LE VOTE DES FEMMES
ïlfautrationnellement distinguer deux sortes d'électeurs, rélecteur communal et l'électeur politique.
Le premier n'a pas besoin d'être grand clerc pour connaître les intérêts de la commune. S'il y est établi depuis un certain temps, et non en séjour occasionnel, s'il y possède des intérêts par son travail ou sa propriété, s'il y est né et continue à y résider, il a toutes les raisons de participer à son administration par son vote ; et il n'y a aucune raison d'en exclure les femmes qui ont une profession honorable ou une propriété. Elles sont tout aussi capables que les hommes, en pareil cas, de comprendre les intérêts de la commune, mais à la condition d'avoir une profession dont elles vivent, ou une propriété personnelle, tout au moins la condition de tutrice légale de leurs enfants.
La loi est inconséquente en admettant la femme comme gérante d'une affaire quelconque, comme commerçante, comme institutrice, et en lui refusant toute part dans les scrutins.
Volontiers, nous croyons qu'il faut écarter la femme des assemblées délibérantes et de la politique. Il faut lai refuser l'éligibilité, parce qu'elle peut être une cause de trouble dans une assemblée, et parce
que, dans la chaleur de la discussion, on pourrait lui manquer de respect. Il faut Técarter de la politique, parce que, si raisonnable et si raisonnante qu'elle soit, la femme est plus sensible que l'homme aux suggestions du sentiment. Elle est plus tenace que lui dans les idées préconçues, moins portée, en ' général, à étudier les questions sociales et politiques. Aucune de ces raisons ne porte sur la valeur du vote communal, et il serait juste de Faccorder à celles qui ont un rôle communal par leurs biens ou leur travail, quelle que soit leur situation, tilles, femmes ou veuves. Et là encore subsisterait la condition de savoir lire et écrire en même temps que l'honorabilité de la profession réelle et non fictive.
On ne saurait admettre que l'on puisse discuter l'honorabilité des personnes; on ne peut apprécier que la situation, la profession, dans son honorabilité et sa réalité.