LES ISOLÉS
L'isolement est le grand danger pour l'Etat. On aura toujours le droit de regarder avec méfiance ceux qui voudront rester « hors cadre ». Le syndicalisme ne doit pas exclure l'indépendance, ni la liberté-, il doit simplement classer chacun, lui donner une seconde famille, un appui, un soutien, une sauvegarde de ses intérêts matériels. Tant pis pour ceux qui n'en voudront pas; ils n'en seront pas moins assujettis à la retenue de garantie augmentée et sans intérêts, et exclus du bénéfice de la retraite par le patron. Eux
LA CITÉ ra^TURE
seuls devront se charger des versements nécessaires.
Il faut une sanction à toute organisation qui tend à améliorer l'état social, et cette amélioration se fera sentir de toutes les façons, car le syndicalisme ne doit profiter qu'aux professions honorables. Il faut dons arriver à ce qu'il embrasse tout le monde, de façon à ce que les alvéoles de la ruche humaine se touchent et se tiennent étroitement, pour que nul ne puisse se glisser entre elles, ou jouer le rôle de frelon.
La police inspire une certaine répugnance, parce que, dans une société inorganique livrée à Tindividualisme, elle doit être d'autant plus forte, d'autant plus vigilante, d'autant plus portée à des actes d'espionnage et de surprise. Dans une société organisée, où chacun connaîtrait le voisin, la police serait pour ainsi dire automatique. On peut en juger par le village où chacun se connaît, tandis qu'à Paris il faut une police avisée et nombreuse pour retrouver un coupable dans cet océan humain.
Paris est l'image de la société actuelle, avec ses esprits inquiets et perdus dans la masse, avec ses voleurs et ses assassins souvent introuvables, avec l'ignorance où chacun est de son voisin, avec la méfiance obligatoire à l'égard de presque tous, avec ses escrocs de toute nuance, et aussi avec ses encombrements et son désordre, malgré tant de louables efforts.
LES TRAVAILLEURS L^TERMITÏENTS
Bon nombre de petits propriétaires ruraux louent leurs services à la journée quand ils n'ont rien à
LE RETRAITES OLVRIÈRES
faire dans leur champ. On se demandera comment leur accorder le bénéfice de la retraite ? La réponse est facile. S'ils restent isolés, ils ne peuvent que s'assurer à la Caisse Nationale des retraites ; s'ils sont syndiqués, ils jouiront des bénéfices du syndicalisme, et l'employeur devra mettre sur leur carnet de retraite un timbre-retraite de dix centimes par journée de travail. Si l'ouvrier loue son travail pendant 240 jours de l'année, il aura sa retraite assurée par ses patrons successifs. On ne saurait adopter pour lui le versement perpétuel de 24 francs par an, car tout isolé doit relever de la Caisse Nationale des Retraites, et si ce petit propriétaire-ouvrier ne loue pas assez souvent son travail, c'est à lui de mettre à ses frais assez de timbres-retraite sur son livret. Quand il travaille à son champ, il devient patron, et c'est à lui de verser pour son propre compte.
EN ATTENDANT LES RETRAITES