‹ Cirrhoses syphilitiques Simulant les Cirrhoses AlcooliquesChapitre 18 sur 25 · OBSERVATION XIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIX

[ESMEIN et Parvu. Archives générales de méd., 1909]

F..., renlier, n'a jamais eu aucune maladie.

FDNE FES

Il y a 20 ans, a présenté dans la bouche une pelite ulcéra- Lion restée unique qui a guéri rapidement sans mercure.

Habiludes manifestes d'alcoolisme.

Jamais de troubles digestifs, ni de troubles du système nerveux. Apparilion de tous les signes de cirrhose du foie : ascile libre, splenomégalie, léger subictère de la face, hypertrophie notable du foie.

On pense à deux choses: syphilis et alcoolisme. On fait une réaction de Wassermann dans le sang el le liquide d’as- Cile. J

Résullat : faible quantité d'anticorps antisyphiliiques dans le sang de circulation générale, alors qu'on les trouvait accu-

mulés dans le liquide d'ascile, au contact même du foie.

Celle constatation ne laissait aucun doute sur la nature syphilitique de la cirrhose dont le malade était alleint. D'ailleurs le traitement mercuriel aussitôt inslitué, agit avec une efficacité démonstralive : l’ascite cessa de se reproduire, se résorba.

L'état général s'améliora el {rois semaines plus lard le

malade pouvait reprendre ses occupations.

OBSERVATION XX (inédite) Prise dans le service de M. le Professeur LETULLE Charles L. .., âgé de 48 ans exerce le métier de chaudron-

nier en Cuivre.

Aucun renseignement sur ses antécédents héréditaires, ses

lent

parents étant morts lorsqu'il était en bas âge.

Comme antécédents personnels il a eu à 16 ans une bronchite qui a duré quatre mois et à 42 ans une fluxion assez grave qui l’a retenu alité durant trois mois.

Marié à 26 ans il a eu quatre enfants qui sont lous aujourd'hui bien porlants. La femme qui est affligée actuellement d'ulcères variqueux n'a jamais eu de fausse couche : une seule congestion pulmonaire il y a huit ans l'a arrêtée dans. son travail.

Le malade avoue des excès alcooliques qui sont en effet assez notables ; journellement el pendant plusieurs années il absorbait avec quelques variantes quatre absinthes, lrois bocks de bière, trois litres de vin el quelques petits verres de temps à autre.

Le début de l'affection pour laquelle le malade est entré à l'hôpital la première fois, remonte à quatre ans. Il fut pris. brusquement dans le côté droit d'une douleur vive, lancinante qu’il supporta pendant un mois sans se faire examiner. Souffrant toujours dans la région hépalique, ayant assez fréquemment le malin des pituites et des nausées, il consulla un médecin qui diagnostiqua une cirrhose alcoolique du foie. Traité par des pilules, prétendues digestives, pendant plusieurs mois el ne voyant pas s’alténuer les douleurs de la région du foie, commençant même à ressentir des élancements dans l’hypocondre gauche, il vint dans le service de M. le Professeur Letulle où il fut vu pour la première fois en février 1909. z

Jusqu'à celle époque il ne s'élait nullement aperçu de l’augmentalion de volume de son ventre, il n'avait souffert que de quelques troubles digestifs et de douleurs abdomina-

163. À l'examen, on conslala un foie très hypertrophié et une

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Splénomégalie assez notable avec une certaine quantité d'ascite. À la palpation, le foie gros, dur, ne paraît pas bosselé ; il descend à neuf (ravers de doigt environ, au-dessous des fauses côtes. Les sclérotiques sont colorées par un léger su- - bictère.

Les urines sont diminuées en quantité ; elles ont une coloration jaune clair. |

Le malade pour lequel nous n'avons pu avoir d’autres renseignements est alors soigné comme alleint de cirrhose hypertrophique d'origine alcoolique. On le met au régime lacté absolu. Au bout de trois mois on améliore un peu son régime en y ajoutant un œuf, puis plus tard une purée.

À Ja fin du sixième mois, le malade qui n'a pas élé ponctionné présente un peu de liquide dans le ventre. Son élat est très amélioré, le foie el la rate ont un peu diminué de volume, et les urines sont revenues à leur volume normal.

Malgré un amaigrissement énorme. 24 kilogr. en six mois dû fort probablement à ce que ce malade très corpulent a été soumis à un régime sévère, il quitte l'hôpital fin juillet pour achever chez lui sa convalescence.

Pendant un an il resle au repos absolu, se nourrissant de lait, de pâtes, de purées.

A la fin de 1900 il reprend un peu ses occupalions professionnelles et revient de Lemps à autre dans le service de M. le Professeur Letulle.

En avril 1911, le foie restant toujours gros, sans nodules -appréciables et la rate présentant toujours une hypertrophie dont la persistance éveille des soupcons sur l'étiologie de l'affection, on fait un examen du sang. La séro-réaclion de de Wassermann praliquée dans le laboratoire de M. le Pro-

fesseur Lelulle par M. Bergeron fut nellement posilive.

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En présence de celle preuve d’une syphilis ancienne on essaie le Lrailement par des piqûres de biiodure. Trois fois. par semaine on pralique dans es régions fessières droite et gauche des doses de bi-iodure, très faibles au début, un demicentigramme. Mais des induralions se produisent qui font. souffrir le malade. Vers la vinglième piqûre des douleurs au point d'injection deviennent intolérables et l’on interrompt letraitement qui a amené cependant une amélioration sensible.

Enfin mai 1911, le malade est soumis au traitement élec-

trique par les courants de haute fréquence ; après 4 mois d’électrisalion le malade se sent bien mieux, le foie et la rate auraient diminue de volume. Depuis la lension radiale qui élail de 22 est tombée à 15 fin juillet.

L'examen du sang refait par M. Bergeron, le 22 juin 1911, a montré une séro-réaelion de Wassermann faiblement positive.

Le 30 décembre 1911, nouvelles recherches sur le sang du malade, par M. Bergeron : la séro-réaction de Wassermann est devenue de nouveau franchement posilive.

Le malade n'est pas revu de décembre 1911 à octobre 1912; il a repris son travail, se faliguant assez vile, mais laissant de côté ses habitudes de boisson. Cependant depuis trois mois il absorbe un demi litre de vin dans sa journée.

Interrogé par nous-même pour la première fois en octobre 1912, ce malade nous raconte qu'il se trouve assez bien portant depuis un an : il a engraissé, son appétit est excellent. I se plaint seulement de maux de têle qui surviendraient assez fréquemment, surtout le soir ; de quelques troubles de la vue qui le prendraient brusquement. Un nuage devant les

yeux, voilà ce qui le tourmente lrès souvent et depuis plusieurs.

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