CHAPITRE IT
Cirrhoses hypertrophiques
PREMIÈRE PAPTIE
Cas avec autopsie
OBSERVATION XI (résumée)
[MÉNÉTRIER. Soc. méd. des Hôpitaux, 1900]
Femme âgée de 46 ans, marchande des quatre-saisons.
Rien à noter dans les antécédents héréditaires et personnels. |
Il y a 3 ans débute l'affection présente par augmentation du volume du ventre. Bon état général, appélit conservé.
Il y a un an épislaxis abondantes ; le ventre a augmenté de volume. On constate une hypertrophie du foie.et une grosse hypertrophie de la rate. Pas d’ascite.
Le foie est dur, il parait régulier, non douloureux, bord libre mousse.
Pas de dilatation veineuse, peu de troubles fonclionnels.
Urines en quantilé normale, sans albumine ni pigments bihaires.
On pense à une cirrhose hypertrophique et on inslilue le
régime lacté avec purgalifs salins. La malade quitte l'hôpital.
Après deux allaques de rhumatisme articulaire aigu qui l'ont fait rentrer à l'hôpital, on pratique l'étude de l'élimina- Lion rénale au bleu de méthylène et au salicylate de soude ; il y a pour ces deux malières intermittence dans l'élimination.
En deux mois l'état général s'aggrave ; l’ascite et les œdèmes apparaissent le foie et la rate sont hypertrophiés.
L'urobiline apparaît dans les urines, sans sucre, ni albumine, ni pigments biliaires.
Une broncho-pneumonie double entraine la mort,
Le diagnostic porté avait élé : cirrhose hypertrophique d'origine alcoolique probable avec mégalosplénie.
L'autopsie montre un foie de 2.800 gr., adhérent au diaphragme, à surface régulière, sans incisure, parsemé sur celle surface de granulalions de volume variable formées de tissu caséeux caractèrislique de la gomme viscérale.
La rate est énorme : 1750 gr.
Au microscope on trouve des lésions de sclérose vasculaire avec atrophie simple des cellules hépatiques, sans tendance à la régénération du parenchyme ni à la transformation en
néocanalicules.
[ci comme dans l'observation I rien n’a pu faire préjuger la nature syphililique des lésions ; pas d’antécédents, pas de stigmates culanés où osseux.
Des présomptions d’alcoolisme ont entraîné un diagnostic qu'est venu infirmer l’aulopsie ; encore le foie n'avail-il pas l'apparence du foie ficelé, syphilitique. Hérédo syphilis à forme lardive ou syphilis acquise
ignorée, laquelle était en jeu. ? on ne saurait le dire et
ON
cela nous montre la difficulté d'arriver parfois à une no-
lion étiologique exacle.
OBSERVATION Xil (résumée)
(GRENIER. Thèse de Paris, 1906]
Homme qui a un passé assez chargé ; à eu la syphilis, des accès cle paludisme, antécédents alcooliques notables.
Rentre à l'hôpital Tenon après avoir présenté des troubles digestifs dus à l'éthylisme, un amaigrissement considérable el des douleurs dans la région lombaire.
Pas d'ictère.
Pas de pigments biliaires dans le sérum.
La rale s'étale dans le flanc gauche jusqu'à l'ombilie. Elle est dure, lisse, douloureuse. :
Le foie peu hypertrophié dépasse légèrement les fausses côtes ; il est douloureux à la palpalion.
La cirrhose apparaît avec ascile, méléorisme, circulalion veineuse collatérale, troubles fonclionnels nécessitant différentes ponclions : un hydrothorax survient contrôlé par l'examen cylologique (pas d'éléments cellulaires).
Poussées d'ictère cholémique.
Présence d'urobiline dans les urines, pas d’albumine.
L'épreuve de la glycosurie alimentaire est négative.
L'examen du sang montre un certain élat d'anémie. 2.330.000 globules rouges.
Pas de fièvre, mais dans les derniers Lemps la Leinte subictérique devient netlement iclérique ; l'oligurie apparait, l’ictère grave se déclare et la mort survient au milieu d'une dé-
lire d'actions violent, d'hématémèse, d'épislaxis.
ÉLIEC, 40
Quand le syndrome hépato-splénique fut réalisé on porta le diagnostie de cirrhose biveineuse ; quant à la cause, alcoolisme, paludisme, syphilis furent invoqués tour à tour. |
Le traitement mercuriel fut employé sans aucune efficacité.
Néanmoins l’autopsie et l'examen histologique du foie ré-
vélèrent la nature syphililique de la lésion.
OBSERVATION XII (résumée)
[Savy Er DELACHANAL Province médicale 1910]
Femme de 42 ans, lingère.
Antécédents personnels ; à 27 ans pleurésie droite qui dura huit mois et ne fut pas ponclionnée.
Pas d'antécédents éthyliques, pas d'accident spécifique.
I y a vingt ans elle à eu un enfant né à terme, mort-né, macéré.
Il y a un an el demi douleurs lombaires très vives et douleurs dans l'hypocondre droit : une intervention eut lieu ; on aurait enlevé des calculs ?
Un mois après apparaissent épistaxis, hématémèse, ascite volumineuse, œdème des jambes.
C'est le tableau d’une cirrhose éthylique.
Urines diminuées de volume, pas de sucre, pas d'albumine, très peu de pigments biliaires.
Rien au cœur.
Respiration normale. Oppression constante. On ponctionne, on relire 11 litres de liquide citrin.
On sent nettement le foie, douloureux, dur, irrégulier,
hypertrophié.