‹ Circulaires annuelles d'Auguste Comte [microform]Chapitre 4 sur 10 · TROISIÈME CIRCULAIRE ANNUELLE · texte numérisé non relu

TROISIÈME CIRCULAIRE ANNUELLE

ADRESSÉE PAR LAUTEUR DU SYSTEME DE PHILOSOPHIE POSITIVE

POUR LUI

Paris, le lundi 5 Moïse 64 (5 janvier i852)

Monsieur,

bans mes précédentes circulaires, j'ai suffisamment explique, d abord la nature, puis la source du subside exceptionnel auquel vous voulez bien coopérer. J'en dois aujourd'hui faire spécialement apprécier la destination et le caractère, que le temps seul pouvait assez déterminer. Proposée et acceptée comme un devoir social,cette noble sauvegarde dut exclusivement émaner de ceux qu. senuiemdignement l'iniquité de la spolia- J"^ repjrer^M;impo?ïiH^-u-^;j:^

Mais tous supposèrent-siôntanément, avec moi-mliiie que ce patronage collectif serait purement temporaire,' nul ne pouvant prévoir qu'un tel attentat resterait sans aucune réparation ou compensation. I! importe donc de savoir que, contre notre espoir naturel, ce digne protectorat doit, d'après une expérience trop décisive, aevenir maintenant perpétuel.

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Loîn d'aboutîr à la moindre réparation, ma persécution officielle vient d'être irrévocablement complétée en m'ôtant, après dix-neuf années d'un irréprochable exercice, le poste subalterne qu'on me laissa, dans une école dégénérée, quand on m^ ravit, en 1844, ^o" principal office. Ce complément d'iniquité, que j'avais dès lors prévu et annoncé, s'est d'ailleurs accompli, comme la spoliation initiale, sans aucune vraie participation d'un gouvernement qui, sous divers régimes, a depuis longtemps abdiqué sa juste suprématie polytechnique. Les deux actes émanent uniquement des différentes coteries scientifiques auxquelles ce célèbre établissement se trouve successivement livré. Toutes s'acharneront toujours contre le seul philosophe qui puisse aujourd'hui démasquer le charlatanisme et la médiocrité académiques en subordonnant activement tous les travaux de détail à de véritables conceptions d'ensemble. Depuis que ce vol légal est entièrement consommé, le chef suprême de la malheureuse école vient de me prouver, par une noble lettre, combien les dignes praticiens sont étrangers aux viles passions qui poussent de prétendus théoriciens vers ces méprisables attentats.

Ce coup final achève de dissiper tout espoir de réparation polytechnique. D'un autre côté, quoique le gouvernement ait toujours regretté son impuissance légale contre ma double spoliation, il n'a jamais tenté de me procurer ailleurs quelque juste compensation. Ainsi frustré de toute ressource officielle, je n'ai pu même replacer mon existence matérielle sur sa base primitive du libre enseignement privé des sciences

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mathématiques. Trois années de loyaux efforts pour reprendre une profession qui ne convint qu'à ma jeunesse, viennent de me démontrer Pimpossibilité d'y trouver désormais un abri contre ma pauvreté personnelle. L'élévation même de mon enseignement empêche une telle efficacité, depuis que ces études fondamentales sont, surtout en France, aussi dégradées habituellement par la stupidité des vues que par l'indignité des motifs.

D'après cette situation définitive, je suis donc contraint, à cinquante-quatre ans, de fonder toute ma subsistance sur la noble souscription publique qui d'abord surgit comme une garantie partielle et passa-^ gère. Mais les grands travaux qui m'ont attiré ce sort exceptionnel m'assurent aussi le concours croissant des actives symphaties, intellectuelles et sociales, qu'exige une telle destinée.

J'ai systématiquement voué toute ma vie à tirer enfin de la sçi^ce__réelkjes baseTnécëssaires^^d^ saine philosophie, d'après laquelle je d^ais e nsuiLe construire la'^vraje religion. La première tâche est entièrement achevée depuis dix ans, et la seconde vient de commencer par la publication décisive, en juillet i85i, du tome premier de mon Système de politique positive, ou Traité de sociologie, instituant la Religion de V Humanité, Ce second ouvrage établira la supérioritéjnoraleju pos aussi solidement que"mon\

JÂvrefondamental en déinontre la supériorité intelle^- t tuelle. Ayant ainsi constitué la seule synthèsevrdm^ent compjète^>autant relative désormais^ au^ cœur qu'à l'es^rit^^ je dois obtenir des adhésions assez profondes

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