, la régénération finale se développe aujourd'hui sans aucun secours étranger Cette exception semble inexplicable envers une doctrine dont le caractère relatif et l'esprit historique lui procu rem des affinités partielles avec toutes les To es actuelles. M.ls la parfaite cohérence du positiLm dispose naturellement à lui refuser des concessilT qu on ne pourrait point limiter, tandis que la nature vague des synthèses antérieures ne faisait pas redo un tel entraînement. Cette pleine harmonie, à laT spontanée et systématique, secondera bient t l'asc n dant universel de la nouvelle doctrine générale Mais e nous p,.e maintenant de toute adhésion inctplete. La religion qui vient réduire notre espèce à sa^

assistance hétérogène. ~^ j!:iL'^j^

Malgr? cette condition nécessaire, il ne manaue

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Mais cette 1"^?°"^'"'" „ . est aujourd'hui pourvue vainement en octobre x84^ ^^,'^,,,,,,,3 français a^un nombre suffi^ nt de^d.g ^^^ ^^^ ^^,,„,e,

et occidentaux. Elle na F ^^^^^.^.^ ^^^

matérielles -^^'^P-^^^ ^'^subside actuel, rendrait heureusement inutile mon

Salut et Fraternité.

Auguste COMTE.

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Ordre et Progrès - Vivre pour autrui

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