‹ Civilisation et barbarieChapitre 3 sur 38 · L PRÉFACE DU TRADUCTEUR. IX · texte numérisé non relu

L PRÉFACE DU TRADUCTEUR. IX

* outre une biographie parfaite de Juan Facundo » Quiroga, célèbre chef des gauchos, et qui a joué » on rôle si important dans la république argen- » line, des descriptions animées sur l'aspect phy-

> sique et les coutumes de ces pays , que Ton peut » comparer à ce que Cooper a écrit de plus beau » sur l'Amérique du Nord, et que nous voudrions

> voir en entier traduit dans notre langue. » Telle est l'œuvre que j'offre au public. Je l'ai fait

précéder d'une introduction, dans laquelle j'ai donné une notice historique et géographique sur les provinces de la Plata. La partie géographique est extraite des documents les plus récents , et renferme les plus nouvelles divisions des provinces et leurs limites d'après les derniers traités. J'y ai joint quelques détails sur le Pérou , la Bolivie et le Chili , dont il est fait quelquefois mention dans le cours de l'ouvrage ou dans les notes. Quant à la partie historique, j'ai rapidement parcouru l'histoire des colonies espagnoles depuis leur fondation jusqu'à l'indépendance, et j'ai cherché ensuite à faire jaillir le plus de lumière possible de la comparaison des faits si différemment qualifiés et si diversement racontés, qui se sont passés depuis sur les deux

X PRÉFACE DtJ TRÀDUCîlfcR;

rives da fleuri peur les prêseater tëla qtié jë les ai jugés à ceux Auxquels èea pays peuveut tifitit quelque intérêt.

À s QÏRÀUD.

Rochefortr-sur-Mer, le 21 décembre 1852.

INTRODUCTION

ba plaine du Rid Ûk la Plàta âdM lâ stipeiltetè, ëlllVafit M. de Huniboiati s'élêtè à bèM ttentè-HJlritJ inlllé lleties carrées, tfétëdd éfctre le* Andes dti dhill, les ffloiitàgneb du Brésil i rdcéân Atlahtltjûé et 16 détrdlt dë Magëllân.

Le Rio dë là Plàtâ ëst Un Vaslë ësttiàirë formé pàf lâ réunion du Pâfanâ et de l'Uruguay { Il fcaôse t>ar Biienos- Ayres , Montevideo tt àîaldotiàdO (1). Là bràMUë pfidclpalé de fcè flétlté* lé Paraflft, prerid Sa srJtifrcë dans là prd- Tintië dé Mibas oetafis àû Brésil ; tïâVèrsé tdUte là pàrtie sud-ouest de cet empire qu'il sépare en partie dli Pàra-

(1) Du temps des Indiens * ce fïeute se nommait le Par«4hâ* Guaiu (rivière grande comme la mer ). On l'appela ensuite Rio de Solis, du nomade celui qui ie découvrit , et enfin ftio de la Plata , nom qui lui fut ctonné par Cabot (dit Herrerà), pârcë que icâ Espagnol^ Veuditeht fttit Guaranis des futilités pour beaucoup d'argent (plata> en espagnol) , lequel fut le premier qui passa dos Indes en Espagne» Le nom de Guazu n'est resté qu'à Tune des embouchures du Parané, la plus nord des trois principales.

nrraoDucnoN.

guay jusqu'au Salto de Iguazû, forme alors la limite sudest du Paraguay qu'il sépare ensuite de Corrientes en courant de Test à l'ouest; puis un peu au uord de Corrientes» il rebrousse au sud, sépare les provinces de Corrientes et Entrerios de celles de Santa-Fé et Buenos-Ayres ; puis revenant vers l'est un peu au-dessous de Santa-Fé, il vient, après un cours de deux mille cinq cents kilomètres, se jeter dans la mer par une multitude d'embouchures dont les trois principales ont pris les noms de Paranà-Guazû, Paranâ-Mini et Paranâ de las Palmas. Il reçoit dans son cours une quantité innombrable de rivières dont les principales sont : le Paraguay, le Rio-Salado, le Rio-Iguazu ou Curitiva, le Tiete. Tous ces cours d'eau forment entre eux une multitude d'îles d'une fécondité remarquable.

L'Uruguay prend sa source dans la province de Rio Grande do Sut ou de San -Pedro au Brésil, traverse une partie du Brésil qu'il sépare de la province de Misiones en courant au sud-sud-ouest; puis il incline vers le sud, sépare la province orientale de celles de Corrientes et Eutrerios et vient se jeter dans la Plata près des bouches du Paranâ, après un cours de quatorze cents kilomètres. On compte parmi ses nombreux affluents : le Rio-Negro, l'Ybicuy, TArapey, le Cuareim ouQuaraim, ITjuhi et TEmbery, que les Portugais désignent sous le nom d'Uruguay-Pita.

Ces deux fleuves forment, comme je l'ai dit plus haut, cette espèce de mer intérieure que l'on nomme le Rio de la P)ata y et dont les ports principaux sont : au nord , la Colonia del Sacramento, Montevideo et Maldonado; au sud, l'Ensenada de Barragan et le Riachuelo de Buenos- Ayres ; ce dernier ne peut contenir que des navires d'un petit tirant d'eau.

Nous allons successivement examiner les affluents de

INTRODUCTION

droite, puis ceux de gauche de ces deux fleuves, en commençant par le Paranâ.

Le Paraguay prend sa source au centre de la province de Matto-Grosso, au Brésil , traverse le lac de Xarayes, sépare le Paraguay auque^il donne son nom de la république argentine, reçoit le Pilcomayo et le Vermejo et tombe dans le Paranâ un peu au nord de Corrientes, après un cours d'environ dix-huit cents kilomètres* Il reçoit à droite le Pilcomayo qui se jette dans le Paraguay par deux embouchures appelées Araguai-Guazû et Araguai-Mini, le Vermejo, et à gauche, une infinité de petites rivières dont les principales sont: le Xexui et le Tibiquari-Guazû.

Lé*Salado prend sa source dans la cordillera de los Vallès, reçoit le Guachipas, passe par Miraflores, Pitos, Matara, Santa-Fé, et se jette dans le Paranâ devant le fort du Saint-Esprit.

Le Rio-Negro prend sa source dans les environs de Bage, dans la province de Rio-Grande do Sul, court d'abord au sud-sud-est, puis à Test, reçoit beaucoup de petites rivières dont les principales sont : le Yumini, l'Yi . et vient se jeter dans l'Uruguay, près de San-Domingo Soriano, en formant avec ce fleuve le rincon de Haedo.

Le Gualeguaichû prend sa source dans les montagnes de l'Entrerios et se jette dans l'Uruguay à Gualeguaichû.

Les îles les plus remarquables sont , à partir de l'embouchure de la Plata : l'Ile Lobos, ainsi nommée à cause de la grande quantité de loups marins qu'on y prend ; les îles de Flores, composées de deux petits rochers qui présentent quelques traces de végétation ; elles possèdent un phare qui fut allumé, pour la première fois, le 1 er janvier 1828; l'Ile Saint-Gabriel, très-près de la côte orientale, à peu de distance de la Colonia. C'est à l'abri de cette lie que les Espagnols , sous les ordres de Gaboto, jetèrent l'ancre à l'époque de la découverte. A l'embouchure du

Paranâf on voit Quelques îlots que l'on distingue feotiô lë nom de los Hermanos (les Frètes)! Irtlë Martin-G&reiA* la plus étendue $ découverte par le général Cacerës en 157% est située à l'entrée du Paradé, et de l'UrifeUty: SUe est fbrtifiéé parla nature; située entre la Goltinia et 1** Yacas; à dix lieues environ de ce3 deux poitits, elle défend rentrée des fleutesi Les marins du blocus s'en ètaparôrent en 1838j

Les provinces de lai Platà se divisent en cotifëdératidli argentine, Etat oriental dô l'Uruguay et Paraguay;

La eonfédération argentine se divisto en qùatortè prtM vinces : la frrbvinee dè Buenos-Ayres, de Santa^Fé j de Côrdovaj d'Entfgrios, de Cdrrientes, dé Santiago dël Bstero, deTucumartj dé Salta, de iujuyi de Gatetmarca, de la Rioja, de San-Juan , de Mendoza et de San-Lufoi

La province de Buenos-Ayres, chef-lieu Bueties^Ayres* touche du côté du sud aux déserts de la Patagonie; à l'efct, elle est bornée par l'océan Atlfrntitjue ; à l'ouest èt ad 1 nord, par les provinces de Santa-Fé, COrdeva et Méndota; Son territoire est divisé en dëux parties principales : Bue* nos-Ayreset la campagne. La première comprend, ateé la ville, celles de San-Flores j San-lsidrd, Conchaâ. La campagne est divisée en trois départeihënts : lë premier comprend tout le pays qui ëst situé entre là rivière Màtanzas et le sud; les villes qui en dépendent sbnt i Quilme&i Enôenada, Magdaleha, Bïn-Vicëntéi CadUel&8* Monte* Ranchos et Ghascomus. Le sefcond est formé dd territoire compris entre les rivières Matanzas et Areco ; ses villes sont : Moron * Lobosj Pilar* Villa de Lujani Nâvarro, Guartia de Ltijari , Gapilla del Senor * Sân-Antonio de Areco et te Fortin. Le troisiètae s'étend depuis la rivière Areco jusqu'à l'Àrroyo del Medio ; il comprend : SanPfedrty Bamidero, Arecife; Salto; Pefgamino; Rojes él Sah-Ntcdlas. La capitale, Buenos-Ayres* est située sur la rive droild

if

de 1* Piatâ* 6 SMi&titë Heuéfc de Sbfa ëitiboucbdrë; àtlf Ut) terrain élevé de trente-trois pieds au-dessus dë lé faiër.

La pîtWlnbb de Sâtîta^Fé e&t situéë ëntbe l'Entrerios dont la sépàfe lê Paràriâ; & l'est; la feHWiiibe dé Bilërios^ Àytes au sud- est; céllë dé Saû-LuiS ati sud-ouest, et cellé de CôrdoTft au mâ. Bile à pattf cbèMlëtl là fille de Sahtà* FéjiuHariVëdttMeâdPaftnâ.

La prëtittëë dé Côrdotft est situéë éntrb belles de ttiët^ man ail tiërd i Èûtreriôs ët Cblriehtes à Test, BuetiosÉÀJfés au èud, Meûêm I l'oUcst: Etlë à iniUe kilomètre* sdf quatre cent quatfe-vingt. Lès Tilles flMûcipàlessbnt: Côr* dova; ehfef4iéli; Obtifcëpcidti $ Gàflbta.

Là profites d'BtttreHds ëët sltMëb entré cëiiéë dé <Wrienteéâtt ntità, 8b BUenbs^AVrëë tttt Sud, l'État Orifehtal à l'bst , doflt elle ëst Sëfcàfêë paf l'tJrutgùày ët bbllé de SàtittWFé à l'édëst, dbiit ellë ëst séparée t>at lbPàrànâ. D'apt-ês la nbdfellë diviâidd (i), l'État d'ËntrëHbs à dix départements : céllii du Parànà, del Diàtnahte, dë la Paz, db là TlfetorW,db foogbya; dë GUàlëguây, de GtiatëgùaichÛ, d« nJrUéuày, de VillagdaJ et dë la Cdncdrdia. La capitâlë est Bâjàdà. Dàfis l'aitbiehhe ditiàibh , le ptertiier dépàrtèriiëflt pHncipal était belui db Pàrailà, àvec six subalternes : Diamante, Paz, Nogoya, VictoHa* Gdaleguay et Télà: Les Irtllbs pribcipàleë sont i fedjâda, Gualëgùay. Le seedtid dé pàrtëniènt principal* bëlui db rttrugtoày, se divisait dans Ses subalternes : Urtiguay et GuâlegllàtbbÛ , Concordia, Fédération, ÀrrdiflW&ràiide ët Vlllâgliay. Lès vlllës les plùâ impdriântêS sbnt i ëuâifegUaichû, Ùrugbay ei Villa^uà^.

La pntfitiôë de tioiftenteè, Sitùêë entre lé fàhâtlâ, FËiat

(0 Eltratt d'états publié* par l'Entftrto* » ett Juin et tVproduits par le Comercio del Plata , du 17 août de la même année.

XVI INTRODUCTION

oriental, TEntrerios et Côrdova, a pour capitale Corrientes, sur le Paranâ.

La province de Santiago del Estero, située entre celles de Tucuman au nord, Catamarca à l'ouest et Côrdova au sud, a pour capitale Santiago del Estero, sur le San-Miguel ou Rio-Dolce, à 17 kilomètres de Tucuman.

La province de Tucuman a pour bornes celles de Santiago à l'est, de Catamarca au sud , de la Rioja à l'ouest et de Salta au nord. C'est une des plus riches provinces. Elle a pour capitale San-Miguel ou Tucuman, sur le Tucuman , à 1 ,160 kilomètres de Buenos-Ayres.

La province de Salta est située entre celles de Jujuy au nord, de la Rioja à l'ouest, du Tucuman au sud. A Test sont des déserts inhabités. Elle a pour capitale Salta.

La province de Jujuy a pour capitale la ville du même nom, à 110 kilomètres au nord de Salta, et 1,300 kilomètres au nord-est de Buenos-Ayres. Elle est située sur la rive droite du Jujuy, rivière qui descend de la Cordillère du Despoblado , coule de l'ouest à l'est et se jette dans le Rio-Verraejo, à 270 kilomètres à l'est de Salta, après un cours de 700 kilomètres. La partie supérieure de son cours se nomme San-Salvador, et la partie inférieure Rio- Grande de Jujuy ou Lavayen.

La province de Catamarca est très-reculée dans Tintérieur; elle a l'État de la Rioja à l'ouest, et à l'est celles de Tucuman et Santiago del Estero. Elle a pour capitale San-Fernando de Catamarca.

La province de la Rioja, dans laquelle est la célèbre mine d'argent de Famatina, a pour capitale la Rioja, à 1,200 kilomètres au nord-ouest de Buenos-Ayres, sur l'Angualasta, près des Andes.

La province de San-Juan , entre celles de Tucuman, au nord et San-Luis au sud » a pour chef-lieu San-Juan de la Frontera.

INTRODUCTION. XVII

La province de Mendoza a pour capitale Mendoza, près du lac de Laguna-Grande. Elle est traversée par la rivière de Mendoza, qui parcourt 380 kilomètres; elle se dirige d'abord au nord-est, puis au sud-est, traverse ensuite le lac de Guanacache, et mêle ses eaux au rio Colorado.

La province de San-Luis, entre celles de San-Juan, de Côrdova, la Patagonie et le Chili. Elle a pour chef-lieu San-Luis de la Punta, à 715 kilomètres au nord-ouest de Buenos-Ayres.

La république du Paraguay, enclavée entre le Brésil au nord et à Test, les provinces unies du Rio de la Plata à l'ouest et au sud, a pour capitale l'Asuncion, sur le Paraguay. Les villes principales sont : Nembucû, Asuncion, sur le Paraguay, Villa-Rica , Curuguaty, Villa Real de la Concepcion, Curupaity, Trinidad, Itapua et Tevedo.

La province de Misiones (1), comprise entre l'Uruguay, leParanâ, le Brésil etleCorrientes, a pour villes principales : Corpus, Candelaria sur leParanâ, Apôstoles et Concepcion.

La République orientale est bornée à l'est par l'océan Atlantique , au sud par le Rio de la Plata , à l'ouest par l'Uruguay et au nord par le Brésil. La limite de cette république avec l'empire du Brésil, d'après le traité du 12 octobre 1851, part de l'embouchure de l'arroyo de Chui, dans l'Océan , remonte ce ruisseau l'espace d'une demi-

(1) Le Paraguay a élevé du temps de Rosas des droits à la possession du territoire des missions. Il s'appuie sur ce qu'au commencement de 1806 , D. Bernard de Velazco, gouverneur des missions , fut nommé gouverneur du Paraguay, en conservant le territoire des missions. Comme Velazco fut le dernier gouverneur espagnol du Paraguay, le gouvernement national étendit sa juridiction sur la partie du teiritoire des missions qu'il possédait avant le décret royal de 1803, qui créait un gouvernement nouveau et particulier des Missions. La junte de Buenos-Ayres conclut le 11 octobre 181 1, avec la république du Paraguay, un traita dans lequel elle lui accordait l'occupation de ce territoire.

lifeue; elle ra de lft, en ligne droite* AU* feoUfbès 8é Pârroyo Palmar, en passant an sUd du foH san-Miguel êt trti" versant ïaitoyo de ce nom , puis elle descend le long dè l'arroyo Palmar» jusqu'à l'arfoyo appelé Sâh-Luië, dans la carte du Vicomte de San-Léopdld, et thdift Mlletlâ tiads oëlle du colonel Reyes, sUit ce ruisseau jusqu'au lac Merin, prend alor3 le long de ce lac, à la hautetir dës pltife fortes marées, jusqu'à Fèriibôuchtire du Yâguàron ; dë l'embouchure du Yaguaron, la limite prend la rive dfoite de bette rivière, jusqu'à sa source, dans la Cafiada d'ÀfceguA) elle va, de là, en ligne droite, A retàbotichutà de l'arrdyd de San^uis, remonté cet arroyo jusqu'à 1& èuchilla de Sahtà^Ària, suit la cubhilla et celle dë H&edo jusqu'à la naiësancë de la branche du Giiareittf , ftppèlêe Invernada* qu'elle Suit jusqu'à l'Uruguay» Les lies de l'Uruguay, à l'embouchure du jCuareim » appartiennent au Brésil*

Le territoire de la république orientale de l'Uruguay se divise en neuf départements : Montevideo* Ganelone& Bètn- José> Coloria* Soriano, Paysandû* Cerro-Largo* Maidonado et DUrasno (ou Entre rios Yi ét Negro); Sa Capitale est Montevideo. 11 contient trois villeë (ciMadM), qui sout x Montevideo* Goloùiadel sacradientd et MaidottAddi dii-huit bourgs (villas) : Guadalupe (ou Canélotfeé), SAii- Juan Bautista (ou Santa-Lucia) , San-José , la Florida* le Rosario (ou le Colla), San-Salvador, Santo-Domingo Soriano, Mercedes, Paysandû, Belen , MelO (Ou Gerro Larfeo)i Rocha (ou lds Rerhedios), sari-carlos* Mltiâs, San^-Pëdro. ïacuàreftibô , Sah-Servandô et dôsmôpôles (ou villa de! tierro) ; onze villages (puebfos) : Piedras* Pando* Porongos» Real de San-Carlos, Vivoras, el Cafrnelo (ou Vacas)* le SaltOi Banta-Teresa, Nueva Paimyrâ (ou Higueritas), San- Borja ët Victoria. La capitale t Montevideo, est située sur le côté ndrd, ou rive gauche du Rie de la Platai elle a un

1KTA0BUCÎ10*.

<?icelletit port circulaire, défendu & une extrémité par la

▼llle; et à raytre par la forteresse du Gëitë, cjué Vûû m\ dequiùie lieues. Cë fort avait autrefois yti fôu flië, <JUë "on n\i pas allumé depuis 1813. Vers lë nord de la haie , est File de la Liberté* fortifié, en facé dti fort et de lâ pointe de sainMosephi Li Golonia est ett faëëdë Btietioë» Ayres* à dix lieues de Martin Garcia, felef de l'tiruguayt Elle a un Bon port* abrité et même formé par les lied de San^Gabriëb MaldotiadOi en faôe de rite de OoHU, qui en forme lfe port, est tout près de Mé LObos

(1) A ces détails eéncraphlqucs , nous joindrons 1*5 suivants, qui peuvent être nécessaires pour la parfaite intelligence du texte et des notes.

Le Pérou , compris entré là répÙPliqué dé l'équateur au nord , le* Brésil à l'est , la Bolivie au srid, et lë grdnd Ocëari à l'ouest, à pour capitale Lima. H sê dltile 8h Pérou du Nord et Pérou du Sud; il contient les provinces de Libertad, Ayacucho, Cuzco , Puoo, Marequipa. Les villes principales soni : Truxille* Huanucoj Lima , Hùamanga, fcuzco et Arequipa.

Là Bolivie , comprise entré lë Pérou et le grand ticeati à l'éôtj le Bbésil et le Paraguay â l'ouest, le désert du gratta thm et li province de Sait a au sud) se divise en trois régions i la première est la région occidentale, qui a à l'ouest lWàn Pacifique, et au centré ^imrhérisë désert traversé par là cordillère des Andes , incapable de culture, et tjdi va jusqu'au département de Potosfa Cette région, qui s'appelle le district du littoral dans la division politique de la Bolivie } a pour limites sur la côte* le Loa au nord et le Paposo au sud. La région centrale s'étend de Tarija aux frontières" dd nord , sur les déserts compris entre l'Amazone et le «ad^ra, et ëhlbrdsse lés dëpàrterneilts dé Tarïjâ, Potosl, Chuquisaëa , Cochabatnba , Oruro et la Vm. La troisième région est l'Orientale, qui comprend les déparlements du Béni, Santa-Crui et le Chaco de Bolivie.

Le Chili , ndrnë àu nord pttf le désert d'Àtâcarha , dont le sépare lë Papbso, â rduèstpal lë grand Océân, àu éud paf là mer et la Patagonie; et à l'est par la cordillère des Andes , a pour capitale Santiago* Les villes principales sont : Valparalso, Copiûpoi la Serena, Concepcion , Vatdivia. Curico, Santiago et San-Felipo. L'itô de Cbiloe appartient au Chili.

XX INTRODUCTION

A l'époque de la découverte, ces pays étaient habités par des tribus ayant chacune un chef ou cacique. Quelques-unes étaient errantes , et c'est à tort, dit Félix de Azara , dans ses Voyages dans l'Amérique du Sud, qu'on les a dites anthropophages, et que quelques historiens ont avancé qu'elles se servaient d'armes empoisonnées. Il ne reste guère de vestiges des anciens habitants des pays maintenant occupés par les descendants des Espagnols ; les Indiens n'habitent plus que les pays inexplorés de la Patagonie, du Grand-Chaco, du Pérou et de la Bolivie. Les autres ont été successivement mêlés aux conquérants, et leur race a fini par s'éteindre ou par se fondre avec eux.

La découverte de l'île de San-Salvador par Chr

rm

Colomb, et le récit qu'il avait fait, en Espagne, de son voyage, avaient excité à un tres-haut degré l'envie des aventures et des expéditions de découverte. Vincent Yanez Pinson, l'un des compagnons de Christophe Colomb, partit de Palos vers la fin de 1499, coupa la ligne et découvrit, le 26 janvier suivant, les côtes du Brésil, sur lesquelles il débarqua; te Portugais Pierre Alvarez Cabrai, qui avait pris le large aux lies du cap Vert pour doubler plus facilement le cap de Bonne-Espérance, reconnut une partie des côtes du Brésil, et en prit possession au nom de la couronne de Portugal, le 24 mai 1500.

Jalouse des progrès du Portugal de ce côté , l'Espagne envoya, en 1508, une expédition aux ordres de D. Juan Diaz de Solis , naturel de Lebri ja, et pilote-major. Il reconnut l'embouchure du Rio de la Plata et lui donna son nom. Parti pour un second voyage, le 8 octobre 1515, du port deLepe, il arrive à 111e Saint-Gabriel. Ayant mis pied à terre, il fut tué avec les gens de sa suite par les Charrûas, qui Pattirèrent dans une embuscade, entre Maldonado et Montevideo, dans l'arroyo qui porte encore &oq

INTRODUCTION

nom. Son frère et Francisco Torres, son confident, ramenèrent ses navires en Espagne.

Sérieusement occupée en Europe et dans ses autres colonies d'Amérique, l'Espagne resta dix aus sans plus songer à la découverte de Solis ; mais les progrès toujours croissants du Portugal dans le Brésil lui firent tourner les yeux de ce côté ; et voulant continuer les travaux de ce malheureux navigateur, elle envoya , en i 596 , Sébastian Gaboto, Vénitien d'origine, qui partit de Séville avec quatre navires et six cents hommes. Il arriva dans le fleuve, dont il changea le nom en celui de Rio de la Plata, et fonda le fort de Santi-Spiritûs , dont on voit encore des vestiges à l'embouchure du Carcaranal, sur le Paranâ, par 32° 25' 12" de latitude sud ; puis il construisit un petit brick et remonta jusqu'au Paraguay. L'Espagnol Diego Garcia, arrivé peu après Cabot , rentra le premier en Espagne, en 1530; Cabot partit après lui, laissant le commandement du fort à Nuno de Lara, avec une garnison de cent vingt hommes. Les Indiens Timbues, sous la conduite de leur chef, détruisirent, en 1552, le fort de Santi- Spiritus ; le fort détruit et une partie de la garnison massacrée, le capitaine Mosquera construisit une barque, descendit le Paranâ, s'empara par surprise d'un bâtiment français, battit avec ses canons les colons portugais, et s'empara d'autres navires avec lesquels il ramena ses gens à Sainte-Catherine.

Le nom seul du Rio de la Plata avait éveillé, en Espagne, l'ambition de beaucoup de gens; le récit des scènes qui s'y passaient augmenta le désir d'y retourner, et le 21 mai 1534, D. Pedro de Mendoza fut nommé adelantado des provinces de la Plata, avec une promesse d'un marquisat quand elles seraient peuplées. Il partit le jour de la Saint-Barlhélemy, à la tête d'une expédition composée de deux mille cinq cents Espagnols et cent cinquante Al-

XXIV INTRODUCTION

nado (1) et à Montevideo, celle d'une ville qui reçut le nom de Saint-Philippe. La convention de Paris (16 mars 1737) fit cesser les hostilités des Portugais de Rio-Grande do Sul et de San-Paolo sur le territoire espagnol. Le 13 janvier 1750, fut signée la convention provisoire des limites, par laquelle la cour de Lisbonne obtint de Ferdinand VI, entièrement soumis à l'influence de sa femme, l'infante dona Barbara de Portugal, la cession des sept missions situées sur la rive gauche de l'Uruguay, en échange de la Colonia ; et au surplus, le maintien du statu quo territorial, quoique contraire, en fait, aux principes du traité de Tortesillas (7 juin 1494), qui fut non-seulement interprété de la manière la plus favorable au Portugal , mais encore aboli , ainsi que les droits et actions compétents aux deux couronnes.

D. Pedro Ceballos Cortez y Calderon , lieutenant général des armées du roi , gouverneur et capitaine général de Buenos-Ayres, arriva d'Espagne, en 1776, avec une escadre et une armée destinées à envahir et prendre les possessions portugaises. Il enleva Sainte -Catherine, Rio- Grande et d'autres ports jusqu'à la Colonia, qui resta définitivement à l'Espagne, avec tout le territoire oriental. La guerre se termina par le traité préliminaire de paix du 11 octobre 1777, et la convention de la même année, établissant les limites des possessions respectives des deux pays, depuis la mer, à peu de distance du Rio de la Plata, jusqu'à un peu au-dessous du confluent des rivières Guaporé et Mamoré qui forment le Madera (2). Dans ce traité, la Colonia resta à l'Espagne, ainsi que le Paraguay. Le traité de limites fut définitivement conclu en 1783.

(1) Maldonado reçut le nom de ville (ciudad) en 1786.

(2) D. Félix de Axara. — Viajes por el America del sur. — Introduction.

INTRODUCTION. XXV

Jusqu'au XVIH* siècle, il n'y eut, dans l'Amérique méridionale, qu'une seule vice-royauté, celle du Pérou; mais la cour d'Espagne, reconnaissant les grands inconvénients qui résultaient des immenses distances à parcourir pour porter les ordres de ce centre commun , en érigea une autre à la Nouvelle-Grenade en 1718, forma la capitainerie générale de Caracas en 1731, en fit une autre au Chili à peu près au même temps, et créa la vice-royauté de Buenos-Ayres avec les provinces du haut Pérou en 1777.

Les capitaineries générales, de même que les vice-royautés, étaient subdivisées en intendencias, corregimientos ou subdelegaciones, alcadias, encomiendas et missions.

Le vice-roi était le représentant du souverain , et sa cour respirait la pompe et le luxe de celle de Madrid dont elle était une imitation. Il présidait toutes les branches de l'État et réunissait le pouvoir civil et militaire, sans autre contre-poids que la dépendance éloignée du conseil des Iodes et la voisine, mais indirecte de l'inspection des audiencias. Sa solde, de 60,000 duros au Mexique et au Pérou, et de 40,000 à Buenos-Ayres et la Nouvelle- Grenade, avec quelques revenus des douanes et d'autres gratifications , suffisait pour soutenir lo luxe prescrit par les ordonnances. A la fin de sa mission, qui ne durait généralement pas plus de cinq ans, il était assujetti au jugement dit de résidence, c'est-à-dire à rendre un compte exact et détaillé de son administration, et à se présenter en personne ou se faire représenter par quelqu'un dûment autorisé, pour répondre à toutes les charges contre lui que pourraient faire les provinces libres de son autorité : les autres hauts fonctionnaires étaient aussi assujettis à cette loi.

L'audiencia était un tribunal d'appel pour toute cause n'excédant pas 10,000 duros, auquel cas il fallait recourir au conseil des Indes. Le vice-roi était son président-né ; sa sanction était nécessaire pour promulguer quelque sen-

INTRODUCTION

tence que ce fût , assisté par un asesor, qui était également responsable de toute mesure violente et digne de eensure. Pour que les membres de l'audienoia pussent exercer leurs fonctions librement et sans autre considération que la justice, il fallait qu'ils fussent naturels d'Espagne, et Us ne pouvaient contracter de liens d'intérêts au de mariage avec aucune famille du pays? il leur était même recommandé de ne pas contracter une trop grande intimité dans les relations sociales ; il y eut cependant une exception & cela en faveur des créoles,

Ge corps se composait au moins d'un régent, de trois auditeurs (oidores) et de deux fiscaux (fiscales), et au plus (au Mexique), d'un régent, quinze auditeurs et tnois fis* eaux. Il correspondait immédiatement avec le roi» qu'il était obligé d'informer de l'état du pays soumis à son in*» spection : on lui confiait toutes les commisions impor«r - tontes, excepté celles du ressort de la guerre ? et, dans le principe, le, régent ou le doyen se chargeait du gouvernement en cas de mort du vioe*roi , jusqu'à l'arrivée de son successeur.

La création d'intendants, magistrats intermédiaires entre les vice-rois et les corregidores ou subdélégués, date de 1782, Les vexations ou abus que commettaient quel* que* subalternes en raison de la distance du centre du pouvoir qui empêchait d'en avoir connaissance cessèrent dès qu'il se présenta, dans chaque province, un chef zélé pour inspecter et fiscaliser les actions de ces mandataire*

Les fonctions des corregidores et alcades étaient les mêmes que celles des grades correspondants dans la péninsule, avec la seule différence que les premiers n'avaient pour solde que le quatre pour cent sur les recouvrements des tri bu ts et quelques autres subventions propres à leur

ministère.

ikVli

1/iftetitmioii de municipalités dtt ftydhfertiieïilos m\\ la

plus grande garantie de la sûreté iOditidiielle des habitants et de leufr botine admlnisttatieû.

Les cabildos ou ayuntamiëntos, bdinpOSés de regidorës, alcades et autres officiers, étaient des assemblées populaires qui réunissaient l'exercice du gouvernement intérieur, de la police, de l'administration de la justice danfe les cas ordinaires, le maniement des fonds municipaux êt beaucoup d'autres facultés importantes ; de sorte que leurs attributions et prérogatives étaient très-vastes et mêmë supérieures à celles des ayuntamientos de la péninsule , d'où Ton avait pris cette forme de gouvernement, avec l'idée, dans le principe, d'opposer une barrière à l'ambition et aux exactions des encomenderos ou seigneurs territoriaux.

Quoique les individus de ces corporations ne s'élussent pas populairement , puisque le roi nommait les regidores , et que les regidores eux-mêmes désignaient les alcades de primero et de segundo voto, ils étaieiit fecoilnus par le peuple comme ses représentants légltirttêS; et en toute occasion prenaient avec soin et décision là défense des personnes et de leurs intérêts.

La hiérarchie ecclésiastique formait une autre partie du système colonial. Depuis qu'Alexandre VI, par sa bulle de 1501, transmit aux monarques catholiques sa juridiction , le souverain espagnol resta ehef de cette Église et maître de nommer à tous les évôchés, prébendes et bénéfices, sans autre dépendance de la eour de Rome que sa sanction. Afin d'éviter toute rencontre d'autorité* il fut convenu que le Saint-Père n'aurait de communication avec ces domaines que par le conseil des Indes, et que tous brefs, bulles ou dispenses seraient remis à l'Espagne, pour recevoir l'approbation royale avant de passer en Amérique» En vertu de ces concessions* les dîmes, les va-

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