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gestion, vomissements piluiteux le matin, ballonnement abdominal, pesanteur à l'épigastre, traduisent là une irrilalion due souvent à l'éthylisme. Tantôt des douleurs dans les lombes ou dans l'hypocondre droit, par-fois vives, lancinantes, intermittentes, forçant le malade à interrompre son travail, parfois plus sourdes, plus dissimulées. Un élat de lassitude permanent peut inquiéter le malade.
Le plus souvent il n'y a dans ces prodromes que peu de symptômes hépatiques et l'attention ne se porte pas sur l'organe où le tréponème agit én secret.
Après un temps plus ou moins long surviennent une augmentation du périmètre abdominal, un amaigrissement notable : des œdèmes fugaces, des épistaxis, des hématémèses, des hémorroïdes traduisent Ja gêne de la circulation portale. L'ascile, que l’on rencontre loujours dans ces formes, s'installe à son tour lanlôl rapidement, tantôt plus lentement, variable dans son abondance, mais plns importante, plus conséquente dans les formes atrophiques où les alléralions de l'élément noble sont plus accusées que dans les formes hypertrophiques. Se reproduisant rapidement après les ponclions rendues parfois fréquentes par la gêne respiratoire éprouvée par le malade, elles finissent dans cerlains eas par entraîner la cachexie et la mort : que l'aicoolisme ou a syphilis soient en cause, ne simulent-ils pas là le même processus morbide ?
Lésions des ramifications lerminales de la veine por-
te où élranglements de ces terminaisons peuvent égale-
ment gêner, arrêter la circulalion et favoriser l'épanchement séreux. LANGEREAUX rapporte le cas d’une malade chez laquelle une dilatalion des veines superficielles de la région supérieure de l'abdomen et une ascile considérable avec ictère, l'avait amené à diagnostiquer une cirrhose alcoolique ‘il fut reconnu que l’ascite était sous la dépendance du retrait de fausses membranes épaisses enveloppant le feie tout entier et rétrécissant le calibre de la veine porte. Cet organe incisé renfermait des dépôts gommeux el des cicatrices qui meltaient hors de doute l’origine spécifique de ces désordres.
Réseau veineux sous-culané plus ou moins saillant, œdèmes malléolaires envahissant les membres inférieurs, teint en général pâle, blême, rarement iclérique, préludent à l'apparition des signes d'insuffisance hépatique : diminution de Ja quantité des urines et diminution de l'urée, urobilinurie très fréquente, albuminurie inconstante, pas de pigments biliaires dans les urines, glycosurie alimentaire à résullats variables, troubles dans le rythme de l'élimination du bleu de méthylène.
Pas de fièvre en général à moins qu’elle ne traduise l'inflammation concomiltante d'autres organes. Les troubles gastro-intestinaux peuvent persister à cette périôde : vomissements répélés, diarrhée allernant avec la constipation.
Hémorragies inleslinales, hémalémèses se produisent quelquefois, surtout quand il y a hypertension porlale exagérée : elles peuvent par leur soudainelé et leur im-
portance entraîner la mort du malade. Le foie est atro-
phié ou hypertrophié, caché sous le diaphragme ou débordant les fausses côtes, souvent indolore, dur, lisse ou bosselé, à bords mousses ou tranchants.
La rate est toujours augmentée de volume ; elle atteint parfois de très grandes dimensions, dure de consis-
tance, régulière ou échancrée dans sa forme.
3% Évolution, pronostic. — Abandonnée à elle-même
la cirrhose syphilitique va achever de se confirmer lentement: de nouveaux symplômes, troubles généraux
des grandes cirrhoses hépaliques, vont s'ajouter à l'exagéralion des précédents.
En proie à des auto-intoxicalions mulliples, par déchéance des fonctions du foie et consécutivement des. autres organes, les cirrhotiques s'acheminent plus ou moins rapidement vers cet élat que M. le professeur Desove dénomme si justement état d'« urémie hbépatique ».
Broncho-pneumonie ou iclère grave, hémalémèses ou hémorragies intestinales peuvent abréger l'agonie du malade.
Quelquefois l’évolution est rapide, rappelant celle de la cirrhose alcoolique, mais nous savons que la cirrhose alcoolique peut parfois traîner pendant plusieurs années.
Trailée, l'affection est susceptible de guérison, surtout si l'élal général est bon. Ce qui peut guérir dans la cirrhose, c'est l’ascite, ce sont les symplômes accessoires qui pour la plupart en dépendent. Le foie et la rate
peuvent s'améliorer dans leur état, mais le reslilulio da
inlegrum d’un foie cirrhosé est difficilement concevable.
Le pronostic sera donc variable suivant l’état du foie : hypertrophié, il témoigne une réaction de défense et les lésions, dans ce cas, sont influencées par le trailement d'une façon plus constante et plus durable que dans la forme atrophique ; si la sclérose n'a envahi qu’une faible partie du tissu, le malade peul échapper, en effet, au coma hypothermique qui résulle de l'insuffisance hépalique ou à l'anémie séreuse qu’occasionnent les ponctions répélées. Mais il est plus sujet aux varices gastro-æsophagiennes et dans celle forme, c’est, comme le remarque M. le professeur GizBert « par excès de défense que l'organisme succombe. »
Le sens de l’évolution n’est pas toujours facile à prévoir : il faudrait pour cela connaître l’état de débilité:
hépalique du sujet.
4 Anatomie pathologique. — Le syndrome clinique pseudo-cirrhotique de la syphilis hépatique que nous venons d'examiner, ne nous paraît pas répondre au point de vue anatomique à un type aussi défini.
Des observalions que nous avons rassemblées et dans lesquelles nous avons pu obtenir des résullats d'aulopsie, il semble résulter en effet que les lésions sont assez variables suivant les cas. Tantôt nous avons trouvé les: lésions scléro-gommeuses banales de l'hépatite syphililique tertiaire avec bandes irrégulières de sclérose et nodules plus ou moins ramollis, en somme le foie ficelé
classique, mais coexislant avec un tableau clinique qui