VISITES ACADÉMIQUES
Quand on a publié la liste des candidatures au dernier fauteuil vacant, j'ai été tout surpris d'y voir figurer le nom d'un vieux camarade à moi, Honoré Dubouloir.
Rien, jusqu'alors, dans la vie du gros Dubouloir ne me paraissait justifier une telle prétention. Depuis que je le connais, il ne s'est jamais occupé que de courtages divers. S'il me rencontre, il me tend une main énorme, comme si j'allais y déposer une haltère, secoue d'une toux puissante et amicale ses bajoues et son double menton, et me dit joyeusement : c Ça va toujours, la littérature? wiMais le fait de s'intéresser, de loin en loin, à mes travaux, ne
me paraît pas, je le dis sincèrement et sans fausse modestie aucune, constituer un titre suffisant aux suffrages de l'Académie.
Dubouloir a-l-il pensé qu'il serait bon de faire enfin figurer un commerçant dans cette illustre compagnie qui comprend généralement, à titre de gracieux échantillons, un évoque, un avocat, un ingénieur,un militaire?
A ce compte, pensais-je, on trouverait dans le haut négoce des personnalités plus marquantes que celle de Dubouloir.
Maintenant, qui sait? Dubouloir s'est peutêtre décidé à faire de la littérature? Alors, on allait s'amuser.
Cette dernière hypothèse s'est confirmée. Le facteur des imprimés m'a apporté une jolie plaquette intitulée : Les Raisins hoirs.
C'est une petite réunion de vers assez médiocres, où l'on rencontre les couples d'inséparables bien connus, voiles et étoiles, maîtresses et caresses, sans parler, bien entendUj de treille et de vermeille^ qiii sbht de toutes ces fêtes.
Mais enfin tout cela était d'utté prosodie régu-