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LES OUVRIERS ÉTRANGERS

Comment organiser les versements pour les ouvriers étrangers? On ne doit que le salaire à l'ouvrier étranger qui vient en France pour la moisson ou la vendange, ou pour les terrassements. Mais comme ce serait encourager l'emploi de la main d'œuvre étrangère, l'employeur devrait, pour tout travailleur à la journée, étranger, payer dix centimes par journée, à la Caisse des retraites professionnelle. Le versement fait pour les ouvriers étrang-ers profiterait à ceux du pays.

Quant aux ouvriers étrangers établis en France, il serait juste de ne leur accorder le bénéfice de la retraite que s'ils ont été admis dans un syndicat professionnel, et qu'ils restent fixés en France pour jouir de

leur retraite. Gomme ils n'auront rien versé, ils n'auront rien à réclamer, s'ils s'en vont. 11 est donc inu- 'iile de stipuler un traité de réciprocité avec leur pays d'origine. Leur établissement défînitif en France serait un premier pas vers la naturalisation. En aucun <îas ils ne pourraient jouir de leur retraite à l'étranger, mais ils conserveraient leurs droits sur leurs versements à la Caisse de garantie. Ils pourraient en réclamer le montant en quittant la France, mais sans intérêts, et à la condition de le représenter et de le verser de nouveau à la Caisse de garantie, s'ils revenaient pour travailler. Il ne faudrait pas qu'un voyage quelconque leur permît de supprimer leur gage, et de devenir ensuite une cause de trouble.

Il faut traiter les étrangers comme des nationaux, autant que possible, et leur accorder la plus large hospitalité ; mais cette hospitalité doit être respectée par eux avec les plus grands égards et considérée comme une sorte d'adoption.

C'est aux syndicats nationaux à accepter ou à refuser les ouvriers étrangers parmi eux, selon les besoins, sans pouvoir cependant leur interdire le travail en dehors d'eux. Ils ne pourraient que les exclure des bénéfices du syndicat, notamment de la réserve acquise et du statut personnel.

Si des ouvriers étrangers repoussés par les syndicats français se constituaient eux-mêmes en syndicats professionnels, il n'y aurait pas lieu de leur refuser les bénéfices du syndicat, mais à la condition, comme nous l'avons dit, de ne leur servir leur retraite qu'autant qu'ils résideraient en France pendant leur vieillesse. Et il conviendrait aussi de leur demander un versement de garantie plus important, avec un

LES RETRAITES OUVRIÈRES

impôt proportionnel sur la main d'œuvre. L'employeur devrait payer cet impôt et le verser au profit des allocations provisoires destinées , pendant quarantesept ans, à servir de retraite à nos ouvriers et employés.

En principe, Thospitalité ne doit pas être pratiquée au détriment des ouvriers français. Les ouvriers étrangers ne doivent être admis que dans la mesure oiiFon manque de bras. 11 ne faut pas que leur maind'œuvre moins chère soit la cause du chômage d'ouvriers français qu'il faudrait soutenir pendant ce temps ou laisser dans la misère. Le patron est libre de traiter par contrat collectif, avec un syndicat étranger; mais il ne sera pas délivré pour cela de Tobligation de verser pour la retraite de chacun. S'il préfère au contrat collectif des engagements isolés, avec des étrangers^ la situation sera la même, sauf que ses versements pour la retraite iront au bénéfice des ouvriers français sans retraite.

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