MAMAN, LES P'TITS BATEAUX
Nous avons aujourd'hui une bonne explication de l'accident qui vient de coûter la vie à un torpilleur, VAriel.
« Les rapports des deux commandants, disent les notes, concluraient que la collision est due à ce fait que le Friant et VAriel suivaient une route presque perpendiculaire. »
Si ces bateaux avaient suivi des lignes parallèles, tout porte à croire qu'ils ne se seraient pas rencontrés.
• D'après la définition, deux lignes parallèles ne se rencontrent « qu'à l'infini ». Or, les navires de l'Etat ne sont pas construits pour aller jusque-là.
Il paraîtrait que le jeune torpilleur dont on déplore aujourd'hui la perte était très brillant et avait donné toute satisfaction aux essais. Hélas ! c'est toujours les bons qui s'en vont.
Nous apprenons également que les deux commandants ont reçu du ministre les félicitations qui leur étaient dues.
Les collisions, ce sont les faits d'armes du marin.
On n'a pas oublié l'exploit de cet illustre amiral qui, à la tête du cuirassé Amiral- Baudin, monta à l'assaut d'un monticule de sable sous-marin.
C'était une expérience des plus intéressantes : il s'agissait de savoir si on pouvait faire marcher les cuirassés sur la terre ferme. La solution de ce problème eût présenté d'énormes avantages.
Actuellement, les cuirassés sont obligés de faire un voyage périlleux, de contourner toute l'Espagne pour aller de leur cale sèche de Rochefort aux bassins de radoub de Toulon.
Yoilà bien la routine de la vieille administration...
L'essai de VAmiral-Daudin ne fut pas très
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concluant. Il n'a pas été renouvelé depuis, car les échouages des navires de l'Etat sont très rares.
Pour échouer, il faut au préalable avoir pris la mer... On ne trouve pas de récifs sous-marins dans les bassins de radoub.
La collision de Tautre jour prouve du moins qu'il y avait, en même temps, sur l'Océan Atlantique, deux navires de l'Etat.