TOTAL
Archevêques. .
Évêques. . . .
Dignitaires de
l'Eglise.. . .
Oidores (audi-
teurs)
Universités.. .
Couvents.. . .
La vice-royauté de Buenos-Ayres fut toujours gouvernée d'après ce système, et de 1777 à 1806, dix vicerois occupèrent successivement ce siège. A cette époque, le marquis de Sobremonte représentait le roi d'Espagne dans la Plata lorsque les Anglais l'envahirent Le viceroi abandonna la capitale qu'occupa le général Beresford, le 27 juin de la même année, avec quinze cent soixante soldats, et s'enfuit jusqu'à Côrdoba, où il exigea qu'on le reçût avec toute la pompe due à son rang. Ruiz-
INTRODUCTION. XXIX
fluidobro, gouverneur de Montevideo, et le cabildo et la population de cette ville se préparèrent à reconquérir Buenos-Ayres. Pendant que l'expédition se préparait, Santiago Lioiers, capitaine de vaisseau, arriva dans le même but à Montevideo* On lui confia le commandement des forces et il reprit Buenos-Ayres le 12 août suivant. Le lendemain, les principaux habitants se réunirent en une junte dont faisaient partie l'audiencia, l'évèque, le cabildo et les autres corporations; cette junte investit Liniers du commandement et créa des corps civiques pour la défense du territoire, menacé d'une nouvelle invasion. Sobremonte dut s'incliner devant la volonté du peuple; il confirma Liniers dans le commandement militaire, délégua ses pouvoirs politiques et administratifs à l'audiencia et se retira à Montevideo.
Le 18 janvier 1807, sir Samuel Auchmuty débarqua avec cinq mille soldats anglais, à l'ouest de la pointe de Carretas, et somma la place de se rendre. Après une faible résistance, Sobremonte s'enfuit à Guadalupe. Le 3 février, la place de Montevideo fut emportée d'assaut Le cabildo et les corps civiques demandèrent la prison de Sobremonte; l'audiencia leur résistait, mais cédant au torrent, elle fit partie d'une seconde junte populaire, qui décréta Varrestation du vice-roi et la saisie de ses papiers.
Les Anglais ayant reçu des renforts, prirent la Colonia, et le général Whitelocke vint avec onze mille cinq cents hommes mettre le siège devant Buenos-Ayres. Il fut battu dans les rues, le 5 juillet 1807, capitula, et fut obligé d'évacuer tout le territoire de la Plata. La cour confirma Liniers dans le poste de vice-roi et nomma D. Francisco Javier Elio, gouverneur par intérim de Montevideo,
La déposition de Sobremonte avait été funeste à l'influence du vice-roi, en ce que le peuple s'était exercé au droit de le déposer et de le remplacer; et quoique la cour f
INTRODUCTION
en confirmant Liniers à sa place, obéit à une nécessité, son prestige était de beaucoup diminué dfens ces pays lointains. Et puis les Autorités localës, qui venaient d'exercer avec suecès des fonctions souveraines* allaient difficilement renOneër au rôle qu'elles ataient joué air ëc tant d'éclat; la force aribée elle4»ême ne se composait que de trodpes populaires qui représentaient divers intérêts: Adssi y eut-il, dès l'origine* deux partit rivaux : le parti européen et le parti américain.
A ces difficultés i déjà si graves i vinrent s'en joindrè d'aussi fortes; provoquées par le ren Versement qu'ëc prouva^ à Àranjues et Bayonne, la dynastie des Bourbons. Les juntes suprêmes de la métropole exigèrent defc colonies la même obéissance j la même dépendance qub le roi déchu. Outre ceé podvolfs; qui élevaient des prétentions à la rôcodndissancfe de l'Ataérique* la febur de Portugal , récemment établie en Amérique* vint sdllifeitor le protectorat de ces contrées; en s'appuyant sur les droits éventuels de dona Carlota Joaquina* épouse du prince régefat et de l'infatt don PedrO: Liniersi qdi était Français de daissauce, vit contre lui le cabildo, dominé par les Européens, tandis que les troupes étaient én sa faveur; La faction espagnole, mebée par le cabildO; ayant à sa tête D. Martin Alzaga, attaqiia Vivement Llniètë; Elio, gouverneur de Montevideo* agissait de eoncert aVëc edx ; et ayant reçti i le 44 juillet 4808 < la cédille du 4 9r avrils qui ordènhait le serment de fidélité à Ferdinand YII, la proclama sanfe fconsulter le vide-foi, et annonça qu'on prêterait serment le i 2 août suivant. Le vice-roi remit la cérémonie aù 94; Pendant ce ternes, arriva à Buenos- Ayres un enveyô français, demandant qu'on prêtât serment au frère dè Napoléon, comme h)i d'Espagne et des Indes, et quoique Liniers eût ouvert les plis en présencè de Taudiencia, du cabildo, ete.u, et eût avancé l'époque
IHTRODUCTIOH; fttll
du serméot à Ferdinand j qui fee prêta te St abûtj il publia le 15 une problamation dans laquelle; aprèë avoir dit qde Sa Majesté L et R. applaudissait au triomphe et à la tîotl— stance de ces peuples, il lé§ ehgageàit à imiter ïexertiplë de ledrs ancêtres * Qui avaient su éviter tes désastres qui afïïigèrènt l'Espagne dans la guerre de la sucfcesslou* et à attendre le sort de la mêttopdle pbur obéir à l'autorité qui aurait le pouvoir:
Elfo n'attendit i*lu8* et flemahda que biniers se démit du pouvoir* Linierâ, d'accord avec l'alidiefieia * le elta à comparaître à Buenos=-Ayres> et lui eri1ro$a uh fetnplà^ eant; filfo èt lé cabildo de Montevideo résistèrent et eréfl^ rem une jtthte provisoire de gouvernedlerit eh atteftdadt la décision de l'autorité suprêttie; Cette décision reçdt l'approbation de là junte suprême de Béville* qui la cortdainna peu après} à Buenos-Àyres. La nouvelle junte resserra ses relations avee les conjurés de la capitale j et ses idées * inondant toute la vice-royauté < préparèrent les sanglants épisodes des villes dè la Plata et de la Pas:
Lel" janvier 1809 j les conjurés de Buenos-Ayres * appuyés par les corfis européens, se présentèrent sur la place publique et exigèrent la déposition du vifce-roi et rétablissement d'une junte de gouvernement pour toute la vice-royauté. Linierë se démit de son autorité au seid d une assemblée composée de l'audiencia, de l'évêqde* du cabildo, ete»? trois rejiddres Wlèrent ânnoncer ce résultat aux mutins; Dans ce moment, le corps déâ patricios se forma sur la place j les conjurés cédèrent devant eux* Lioiers reprit le pouvoir et les exila en Patagonie. Le goiH» vernement d'Espagne , sans autoriser le maintien de la junte de Montevideo, sanctionna une feèceiide révolution en remplaçant Liniers par D; Baltasar Hidalgd GisnerOs* le chargeant de la poursuite de son prédécesseur, ét nommant EUo sous-inspecteur de la viee-rojauté. Gisneros
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INTRODUCTION
commença à gouverner le 19 juin 1809; mais les causes de discorde n'en continuaient pas moins; l'exemple de la métropole , l'absence d'une autorité solidement établie , tout concourait à enlever à l'Espagne la domination de ces contrées. On apprit, en mars 1810, à Buenos-Ayres, l'invasion des Andalousies par les Français. Le 24 mai, on forme une junte à la tête de laquelle est Cisneros; mais dès le lendemain il est exclu , et une junte, présidée par Cornelio Saavedra, s'installe sous le nom de junte suprême provisoire de gouvernement En juillet, des troubles ont lieu à Montevideo en faveur du mouvement de Buenos-Ayres; ils sont réprimés. La junte de Buenos- Ayres envahit le Pérou et déclare la guerre à Montevideo. Au commencement de 1812, une conspiration, tramée à Buenos-Ayres, pour remettre cette ville sous la dépendance de la Péninsule, est découverte. Alzaga et les principaux chefs sont mis à mort ; quelques conj urés sont exilés.
Le 23 septembre 1811, la junte avait été remplacée par un gouvernement composé de trois individus, dont un devait être remplacé tous les six mois. Sarratea, partisan du provincialisme, avait vu succomber son parti à cette époque. En octobre 1812, un de ses partisans ayant été élu pour remplacer le membre du gouvernement qui sortait, un mouvement eut lieu à Buenos-Ayres, les trois membres furent changés, et ceux qui les remplacèrent durent convoquer rassemblée générale des peuples. Elle se réunit le 31 janvier 1813, sous le nom d'assemblée générale constituante, commença à déclarer national le gouvernement en vigueur, proscrivit le nom de Ferdinand VII de tous les actes, et réunit le pouvoir entre trois individus qu'elle désigna sous le nom de pouvoir suprême exécutif des provinces unies de la Plata. Le 22 janvier 1814, l'assemblée concentra le pouvoir en une seule personne, qu'elle nomma directeur suprême des pro-
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yinces unies de la Plata. Dès le commencement du directoire suprême , surtout depuis le retour de Ferdinand VII au trône, il y avait à Buenos-Ayres une forte tendance vers l'autorité royale (1). Le général Alvear, nommé directeur en 1815, avait déjà fait sa soumission au roi. Ce retour causa, en avril, une révolution à la tête de laquelle se mit le cabildo; rassemblée fut dissoute, le directeur exilé et remplacé. Le 24 mars 1816* un congrès général ouvrit ses sessions à Tucuman; il déclara l'indépendance des provinces par acte du 9 juillet , et nomma directeur D. Juan-Martin Puyrredon, qui prit le pouvoir le 29 juillet. Trois ans après, le général Rondeau fut nommé directeur à la place de Puyrredon.
Cependant la province de Montevideo s'était soulevée, et la place avait été prise par le générai Alvear le 23 juin 1814. Le général Artigas, qui coopérait au siège de la place, avait donné de bonne heure des marques d'insubordination , et le général Alvear dut le poursuivre avec les forces qui avaient occupé la place de Montevideo. Maître alors de la bande orientale et des ressources qu'elle offrait, Artigas déploya son ressentiment contre Buenos- Ayres. Non-seulement il enleva la province orientale à la communauté argentine , mais Pinfluence de sa personne et de son système s'étendit sur Corrientes , Entrerios, Santa-Fé, Côrdoba (2). Un des effets de cette influence fut l'invasion de la province de Buenos-Ayres par les
(l) On a prétendu qu'il n'y avait jamais eu désir de conserver la monarchie, et que si ce désir a existé , c'est par une exception obscure et sans portée; car s'il eût existé chez ceux qui avaient la direction des affaires ou qui guidaient l'opinion , aucune occasion , aucun prétexte n'eussent été meilleurs pour la satisfaire , que celui des incessantes sollicitations et des propositions de la princesse Carlota, toujours impuissantes à Buenos-Ayres.
(?) Des traités proposés de part et d'autre ne furent point ac»
ixktt îftffcdfttiCtioit.
troupéë de Saffla^-Fé et cPEùtrerioâi le 1» flêvHéf 1820 ; 16 Jeteur Rofldeau fut battu à là Canada de Cëpedà ; îfes vaiûqueurô entrèrent à Buenos^Ayres avéc letlrs trdupéS, firent diësoudre lè Congrès et te dilectoirë, etrédUisirètit lé pouvoir à la seule province de fcuenOs-Ayrek
Dèe<810 il y àvftiteû, entre Mariant) et Saavèdfti; attfîs la jume, un dissentiment qui avait fdrtté deux pâHlë bien tranchés; Saavedra tendait ati provincialisme et Morenoau centralisme t aiissi Cë dissentiment causa-Ml la chute de Moreno, qui fut ehvoyé à Londres» LA chute dé Moreno en décembre 1810} correspondit ftVôc fincôfporation à la junte des ftéputéâ provinciaux ët Ait suivie de l'installation d'une junte dans chaque proVittbe, institution éphémère qui tomba bientôt i en septembre 1811 , avec la démission donnée par la nouvelle jitntë; le ôéritraliëme réparut avec le mouvement qui, en 48 1 2, abdi* htla l'influence de Saavedrâ.
Les partis se sont montrés bien distinctement dans les événements qui ont accompagné et suivi, en avril, la Chute du directeur suprême AlVear, successeur de Posa^das< et la dissolution âe rassemblée constituante* Il est de notoriété publique que longtemps avant la rêtlhioti du congrès de TucumaUj le Cri de fédération « lancé datis la province orientale parles partisans du général Artigàg, avait trouvé de l'écho dans quelques provinces. Ce fait est prouvé eucofe par lés publications faites en janvier* 1815, dans le journal Jndependiente , par D. Manuel Moreno , frère de Mariano. et dernier ministre plénipotentiaire de Rosas à Londres. Il y fit paraître plusieurs articles sur la question fédération^ articles qui attaquaient toujours tes fédéraUt et le provincialisme, et Së prononçaient sévère-
captés ; les Portugais envàhlrettt le territoire. Volt pour cela la neta AA , à la fin de rottvfagfe.
ment contre ce système f comme nuisible et inapplicable au pays, D'ailleurs, en 1815, la fédération et le centraliste étaient déjà partis organisés* le régime colonial était essentiellement centralisateur! la république le continua en 181Q, et la révolution le suivit jusqu'en 1820(1). Pendant ces di$ années, les idées fédérales plus ou moins développées, plus ou rooiflfl comprises, ont fait des inva^
(1) Dès 1810, Buenos-Ayres a toujours exercé une suprématie sur les provinces , sans idée d'ambition , et sans vouloir faire prévaloir aucun système politique par force ou par surprise. Buenos- Ayres a joué le premier rôle par la force même des choses, D'abord, cette ville avait été le berceau de la révolution; puis, dès 1776 , on avait pris l'habitude de la regarder comme le seul centre de gouvernement : et c'est à un tel point , que la majeure partie des gouvernements qu'eut la nation dans les dix premières années de la révolution , furent uniquement nommés , déposés, élus, non par la province de Buenos-Ayres , mais par la ville de Buenos- Ayres. Ces actes se communiquaient aux autorités de provinces , qui répendaient successivement en donnant leur adhésion à ce qui était déjà fait , félicitant et reconnaissant le gouvernement, et lui prêtant serment d'obéissance ; et cela librement et avec parfaite connaissance de leurs droits : elles avaient bien fait voir dès 1810 qu'elles connaissaient ces droits, puisqu'elles avaient exigé et obtenu que leurs députés fissent partie du gouvernement. La plus grande partie de ces changements, justes ou injustes, s'est faite quand il n'existait pas de corps national pour désigner le successeur du chef du pouvoir; la nation , vu l'état de guerre, ne pouvait pas plus que la province de Buenos-Ayres , être un seul jour sans gouvernement : il n'y avait donc pas d'autre moyen de procéder > et cette approbation ultérieure des provinces consolidait les actes du peuple de la capitale, et eiraçait l'inévitable imperfection de l'origine des gouvernements nationaux iustitués par lui. Il n'y eut pas un seul cas de refus de l'approbation mentionnée , par une des provinces qui se sont conservées à l'union* et , chose singulière 1 la seule fois qu'une province méconnut l'autorité d'un gouvernant nommé, fut précisément quand ce gouvernant (le général Alvear en 1815) avait été nommé, non pas par Buenos- Ayres, mais par un corps national, représentant légitime de toutes \es province*.
INTRODUCTION
sions périodiques de cinq en cinq ans. Vers la fin de 1 81 0, elles ont paru à l'état d'embryon avec l'incorporation au gouvernement des députés provinciaux, suivie d'établissements de juntes de provinces; mais ce fut pour peu de temps, et l'unité continua. En 1815, la fédération se montra triomphalement; mais son triomphe dura peu; Pidée centrale prit le dessus et domina de fait, en 1816, 1817, 1818 et 1819. La fédération reparut encore armée en 1820, triompha et éprouva les variations et oscillations que Ton voit en lisant l'histoire de cette époque.
Quelques auteurs, en parlant de la révolution de 1 810, ont attribué aux estancieros (1) considérés, non comme individus, mais comme classe, une influence, une pensée d'ambition et des vues politiques qui n'ont jamais été leur mobile; ils se sont déclarés pour la pâtria, comme tant d'autres classes, par sentiment et rien de plus- Pendant les dix premières années de la révolution, quand l'existence des partis unitaire et fédéral était déjà vieille, les campagnes de la plupart des provinces, et celle de Buenos-Ayres en particulier, furent indifférentes et étrangères à ces questions et à ces partis. Cette multitude de changements de gouvernements, dans la ville, en faveur d'un parti ou de l'autre, se sont opérés sans tenir compte de la campagne et sans qu'il lui importât. Ce n'est qu'en 1815 qu'elle dut donner son opinion, conjointement avec la ville, non-seulement sur la validité d'un gouvernement, mais encore sur la réforme proposée de l'état provisoire, qui ne se réalisa jamais. Celte année-là, quelques partis de la campagne demandèrent par écrit que la province de Buenos-Ayres se reconcentrât et s'isolât des autres ; on n'en Bt pas de cas. Jamais la campagne n'a fait un mouvement qui révélât une idée politique , et surtout elle n'a
(0 V. pour le mot estancieros, la note 1 , à la fin de l'ouvrage.
INTRODUCTION
jamais méconnu aucun gouvernement. Il est vrai que dans quelques provinces» les gauchos (1) ont suivi certains partisans de cette époque ; mais c'est parce que ces partisans étaient l'autorité immédiate qu'ils reconnaissaient; ils les suivaient par affection personnelle pour eux, par habitude d'obéissance; il n'y eut là-dedans ni conviction politique, ni désir de faire prévaloir aucun système qui importât à leur intérêt individuel comme classe, comme campagne. Lecaudillage (2) n'apparut qu'en 1829. Jusqu'à 4820, les militaires de la campagne, c'est-à-dire les gauchos, avaient été conduits à combattre et avaient combattu les gaucho^ fédéraux de Santa-Fé. Pendant l'année 1820, il en arriva autant La campagne , passivement obéissante, ne connaissait ni unitarisme ni fédéralisme. En 1819, la fédération n'avait pas encore de chefs ou représentants civils ; au moins ils n'avaient dans le pays rien qui pût leur donner un prestige national; c'étaient seulement des gouverneurs armés. Il arriva alors ce qui s'est vu plus tard sur une plus grande échelle, quand le dernier congrès général constituant qu'ait eu la république sanctionna, en 1826 , une constitution moins unitaire ou centralisatrice que celle de 1819. Si le congrès avait proclamé la fédération , ces mêmes chefs auraient crié unité ; l'opposition était contre les hommes, les choses n'étaient que le prétexte. En 1819, plusieurs éléments très-divers d'effervescence, d'anarchie et de dissolution pullulaient pour beaucoup de raisons dans la république. Il y eut les plus étranges combinaisons. Ainsi , des hommes très-remarquables, qui n'ont jamais été fédéraux ni à cette époque ni après, mais qui étaient, avec ou sans raison, ennemis des hommes au pouvoir, s'associèrent à Lopez et à Rami-
(1) V. la note C, à la fin de l'ouvrage.
(2) Système de partisans, guerre de partisans.
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rez , dans le seul but de les renverser. L'ua d'eux fut le général Alvear qui, chassé par les fédéraux en 1815, rôdait depuis sans patrie»
Les vainqueurs de Cepeda donnèrent le gouvernement de Buenos-Àyres à Sarralea. Pendant qu'ils se retiraient, D. Juan Ramon Balcarce arriva à Buenos-Ayres, et s*u~ nissant au parti du directoire, prit la place de Sarratea, le 7 mars 1820. Sarratea se retira à la campagne, y réunit ses partisans et vint renverser Balcarce le 14 mars. Aussitôt son retour au gouvernement, Sarratea rassembla une junte de représentants sdes provinces, qui élut Dde*fonso Ramos Méjia, le 7 mai. Le général Soler, campé Lujan avec l'armée, méconnut le nouveau gouverneur, se fit élire par la campagne, et entra en possession le 25 juin ; mais il fut renversé de suite et battu à la Canada de la Cruz par les troupes de SantarFé. La junte des représentants donna alors le pouvoir à D. Manuel Dorrego, qui commença à gouverner dans les premiers jours de juillet. Mais ayant tourné le dos au gouverneur de Santa-Fé, il fut obligé d'aller le combattre. Pendant son absence, on le remplaça par D. Marcos Balcarce, puis par D. Martin Rodriguez. Le cabildo protesta contre cette dernière élection; la ville en fut agitée, et le 1" décembre 1820 il y eut un mouvement terrible pendant lequel Rodriguez fut obligé de fuir à la campagne. Il retourna en ville avec Juan Manuel Rosas, commandant des milices, qui le rétablit. Rodriguez fit la paix avec Santa-Fé, mais il ne put conjurer l'invasion faite en mai 1821 par Ramirez, gouverneur d'Entrerios; heureusement il choisit, en août, Rivadavia pour premier ministre. Le pays parut respirer un peu sous cette administration sage et éclairée. A Rodriguez succéda, en 1824, le général D. Juan Gregorio de las Heras. Sous son administration, on convoqua un troisième congrès général des provinces, qui créaungou-
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vernement général du nom de président, Indépendant du gouvernement de la province de Buenos-Ayres. Mais tous deux devaient exister dans cette ville. Il en résulta de graves inconvénients qui obligèrent de dissoudre le gouvernement provincial et sa junte de représentants, et Rivadavia fut nommé président général le 8 février 1826.
L'opposition étant devenue en majorité dans le congrès, Rivadavia se démit de la présidence , et, pendant qu'on réunissait les députés provinciaux, on nomma président le D r D. Vicente Lopez. Le congrès dissous, les représentants nommèrent gouverneur D. Manuel Dorrego , qui commença à exercer le pouvoir le 13 aobt 1827.
Juan Lavalle, d'accord avec le parti du congrès et de la présidence, chassa Dorrego le l tr décembre 1 829u Dorrego ^ s'enfuit à la campagne, et Lavalle, nommé gouverneur par une junte populaire à San-Francisco , le battit à Navarre et le fit prisonnier; il fut fusillé le 13 décembre. Rosas, partisan de Dorrego, s'enfuit à Santa-Fé, d'où il revint avec le gouverneur Lopez. Lopez finit par battre Lavalle au Puente del Marques, et, le 26 août 1828)«D. ^ \ Juan José Viamont fut nommé gouverneur et remplacé par D. Juan Manuel de Rosas, le 6 décembre 1829. Les forces unitaires occupaient la province de Côrdoba sous les ordres de Paz, et celle de Cuyo sous les ordres de videlà Castillo. Rosas, appuyé par le gouverneur de Santa- Fé et ses troupes, alla à la rencontre de Paz, qui fut fait prisonnier sans combat à la tète de son armée. Quiroga triompha du colonel Videla Castillo au Rodeo del Chacon.
Voilà dans quelles circonstances apparut Quiroga, le plus célèbre de tous ces caudillos. Ne représentant aucun parti, chef de gauchos, gaucho comme eux, son caractère lui acquit une telle influence qu'il aurait pu ambitionner la première place de la république. Mais Rosas, jaloux de
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lui, le fit assassiner à Barranca-Yaco, en 4828. Tous les complices du crime furent successivement arrêtés et exécutés. Lopez mourut peu de temps après, et tout porte à croire qu'il fut empoisonné.