‹ Cirrhoses syphilitiques Simulant les Cirrhoses AlcooliquesChapitre 19 sur 25 · PT LES · texte numérisé non relu

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mois. L'examen de la vision ne nous a révélé aucune alléra on soil dans la réaclion des pupilles à la lumière soit dans. le mécanisme de l'accommodalion.

I accuse une perte légère de la mémoire, un peu de surdité.

Les mictions sont fréquentes, peu abondantes. Les urines sont claires. É :

L'examen de l'abdomen nous révèle par la percussion l'absence de liquide ascilique et la présence dans l'hypocondre droit d'un foie très hypertrophié descendant à cinq lravers de doigt au-dessous des fausses-côles, augmenté de volume surtout dans son lobe droit.

La palpalion permet de senlir cet organe dur, résistant peu: adhérent, non douloureux mais présentant lorsque l'on met Fa-main à plat sur l'abdomen des nodosités, des saillies assez volumineuses. Les bords sont tranchants, irréguliers.

La rate également hypertrophiée n'a pu être aussi facilement délimitée par suite d’un épais pannicule graisseux qui gène l'exploration abdominale. Elle n'est pas douloureuse. Pas de circulation collatérale.

Pas de troubles digestifs. Pas de constipation ou de diarrhée. Le malade se plaint de douleurs lombaires qu'il croit dues à un excès de fatigue.

Très léger subictère.

réflexes tendineux normaux.

Rien au cœur.

À l’auscultation des deux poumons, on entend quelques râles muqueux et silbants légers. L'apparence du malade est bonne.

La séro-réaction de Wassermann faile par M. Bergeron le

17 octobre était négative. Cependant avec la dose la plus

forle d’auligène l’hémolyse n’élait pas tout à fait complète : les anticorps syphilitiques n'avaient donc pas complètement

disparu du sang.

En définilive, nous nous trouvons là en présence d'un malade dont le diagnostic est celui d’une cirrhose hypertrophique syphilitique. Aucun signe au début ne permeltait de rapporter à celte origine la présente affeclion ; pas d’antécédents hérédilaires ou personnels qui aient pu guider.

L'examen du malade n'avait pas révélé d'irrégularités ou de nodosilés sur le foie.

L'alcoolisme semblait alors tout indiqué comme la cause probable de ces désordres organiques et de cés troubles fonctionnels.

La réaction de WassErMaNN est venue par ses résultals orienter le diagnostic dans une nouvelle voie et faire songer à la possibililé d’une lésion syphilitique. Bien que le traitement n'ait pu être très prolongé, nous pouvons tirer cependant de l'amélioralion ressentie par le malade une confirmation du diagnostic porté. De plus, la possibilité d'avoir pu revoir le malade après un an d'absence environ et d’avoir pu sentir par le palper abdominal un foie dur, irrégulier, parsemé de no- -dosités sur sa face antéro-supérieure et d’encoches sur son bord antérieur, ont permis d'affirmer la nature de Ja cirrhose.

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OBSERVATION XXI (inédite) {Due à l'obligeance de M. BERGERON]

Aulopsie faile par M. le Professeur Lelulle

Marie R.., 35 ans, est entrée dans le service de M. le Professeur Lelulle pour une affection hépatique, cirrhose hypertrophique que l’on croit d’origine alcoolique.

Eile entre le 28 juin 1910 dans les salles de l'hôpital Boucicaut, avec un état général très altéré ; un ictère grave l'emporte le 12 juillet. La réaction de Wassermann faite la veille du décès par M. Bergeron est positive.

L’autopsie, faile par M. le professeur Letulle, montre les arlères aorle et iliaques primilives parsemées de placards athéromateux.

Les deux reins sont coulurés de cicatrices.

Les poumons présentent quelques minces adhérences sans lésion luberculeuse.

Le cœur est pelit avec une malformalion du seplum interventriculaire,

La rate molle est assez volumineuse. Poids 320 grammes.

Le foie, cirrhotique, putréfié dans toute son étendue, présente quelques adhérences à la face inférieure du lobe droit el autour de la vésicule biliaire. Il est mal formé : les deux lobes droit et gauche possèdent chacun un lobe flottant.

À la coupe le tissu hépatique est dur, jaunâtre dans les parlies non putréfiées, moucheté de nodules noiràtres et verdâtres. Poids : 2 k. 150 gr.

Eslomac sans ulcéralion ni varice ; quelques anciennes

Es ne

adhérences immobilisent le colon transverse.

Grand épiploon un peu rétracté.

En résumé : Syphilis ancienne. Cirrhose alcoolique hyper-

trophique, aortite chronique, malformations multiples.

Nous voyons évoluer dans ce cas une cirrhose hypertrophique chez une syphilitique, pour laquelle la réaction de WaAssERMANN élail positive :; et cependant l'examen macroscopique du foie n’a révélé que des lésions de cirrhose alcoolique avec gros foie. Nous conslatons cependant à l’autopsie des autres organes outre les lésions d’aortite chronique, des cicatrices nombreuses sur les deux reins, des adhérences du colon transverse. L'examen microscopique du foie qui aurait pu fournir d'intéressants renseignements n’a pu être prali-

qué vu l'état de décomposition de l'organe.

FPT TE

CHAPIERE HI

Discussion des faits

1° Etiologie. —. Parmi les vingl el une observations que nous rapporltons, nous éliminons de suite la X et la XXI dont nous aurons à parler plus loin.

Parmi les dix-neuf autres, nous relevons, sur neuf malades atteints de cirrhose atrophique, quatre dont les antécédents rapportent une syphilis ancienne. Un autre malade (VI) présente des alléralions osseuses qui semblent bien êlre d’origine spécifique. Un de ces syphililiques est, de plus, alcoolique (VITE Deux autres malades ont des antécédents alcooliques neltement accusés et l’un deux (V) est atteint d'impaludisme. Enfin dans les antécédents des deux autres (HIT et VIT) on ne trouve aucune cause pouvant par linterrogaloire expliquer les

lésions hépaliques.

Do

Parmi les dix malades atteints de cirrhose hypertrophique nous notons quatre syphilitiques. dont un douteux (XIX). Tous les quatre sont de plus alcooliques, et l'un d'eux (XI) est atteint d’impaludisme. Deux autres malades sont alcooliques et l’un d’entre eux (XIV) est de plus un paludéen. Les quatre autres malades n’avouent dans leurs commémoratifs ni alcoolisme ni syphilis, ni impaludisme. L'un d’entre eux (XIII) une femme, a eu un enfant mort-né macéré, et la syphilis peut, de ce fait, êlre soupçonnée.

Pour lous les cas douteux ou non de ces deux groupes de cirrhoses atrophique et hypertrophique, où la mort estsurvenue , l'aulopsie a élabli la présence de lésions syphililiques. Pour les aulres, la réaction de WASsSERMANN à indiqué une syphilis latente et les résulals du traitement ont révélé une lésion organique syphililique. | |

Dans la moilié des cas environ nous notons des antécédents alcooliques indiscutables ; c’est que l'alcool en effet peut créer un locus minoris resistentiæ, point d'appel de la localisation syphilitique.

KaBanorr, disculant l’étiologie des cirrhoses du foie prétend que l’alcoo!l n'agit pas plus sur cet organe que sur les autres, etse basant sur les résultats des expérimentateurs qui n'ont observé après action de l'alcool que des stéatoses et des dégénérescences cellulaires, il proclame que « {out agent nuisible exlérieur peut devenir l'occasion d'une cirrhose hépatique ».

Nous pouvons opposer à ces faits les expériences de

hs à PL. dé ball

an

REcuTER qui à réussi à produire, par absorptions répétées de pelites doses d'alcool, des lésions cirrholtiques. L'influence de ce poison est indéniable ; il peut, agissant seul, créer la cirrhose hépatique, mais il faut croyons-nous, lenir aussi grand compte de la résistance que l'organe peut opposer à ses alleintes, envisager la prédisposilion de l'individu, son « éliologie inlerne ». selon l'expression de KaBanorr : dans certains cas elle pourra lui permettre d'organiser sa défense au dedans ; dans d’autres cas au contraire lui faire défecion. ;

Le paludisme nolé dans deux de nos observations vient encore contribuer à l'affaiblissement du terrain. Quand :l s'associe à l'action de l'alcool comme chez un de ces deux malades, quelle part lui imputer dans les désordres organiques ?

Ea syphilis avouée huit fois sur dix-neuf cas, méconnue pour les autres vient superposer son aclion infec- Heuse à l’intoxication antérieure. Quand elle se fixe la première sur le foie, elle rend cel organe plus vulnérable, et si l'alcoolisme survient, la lésion latente entre en activité.

L'âge vers lequel évolue ces lésions oscille entre 25 el 50 ans, alleignant avec une plus grande fréquence le

sexe masculin.

2° Symptomatologie. — Les débuts, en général lents, sont assez variables ; ce sont lantôt des troubles

digestifs qui ouvrent la scène : nausées, lenteur de di-

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