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LE STATUT PERSONNEL

L'esclavage est un mot bien gros pour traduire la situation actuelle des travailleurs. Ils ne sont plus esclaves, puisqu'ils peuvent changer de maître à leur guise, se croiser les bras, même sans changer de maître, et faire ce que bon leur semble. lis peuvent tout cela, à une seule condition : mourir de faim, s'ils n'ont pas d'argent.

Ils sont esclaves, puisque leur pain, c'est-à-dire leur vie, dépend du caprice d'un maître qui peut les renvoyer sans plus s'inquiéter d'eux.

L'argent est maître et seigneur. Il peut tout, et rien ne l'arrête. Certains, qui n'ont ni scrupules, ni conscience, ne craignent pas de dire, avec un mauvais sourire, que tout est à vendre et qu'il suffit d'y mettre le prix. Ils le voudraient, pour assurer plus encore le triomphe de l'argent dont ils sont les ignobles représentants. Tout corrompre, tout avilir, pour être les maîtres ; tel est leur but. S'il reste des honnêtes gens on les ruinera, on les fera taire, on les réduira en servitude, on les obligera à sourire au vainqueur. Il faudra bien que tout le monde courbe la tête devant le veau d'or ! L'honnête homme est une injure vivante et permanente pour de tels bandits. Il faut l'attaquer, le miner, le déconsidérer d'abord, si c'est

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